Chateaubriand
40 L'EMPIRE LIBtIRAL.
piquet plus ou moins bien placé sur le tracé d'une route, l'arrivée du facteur. Moment heureux quand il apportait des nouvelles de la patrie ou des amis fidèles, douloureux quand il apportait une lettre de Florence. Avec un battement de cœur il les recevait, avec un serrement de cœur il les refermait*.
Toujours dures, elles étaient souvent blessantes. Quoiqu'il fasse son père le blâme. Le choléra ayant éclaté en Toscane, annonce-t-il qu'il accourt son père affecte de voir en ce mouvement de piété filiale une prévision d'héritier et lui enjoint de s'abstenir. Voyage-t-il avec un jeune Italien très distingué, le comte Arese, le père est furieux. Loue-t-il la conduite de l'ancien roi de Hollande, le père est furieux, ce La politique d'un homme tel que l'Empereur ne doit pas être jugée sévèrement par un jeune homme de vingtquatre ans, surtout quand ce jeune homme est son neveu. » Se rappelant que les Bonaparte ont dû au peuple leur pouvoir, dit-il que le peuple est le plus juste de tous les partis, le père est furieux : « Le peuple est le plus injuste de tous les partis, etc. » D'une manière générale, son père lui notifie que tous ses ouvrages sont remplis d'incohérences, de légèretés, d'inconvenances; dans une écriture indéchiffrable il lui reproche d'avoir une écriture indéchiffrable. On comprend que la reine Ilortense ne se soit pas résignée à vivre avec un tel maniaque.