‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 22 sur 240 · Tatischeff, Alexandre P' et Napoléon, p · texte numérisé non relu

Tatischeff, Alexandre P' et Napoléon, p

au sortir du spectacle, chez la princesse de la Tour-et-Taxis, répétait les confidences reçues de Napoléon à son lever. Il ne cessait de démontrer que « la France elle-même exige que les puissances en état de tenir tête à Napoléon se réunissent pour opposer une digue à une insatiable ambition; que la ôause de Napoléon n'est plus celle de la France ; que TEurope enfin ne peut être sauvée que par la plus intime union entre TAutriche et la Russie \ »

Dans ces entrevues ^ on concertait les paroles que le lendemain le Tsar devait opposer aux instances de l'Empereur. Souvent la princesse les écrivait sous la dictée de Talleyrand. Alexandre les emportait pour les relire et les apprendre par cœur. Napoléon les répétait ensuite à son diplomate à titre de confidence, disant : « Cet homme est inconcevable, il a bien plus d'esprit que nous ne lui en avons accordé. »

Talleyrand insista si bien et il parvint à gagner une telle influence sur les sentiments du mobile Alexandre, que les offres, les caresses, les emportements de Napoléon n'en obtinrent rien de sérieux. Le Tsar répondit dilatoirement sur le mariage, s'en référant à sa mère. Il signa une convention confirmative en apparence de l'alliance de Tilsitt, mais avec des réserves qui

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