METTERNICH , SON SYSTEME, SA LUTTE
sait contre toute idée d'unité en Italie ou en Allemagne la même hostilité que contre la souveraineté du peuple ou la liberté. L'Italie n'était qu'une expression géographique : il n'existait pas et il ne pouvait pas exister de nation italienne. On ne concevait pas F Allemagne sans l'Autriche et la Confédération germanique sans l'Autriche à sa tête. Quant aux Slaves et aux Hongrois de l'empire, conquis, ils n'avaient d'autre droit que d'obéir.
Telles furent les idées auxquelles Metternich se dévoua avec le fanatisme de l'apostolat. Par moments il croit en avoir fini avec la Révolution ; presque aussitôt il s'aperçoit non seulement qu'elle vit plus que son ordre monarchique essoufflé, « mais qu'elle marche, qu'elle court, qu'elle rue* ». Il sent qu'il use sa vie à étayer des édifices vermoulus ; il s'écrie qu'il se trouve seul dans un monde en démence : « Je suis tellement habitué, ajoute-t-il, à voir les rois se regarder comme un abus que je ne serai plus surpris si j'en vois un solliciter au premier jour remploi de marguillier d'une paroisse. » Néanmoins, avec une intrépidité imperturbable il persiste, il écrit, pérore, dogmatise. Sachant que la générosité n'a jamais concilié un ennemi, que la sentimentalité en politique est un faux calcul, que les concessions augmentent les exigences et ne les désarment pas, quoique d'humeur bénigne, il emprisonne, torture, fusille,