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CHAPITRE XXIJl

LES NÉGOCIATIONS FORCÉES ET INUlfLES

Serait-il juste de blâmer un chef d'État aux prises avec une telle opposition à Tintérieur et à Textérieur, de ne Tavoir pas témérairement bravée, d'avoir assourdi sa marche, modéré son langage, de s'êlre prêté aux négociations? Napoléon III le fit avec une tranquillité de conscience d'autant plus entière qu'avisé comme il l'était, il ne doutait guère de l'insuccès de toutes les tentatives d'arrangement.

Le Piémont ne voulait et ne pouvait accepter aucune proposition qui n'admît un remaniement territorial, l'anéantissement des traités de 1815,. l'expulsion totale de l'Autriche. L'Autriche se serait cru déshonorée si elle avait seulement accepté la conversation sur son droit absolu de conserver la Lombardie et la Vénétie. II n'y avait pas, disait-elle, de question italienne à résoudre, il n'y avait qu'une ambition piémontaise à mater. Comment concilier deux prétentions aussi opposées et aussi intransigeantes? ;

Le système de T Angleterre et de la Prusse d'imposer au Piémont le respect du statu quo territorial établi en 1815 et de conseillera TAutriche des réformes libérales dans ses possessions italiennes déplaisait au Piémont comme insuffisant, à TAutriche comme excessif. — Nous ne voulons pas, répondaient les Piémontais pour la centième fois, que TAutriche gouverne bien, nous voulons qu'elle ne gouverne pas du tout, qu'elle s'en aille. Si les traités de 1815 sont valables, de quel droit s'immiscerait-on dans l'administration intérieure de l'Autriche? aucun article ne stipule qu'elle sera obligée de bien gouverner ses sujets, et que bien gouverner ce soit suivre les conseils de l'Angleterre. — Que nous parlez-vous de modifications gouvernementales? reprenaient avec plus de hauteur encore les Autrichiens, ce sont nos affaires et non les vôtres ; eiit-ce que nous nous mêlons de diriger votre politique? Laissez-nous conduire la nôtre* Les traités avec les petits princes italiens sont l'exercice du droit incontestable qui appartient aux Etats de s'allier avec qui leur plaît; nous y renoncerons d'autant moins que pour nous ce sont des devoirs plus que des droits; dans certains cas, il est honorable ou prudent de renoncer à un droit ; il est honteux de répudier un devoir. »

Il n'y avait qu'un diplomate de l'étourderie de Malmesbury qui pût songer à une médiation entre des intérêts aussi contradictoires, entre des antagonistes aussi inexorablement hostiles. Parce

que la guerre lui déplaisait, il s'imagina qu'il Tarrêlerait, et il entama des négociations véritablement puériles. Il chargea Cowley d'interroger l'Empereur sur ses intentions : Voulait-il faire la guerre à l'Autriche? Que désirait-il pour l'Italie?

— L'Empereur répondit : « Si Victor-Emmanuel assaille l'Autriche, il le fera à ses risques et périls ; je ne l'assisterai par mes armes que s'il est attaqué. Qui s'en étonnerait alors? L'intégrité du Piémont n'a-t-elle pas été dans tous les temps considérée comme indispensable à la sécurité de notre frontière? Pour l'Italie, je désire l'abrogation des traités séparés conclus par l'Autriche avec Naples, la Toscane, les Duchés; l'introduction dans tous les États italiens d'un système de gouvernement qui admette le vote de l'impôt par une assemblée, l'administration séparée des Romagnes par un prince romain nommé par le Pape, un subside pécuniaire fourni par tous les États catholiques au Pape qui lui permette de diminuer les impôts. »

Ainsi informé, Cowley va à Vienne et interroge son ami Buol : « Voulez-vous attaquer le Piémont?

— Dieu m'en garde ! répond Buol. J'y pense si peu, que je suis prêt à le signer si le Piémont veut en faire autant à notre égard. En ce qui concerne l'Italie, je ne me refuse pas à discuter l'administration des autres, notamment celle du Pape, pourvu que cela n'aille pas jusqu'à une pression, mais en ce qui me concerne, je n'admets aucune espèce de débat ni sur mon droit d'occuper la Lombardie .et la Vénétie, ni sur la

manière dont je la gouverne. Je suis prêt à renoncer aux traités avec les États italiens, si Ton trouve un moyen aussi efficace d'assurer leur sécurité contre les complots de la révolution; à mon avis, le meilleur serait la neutralisation du Piémont. — Cette neutralisation du Piémont était un sarcasme diplomatique vraiment réussi. — Mais avant tout, ajoutait Buol, il faut que le Piémont désarme ; son armée est l'avant-garde de la France ; qu'il licencie cette avant-garde, alors nous prendrons quelque confiance dans les intentions pacifiques de l'Empereur, et nous désarmerons à notre tour. »

A Turin, James Hudson demanda à Cavour : « Voulez-vous faire la guerre à TAutriche? Que demandez-vous pour Tltalie ? — Vous êtes bien curieux », lui avait répondu Cavour., Cependant il donna Fassurance officielle qu'il ne songeait pas à attaquer l'Autriche, et il énuméra une fois de plus les griefs de l'Italie.

Tandis que ces interrogations et ces réponses s'échangeaient, les adversaires, qu'on voulait rapprocher mettaient leurs armées sur le pied de guerre, apparemment en signe de conciliation (27 février-!®^ mars). Cavour appelait Garibaldi à Turin (1®^ mars) et, malgré les justes répugnances de La Marmora et la prohibition de la convention militaire, l'investissait du pouvoir d'organiser un corps de volontaires (17 mars).

A Paris, les ministres pressèrent l'Empereur de faciliter les négociations de Cowley par une manifestation pacifique, « Ce sont des traîtres,

dît le prince Napoléon, renvoyez-les. — Je m'en garderai bien, répondit l'Empereur; je ne vois aucun inconvénient à leur manifestation pacifique; qu'ils la fassent! »

h^ Journal 0//îcf^/ publia donc la note suivante : « En face des inquiétudes mal fondées, nous aimons à le croire, qui ont ému les esprits au Piémont, l'Empereur a promis au roi de Sardaigne de le défendre contre tout acte agressif de r Autriche, il na promis rien de plus,,. Tout ce que les exagérations de la presse y ont ajouté est imagination, mensonge et délire... Où sont les paroles, où sont les notes diplomatiques, où sont les actes qui impliquent la volonté de provoquer la guerre pour les passions qu'elle satisfait ou pour la gloire qu'elle procure? Qui a vu les soldats, qui a compté les canons, qui a estimé les approvisionnements ajoutés avec tant de frais et de hâte à l'état normal et réglementaire du pied de paix de la France? Où sont les levées extraordinaires, les appels de classe anticipés? Quel jour a-t-on rappelé les hommes en congé renouvelable? Qui pourrait montrer enfin les éléments, si minces qu'on les veuille, de ces accusations générales que la malveillance invente, que la crédulité colporte, que la sottise accepte? Au reste, l'examen de ces questions est entré dans la voie diplomatique, et rien n'autorise à croire que l'issue n'en sera pas favorable à la consolidation de la paix pubhque (5 mars). »

Le prince Napoléon donna sa démission. On ne s'explique pas pourquoi. Il n'ignorait pas que

l'Empereur persistait dans ses intentions primitives, et que la crainte d'avoir toute l'Europe sur les bras était l'unique cause de ses négociations dilatoires; la note du Moniteur ne justifiait pas cet acte d'emportement; elle était, malgré l'intention de ses auteurs, tout autre que pacifique; elle écartait, il est vrai, l'hypothèse d'une attaque contre l'Autriche, mais elle n'avait jamais été promise, et le casus belli stipulé dans le traité du 10 décembre, l'attaque contre le Piémont, était formellement maintenu.

Cavour le comprit si bien que, tout en trouvant malencontreux l'article du Moriiteur, il se garda bien de crier à l'abandon, au manque de foi, au changement de volonté. Il continua à chercher le moyen de placer l'Autriche « dans une impasse d'où elle ne pût sortir qu'en tirant le canon* ». Ayant, je ne sais pourquoi, définitivement renoncé au soulèvement de Massa et Carrara, il cherchait sa provocation ailleurs. Il écrivait au prince Napoléon : « J'ai lieu de supposer que le cabinet de Londres tente d'agir directement sur les cours de Parme, Modène et Florence, pour les engager à renoncer à leurs traités avec TAutriche. Pour parer ce coup, il faudra fomenter l'agitation dans les Duchés, en Toscane surtout. Jusqu'à présent, nous avons serré la bride au parti agissant; présentement, nous la lâcherons un peu, et je suis certain que des manifestations telles auront lieu

/. A Jocteau, Il janvier 1859.

que les gouvernements effrayés s'empresseront de rejeter loin d'eux la main secourable que r Autriche leur tend sans cesse. Les contingents auront tous rejoint les drapeaux avant la fin du mois. Au commencement d'août, certains de pouvoir opposer à l'Autriche une résistance efficace, nous userons de tous les moyens pour amener cette puissance à commettre envers nous un de ces bons petits actes agressifs dont parle Votre Altesse (16 mars 1859). »

L'Empereur ne se préoccupait guère des incartades de son cousin et même des impatiences piémontaises ; il était très inquiet du mouvement qui, excité par le prince Albert, le roi Léopold et les ministres anglais, se prononçait de plus en plus violemment contre lui en Allemagne. 11 essaya de le calmer par une adjuration, à la fois amicale et ferme, insérée au Moniteur : « Sur de simples présomptions que rien ne justifie et que tout repousse, les préjugés s'éveillent, les passions se déchaînent, une sorte de croisade est commencée contre la France, dans les Chambres et dans la presse de quelques-uns des États de la Confédération. On l'accuse d'entretenir des anibitions qu'elle a désavouées, de préparer des conquêtes dont elle n'a pas besoin, et l'on s'efforce par ces calomnies d'effrayer l'Europe d'agressions imaginaires, dont la pensée n'a pas même existé. L'Allemagne n'a rien à craindre de nous pour son indépendance; nous devons attendre (Telle autant de justice pour nos intentions que nous a\)ons de sympathie pour sa nationalité. C'est

en se montrant impartiale qu'elle se montrera prévoyante et qu'elle servira mieux la cause de la paix. La Prusse l'a compris, et elle s'est unie à l'Angleterre pour faire entendre à Vienne de bons conseils, au moment même où quelques agitateurs cherchaient à passionner et à coaliser contre nous la Confédération germanique. Cette attitude réservée du cabinet de Berlin est certainement plus avantageuse à l'Allemagne que l'emportement de ceux qui, en faisant appel aux rancunes et aux préjugés de 1813, s'exposent à irriter en France le sentiment national. Le peuple français ala susceptibilité de son honneur, en même temps que la modération de sa force, et si on l'exalte par la menace on le calme parla conciliation (15 mars). »

On était décidé à n'ajouter aucune foi aux assurances les plus formelles. L'Empereur n'aurait réussi à désarmer les défiances qu'en acceptant d'avance les conditions inacceptables auxquelles allait certainement aboutir la médiation anglaise; sa situation devenait critique. Gortschacow inr tervient alors, soit qu'on l'en eût prié, soit spontanément, et soustrait l'Empereur à la pression hostile et gênante du cabinet anglais. Il propose un congrès des cinq grandes puissances; ce congrès se réunirait dans une ville autre que Vienne; si l'Autriche refusait de l'accepter, il se tiendrait sans elle (17 mars).

LES NÉGOCIATIONS FORCÉES ET INUTILES. ooT

Les Anglais furent très contrariés, parce que l'initiative venait de la Russie, et parce qu'ils sentaient que ce n'était qu'un moyen de les amuser et de gagner du temps, car aucun esprit sérieux ne pouvait croire au succès de ce congrès. S'ils ne s'en étaient pas doutés, Thiers, fidèle à ce patriotisme d'un nouveau genre qui consiste à desservir le gouvernement de son pays auprès de l'étranger, Thiers les avertit. 11 recommença contre l'Empereur ce qu'il avait fait contre Louis- Philippe lors des mariages espagnols; il écrivit dans une lettre dont on a trouvé la copie dans les papiers du prince Albert : « L'Empereur n'a qu'une idée fixe, amener la guerre tout en parlant de paix. Par ce congrès il paralyse plus ou moins l'Angleterre et la Russie en les liant indirectement à son système de politique; car ce congrès donne à la politique italienne un corps et une âme, une existence politique réelle, jusqu'ici contestée avec raison par l'Autriche. Ce congrès retardera nécessairement la guerre, mais je crois que ce délai est tout ce que Napoléon demande, son adversaire étant prêt pendant qu'il ne l'est pas ; ce délai sert admirablement son but, d'employer contre l'Autriche un système dissolvant, en prolongeant un état critique et irritant qui l'épuisera. Il est de fait que l'Autriche ne peut pas rester indéfiniment armée sans s'épuiser. Un autre résultat de cet état de choses pourrait être que le jeune empereur d'Autriche, fatigué d'un fardeau insupportable, finisse par préférer la guerre à une situation aussi énervante qu'elle

serait désastreuse. En devenant ainsi par force r agresseur, il ferait le jeu de Napoléon, qui pourrait alors proclamer triomphalement que ce n'est pas sa faute si l'Empire n'est pas la paix (22 mars) ^ »

Le premier mouvement d'humeur dominé, les ministres de la Reine se mirent en mesure de déjouer les projets tortueux que Thiers et euxmêmes supposaient. Us s'entendirent avec la Russie et la Prusse sur le programme suivant : Les grandes puissances seules auraient entrée au congrès, le Piémont n'y serait pas admis; les traités de 1815 seraient tenus en dehors de la discussion qui porterait exclusivement sur quatre points : 1° les moyens de rétablir et de conserver la paix entre la Sardaigne et l'Autriche ; 2** l'établissement des meilleures mesures pour l'évacuation des États pontificaux par les troupes françaises et autrichiennes ; 3^ la détermination des réformes à opérer par les gouvernements, pour assurer le repos des peuples ; 4^ la substitution d'une confédération défensive aux traités particuliers de l'Autriche avec les États italiens.

L'Empereur, bien que ce programme différât fort du sien, ne crut pas opportun de soulever des difficultés. 11 savait qu'on ne s'entendrait pas plus sur ces quatre nouveaux points que sur ceux de la conférence de Vienne. François-Joseph et Ruol, satisfaits de l'hommage aux traités de 1815 et de l'exclusion du Piémont, les ac-

1. Vie du 'prince Albert, par Martin, traduction Craven, 1. 11, p. 343, en note.

ceptèrent comme base de discussion, pourvu qu'on en ajoutât un cinquième : le désarmement préalable et immédiat du Piémont. Gortschacow déclara que cette dernière exigence impliquait un refus indirect de participer au congrès, car elle n'avait aucune raison avouable : une puissance disposant de 150000 hommes en position n'avait rien à redouter des 40 000 hommes du Piémont.

Cette demande de désarmement ne s'expliquait que par la pensée vindicative de détruire la puissance morale de Victor-Emmanuel, de le rendre un objet de haine et de mépris aux peuples qui attendaient de lui la délivrance. Ses plénipotentiaires venaient de siéger de pair avec les grandes puissances dans un congrès où l'on avait discuté et réglé les intérêts généraux de l'Europe, et ils ne seraient pas présents au congrès spécialement appelé à fixer ses destinées et celles de l'Italie? Il adhérerait à sa dégradation, c'est peu, il la faciliterait en licenciant les volontaires, en les renvoyant, où? à l'exil, aux cachots des Princes auxquels ils avaient échappé ! Il signerait de sa propre main, sur un protocole rédigé par d'autres : Finis Italiœ ! On n'avait jamais osé présenter à un peuple brave et libre une aussi outrageuse sommation de mourir. L'Empereur ne voulut pas la notifier. Le ministre anglais, qui s'en chargea, la rendit encore plus blessante par la forme qu'il lui donna.

Cavour fut exaspéré plus encore que désespéré. Un tel pacte souscrit par le seul allié sur lequel il comptait! Il ne se contraignit pas : « C'est, dit-il à La Tour-d'Auvergne, la guerre à notre alliance avec la France que fait en ce moment l'Angleterre ;! en même temps qu'elle nous menace et qu'elle soutient l'Autriche contre nous, elle nous fait dire confidentiellement par ses hommes d'État les plus éminents, Malmesbury, Clarendon. Cowley, que si nous nous séparons de la France, elle sera pour nous contre l'Autriche. La Prusse aussi nous sollicite de nous jeter dans les bras de l'Angleterre. Pour ma part je ne m'y jetterai pas; je suis compromis, je serai jusqu'au bout, et aussi longtemps que je le pourrai, le représentant de l'alliance avec la France, mais je prévois le moment où l'Italie repoussera cette alliance. »

L'Empereur comprit qu'il lui devait des explications. Il le manda à Paris (du 26 mars au i^"" avril) et lui parla en toute sincérité. Ses intentions n'étaient pas changées, il demeurait fidèle au traité du 10 décembre, et il désirait que le Piémont, par ses manœuvres, le rendît applicable. Mais il était menacé de la guerre sur le Rhin s'il l'engageait imprudemment sur le Mincio, et il refusait d'exposer son pays à une double épreuve aussi redoutable. Il

n'avait consenti au congrès convoqué dans une pensée amicale par Gortschacow qu'en vue de conjurer la défiance de l'Angleterre et rendre la Prusse favorable*. Il croyait que ce congrès n'arriverait pas à se réunir, que la guerre était sûre quoi qu'on tentât. La demande de désarmement le visait autant que Victor-Emmanuel. Les Autrichiens, quand on leur représentait combien elle était superflue, étant donnée leur supériorité numérique, ne cachaient pas qu'elle tendait à leur garantir la sincérité suspecte de l'Empereur. — J'ai l'air de ne pas entendre et j'attends. Faites comme moi : c'est un passage pénible à traverser, mais il ne sera plus long^

Le langage de Walewski était bien différent. Il considérait les propositions que l'Empereur se croyait obligé de subir comme excellentes en elles-mêmes, et il pressait, il sommait Cavour d'y souscrire sans arrière-pensée. Lui ne mettait pas en doute la réunion du congrès, il la désirait. Dans une dernière entrevue à laquelle assistait l'Empereur, il exposa même les thèses qu'il comptait y soutenir, et qui étaient de nature à enchanter l'Autriche. L'Empereur ne crut pas nécessaire de discuter ce qu'on dirait dans un congrès à la réunion duquel il ne croyait pas. Cavour interprète mal ce silence, il oublie ce que l'Empereur lui a affirmé la veille ; il attache de l'importance à ce qui n'en avait pas, il s'effare, il écrit à l'Empereur une lettre éplorée et

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