‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 3)Chapitre 19 sur 113 · Mémoires^ t. VI, p · texte numérisé non relu

Mémoires^ t. VI, p

Le vaincu lui-même, du fond de sa prison, jugeait avec lucidité sa situation, a En 1833, écrivait-il à son ami Vieillard, l'Empereur et son fils étaient morts, il n'y avait plus d'héritiers à la couronne impériale. La France n'en connaissait plus aucun. Quelques Bonapartes paraissaient çà et là sur l'arrière-scène du monde comme des corps sans vie, momies pétrifiées ou fantômes impondérables; mais pour le peuple la lignée était rompue ; tous les Bonapartes étaient morts. Eh bien, j'ai rattaché le fil; je me suis ressuscité de moi-même et avec mes propres forces et je suis aujourd'hui, à vingt lieues de Paris, une épée de Damoclès pour le gouvernement. Enfin j'ai fait mon canot avec de véritables écorces d'arbres, j'ai construit mes voiles, j'ai levé ma rame, et je ne demande plus aux Dieux, qu'un vent qui me conduise*. »

Il ne se trompait pas. « Les échauff^ourées qui le cachèrent aux classes supérieures, le montrèrent au peuplo^ » Durant son emprisonnement à Ham, les soldats de la garnison, qu'on était obligé de changer souvent, se plaçaient, pendant sa promenade, à un endroit d'où il pût les apercevoir du haut des remparts; des yeux il les passait en revue. Dans les chaumières, on se dit qu'il existait encore un Napoléon, et on attendit.

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