CHAPITRE IV
« Ce fut un malheur pour moi, m'a dit Napoléon III, de n'avoir pu débuter par un ministère républicain et d'avoir été obligé de me confier aux hommes de la rue de Poitiers*. »
En effet une des impossibilités auxquelles' se heurta d'abord le premier président de la République fut celle de recruter des ministères républicains. Cavaignac et ses amis se refusaient; Ledru-RoUin et les siens se déchaînaient. Ileûtpu appeler JulesFavre, le défenseur de ses intérêts en quelques occasions, « animé de la visible préoccupation de capter par la flatterie sa sympathie intime- ». Mais ce rhéteur doucereusement venimeux, au jugement faux, au caractère versatile, sans autre connaissance réelle que celle des phrases, odieux à maints républicains depuis son impitoyable
1. On nommait ainsi les monarchistes coalisés du nom de la rue où ils tenaient leurs réunions.