T. II. VV
OÙ le Piémont s'était mis avant la bataille de Novare, quand il reprenait spontanément les armes et recommençait la guerre malgré nos conseils. Ici ce serait TAutriche qui prendrait elle-même l'initiative sans y être provoquée. La nature de ses exigences et la violence de ses procédés nous donneraient lieu de croire qu'elle n'agit point seulement en vue de la paix, mais qu'elle menace l'intégrité du territoire piémontais ou tout au-moins l'indépendance du gouvernement sarde. Nous ne laisserons pas, à nos portes, accomplir de tels desseins. Si, dans ces conditions, le Piémont est attaqué, nous le défendrons. » Il envoya copie de cette dépêche par Drouyn de Lhuys, ambassadeur à Londres, à Palmerston, en le priant de savoir quelles étaient ses intentions. Palmerston accueillit cette lecture par les signes du plus vif assentiment. « Vous voyez, Milord, ajouta Drouyn de Lhuys, jusqu'où nous voulons aller. Pouvez-vous m'apprendre jusqu'où vous irez vous-même? » Palmerston répondit sur-le-champ : w Le gouvernement britannique, dont l'intérêt ici n'est pas égal au vôtre, ne prêtera au Piémont qu'une assistance diplomatique et un appui moral*. » Mais Schwarzemberg, instruit de nos dispositions avant même que la dépêche de Tocqueville fût parvenue à Turin, donna l'ordre d'en finir et envoya à Paris toutes sortes d'explications et d'excuses. Le 6 août fut signée une paix qui,