‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirsChapitre 14 sur 155 · juin · texte numérisé non relu

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tous je ne me suis occupé que d'appuyer le bien et de combattre le mal. Or, je considère comme un mal sérieux Tanéantissement de tout contrôle et rabaissement du seul corps électif qui existe dans le gouvernement français. Je suis convaincu qu'il en surgira tôt ou tard de graves difficultés pour le pays et pour le gouvernement luimême, et queTopinion publique, dont on se croit sûr, se sentira frappée un jour du contraste entre les deux assemblées qu'elle a sous les yeux, une assemblée élective, gratuite, qui demande des économies, et une assemblée inamovible et payée qui les refuse. »

Ces récriminations manquaient de logique, après avoir accordé le coup d'État, il n'était pas équitable de contester les restrictions constitutionnelles sans lesquelles il n'eût été qu'une duperie ou une témérité. Les libéraux les plus autorisés ne les eussent pas refusées au comte de Chambord ^ Montalembert écrivain eût pu

1. Au lendemain de l'événement, un groupe de libéraux fit parvenir au comte de Chambord une note rédigée par Tocqueville, dans laquelle il était dit : <c Je suis porté à croire,, quant à moi, qu'après l'anarchie qui a suivi 1848 et en sortant du despotisme que nous subissons, il sera nécessaire de grande prudence dans le rétablissement de la monarchie constitutionnelle, qu'il faudra d'abord assurer au pouvoir royal tous les droits compatibles avec la liberté et ne reconnaître, dans les premiers temps, à la liberté, que les droits indispensables sans lesquels elle ne pourrait exister. — Ainsi, un parlement où Ton discute librement et dont les discussions soient publiques me paraît une condition sine qua non de la monarchie constitutionnelle; mais il ne s'ensuit pas nécessairement que le parlement ne puisse être d'abord fort

répondre à Montalembert orateur. Il publia en ce temps-là* son éloquent écrit sur les intérêts catholiques au xix® siècle. 11 y flagellait à plein fouet ses anciens amis de Y Univers restés fidèles au oui qu'ils avaient prononcé ensemble. Contre eux il établissait avec force invectives « que la liberté politique générale était nécessaire à la régénération et à la sauvegarde de TÉglise. » Au milieu de ces expansions libérales se retrouvant l'orateur de la législative, il s'écriait : « A titre d'épreuve utile, à titre de châtiment mérité, je conçois et j'accepte la dictature, le despotisme même. Dût cette dictature durer non seulement dix ans comme le veut la constitution, mais vingt ans, mais trente ans même; si ce n'est que comme régime provisoire^ comme remède temporaire^ je m'incline devant Varrêt que la France a sanctionné. Je reconnais volontiers que la démocratie française, cette grande débauchée qui n'a rien respecté, rien ménagé, rien épargné, ne mérite guère d'être ménagée et qu'on est en droit de la traiter comme les débauchées, en la mettant à l'hôpital. Elle y mourra peut-être : peutêtre aussi s'y guérira- 1 -elle à force de silence et d'abstinence*. » La seule exigence de l'écrivain

restreint dans ses attributions et resserré dans la durée de ses travaux. — La liberté de la presse me semble encore une des conditions nécessaires; mais il n'en résulte pas qu*en dehors de la censure préalable, on ne puisse ni ne doive prendre toutes sortes de mesures contre cette liberté redoutable. [Gazette de France du 23 nov. 1871.)

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