Joseph de Maistre
pend, ne recule devant aucune férocité policière : il appelle ce système la force dans le droit.
II. blâmait la légèreté coupable des souverains du Sud à accorder des Chartes, et les oscillations du roi de Prusse hésitant encore entre le oui et le non Tinquiétaient. Néanmoins, son dogmatisme diplomatique n'obtenait pas trop de succès, lorsque survint l'attentat de Sand. Ce jeune jeune étudiant tuait à Mannheim, au cri de « vive Teutonia ! » le conseiller d'Etat russe, Kotzebue, accusé d'avoir excité son empereur contre les écrivains populaires de l'Allemagne (23 mars 1819). L'épouvante s'empara des souverains. Metternich profita de cet état d'esprit pour imposer son système. Rien de décisif n'était à espérer sans une entente étroite avec la Prusse. Il l'établit à Tœplitz dans de longues conversations avec Guillaume III. Sûr du Prussien, il réunit à Carlsbad les principaux souverains allemands (septembre 1819), en obtint un ensemble de mesures rigoureuses approuvées ensuite par la Diète contre les écrits, contre les Universités jusque-là entièrement livrées à ellesmêmes. Une commission inquisitoriale de sept membres fut établie à Mayence avec mission de rechercher les menées démagogiques dans toute l'étendue de la Confédération et d'assurer leur châtiment.
Désireux de s'emparer de l'avenir en même temps que de préserver le présent, en défiance des lenteurs, des pointilleries, des oppositions