‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 2)Chapitre 87 sur 240 · L'OPINION PUBLIQUE EN FRANCE · texte numérisé non relu

L'OPINION PUBLIQUE EN FRANCE

bune : « La France pouvait faire une guerre de principes ou, en d'autres termes, de propagande; elle ne l'a pas voulu. Elle pouvait faire une guerre d'ambition, chercher à recouvrer ces millions d'âmes dont la Sainte-Alliance avait disposé sans leur aveu; elle ne l'a pas voulu non plus\ » Au moment où la France aurait pu, avec tant d'excuses, concevoir des idées d'agression, elle n'a songé qu'au bonheur des peuples, à l'indépendance et à la dignité de l'Europe ^ Bien loin de convoiter le Rhin, nous témoignions aux Allemands les sentiments les plus affectueux. « La nationalité allemande, disait Lafayette, respectable (quoi qu'on en ait dit) nous est aussi chère à nous, Français, qu'elle l'est à la Germanie elle-même^ ». 11 organisait un dîner allemand cosmopolite. 11 écrivait, le 14 février 1833, à M. Barthe : « C'est particulièrement entre l'opinion allemande et l'opinion française qu'il convient de rétablir des idées saines et de franches explications. Ne souffrons pas... que des erreurs patriotiques qui ne sont aujourd'hui que des anachronismes retardent cette entière et affectueuse confiance dont nous avons mutuellement besoin. »

Dès que les soulèvements européens avaient éclaté et surtout après leur répression, les rares voix qui avaient parlé du Rhin et des Alpes s'étaient définitivement tues ; personne n'avait

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