Qdinkt, Lettre d'août
repris dans un retour offensif ce que nous aurions saisi sans coup férir au premier moment ? Dans Tétat de surexcitation favorable où étaient les peuples, on en peut douter.
Quelques journalistesetquelques députés, tels que Armand Carrel, Mauguin et le général Lamarque, aux premiers jours de l'établissement de juillet s'étaient élevés contre les sentences de 1815 et avaient demandé qu'on profitât des circonstances propices pour recouvrer nos frontières perdues. Ils n'avaient pas été suivis. L'immense majorité de l'opinion libérale, rangée à l'avis de Lafayette et Odilon Barrot, déclara que « la France acceptait l'arrangement des territoires et des possessions existantes comme des faits accomplis ». Le principe qu'elle adopta, à leur suite, fut celui de non-intervention « dans lequel elle voyait la garantie du droit pour chaque peuple de se donner, à notre exemple, des institutions libres » ^ Son unique vœu, ainsi que l'a constaté l'un de ses adversaires, Guizot, « était qu'indépendamment de tout intérêt direct et actuel, pour remplir une mission de civilisation et de liberté, la France se fît partout en Europe le redresseur de torts, le protecteur des faibles, le patron des bonnes causes impuissantes à triompher par elles-mêmes ».
Lafayette le constatait avec orgueil à la tri-
i. Odilon Bahrot, Mémoires, t. I, p. 258. — Guizot, Mé^ moires, 1. 1, p. 84 : « Personne ne proposait de méconnaître et (le briser les traités de 1815. »