‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirs (volume 3)Chapitre 90 sur 113 · Jules Simon, Revue de Famille^ septembre · texte numérisé non relu

Jules Simon, Revue de Famille^ septembre

trines. — Nous sommes tous prêts, crient-ils. Votre avis sur les mesures à prendre ? — Pas de demi-mesures ! un grand acte ! trouvons-nous tous demain, de neuf à dix heures du matin, salle Roisin, s'il y a quelque obstacle nous siégerons dans un carrefour entre quatre barricades*. » Le lendemain, par des raisons inconnues, on ne parvint pas à se rejoindre à la salle Roisin. Et le comité recommence à pérégriner de maison en maison. On les eût fusillés, disaient-ils, si on les avait arrêtés. — Non, V. Hugo a rêvé qu'on avait mis sa tête à prix. On n'avait pas même donné ordre de l'arrêter, pas plus que les orateurs habituels du comité ambulant, Jules Favre et Michel de Bourges.

Un certain savant, après avoir composé un gros volume contre le suicide, le termine en s'écriant: « Je n'y tiens plus, je vais me brûler la cervelle ! » A force de fulminer, de décréter, de haranguer contre le coup d'État, ils en vinrent à le contresigner. « Attendu, décrétèrent-ils, que l'attentat de Louis-Napoléon, en brisant tous les pouvoirs, n'a laissé debout que l'autorité suprême, le suffrage universel, /e peuple est convoqué le 5/ décembre 1851 pour élire une Assemblée souverai?ie\)) Donc que la victoire appartienne au coup d'État ou à eux, la Constitution reste morte, la Chambre dissoute, les députés dépouillés de leur mandat, la loi du 31 mai abrogée, le peuple convoqué dans ses comices pour faire acte de souveraineté.

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