TOCQUEVILLE
à TAgriculture, Bixio, vaillant, loyal, éclairé; aux Travaux publics, Léon Faucher, maladroit, cassant, aussi sot que s'il n'eût pas eu beaucoup d'intelligence et d'instruction, un de ces honnêtes gens qui rendraient Thonnéteté odieuse; à rinstructicm publique et aux Cultes, Falloux. Avec Odilon Barrot, ce dernier était le personnage le plus important de la combinaison.
Falloux, Fallax, a-t-on dit. Jules Favre l'estimait plus félin que lui-même. Pensant le flatter il lui glissa dans l'oreille cet étrange compliment : « On dit que je suis le plus perfide de l'Assemblée, mais à vous le pompon \ » Tocqueville paraît de l'avis de Jules Favre : « La nature l'avait fait léger et étourdi avant que l'éducation et l'habitude l'eussent rendu calculé jusqu'à la duplicité; il mêlait dans sa propre croyance le vrai et le faux, avant de servir ce mélange à l'esprit des autres ; il se donnait ainsi les avantages de la sincérité dans le mensonge^. » Ces jugements sont excessifs. Falloux est un des politiques qui par certains côtés m'ont donné l'idée la moins imparfaite de l'homme d'État. Il réunissait, à un degré que je n'ai trouvé égal qu'en Napoléon III et en Morny, la souplesse et l'obstination, l'aménité des formes et la fermeté des desseins, l'ardeur sous le calme apparent et, dans la poursuite d'un but invariable, l'imperturbabilité à braver les déboires, à supporter les ajournements de la Pro-