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CHAPITRE III

L'édifice de TEmpire autoritaire est maintenant achevé et son chef peut se mettre librement à Tœuvre. La cruelle maladie qui le terrassera et le rendra un autre homme ne Ta pas encore atteint; il est vraiment, avant la pierre, tout à fait lui-même, comme Tétait Louis XIV avant la fistule*.

Personne ne le gêne : le Prince Napoléon, quoique réconcilié, appelé éventuellement à la succession et nommé d'emblée, à Tétonnement de l'armée, général de division ^ n'est pas admis

i. Voir Michelet.

2. Journal du maréchal Gastellane, 25 janvier 1853 : « Le télégraphe électrique a apporté le décret qui fait du prince Napoléon, qui n'a jamais servi, un général de division. Gela ne s'était jamais vu. Quand on donnait à des princes en débutant le titre de colonel, c'était tout ce qu'on faisait de plus fort. L'Empereur lui-même, pour son frère Joseph, en fit un colonel du 4« de ligne, et pas plus. Chez toutes les, puissances, en Russie même, les princes passent par tous

aux conseils ; Morny reste à l'écart depuis sa démission et le refus de la présidence du Corps législatif ; Persigny se repose de ses supercheries et de ses manœuvres dans les joies d'un récent mariage*; l'Impératrice heureuse, adulée, toute à l'heure présente, ne s'occupe pas encore des affaires. L'Empereur agit seul; seul il règne et il gouverne seul.

Quoique simple en ses goûts, sobre, n'aimant ni le luxe ni l'ostentation, il s'entoure des splendeurs royales et il règle sa cour, selon les précédents de l'étiquette du Premier Empire. 11 a une maison civile et une maison militaire, des aides de camp et des officiers d'ordonnance, des chambellans, des écuyers, des veneurs, des centgardes; quand il se montre officiellement, il porte le costume de général de division, et une brillante escorte l'accompagne ^ Tel se manifeste son règne.

Il gouverne à l'aide d'un cabinet privé et de ministres. Le cabinet privé représente la partie immuable et intime de son gouvernement ; les ministres en sont les agents extérieurs et variables.

Au fond de l'appartement impérial, au rez-dechaussée, est établie la vaste chambre à coucher

les grades ; seulement, on les leur fait parcourir plus vite. La nomination d'emblée du prince Napoléon comme général de division est sans exemple. Elle déplaira à Tarmée. »

1. Il avait épousé, le 27 mai 1852, la fille unique du Prince de la Moscowa et de M"® Laffitte.

2, Sur la cour de Napoléon, voir le très agréable et intéressant ouvrage du duc de Gonegliano : la Maison de VEm^ pereur.

de TEmpereur : des deux côtés du lit, sont suspendus les portraits du roi Louis et de la reine Hortense; à droite, en une sorte d'écrin, façon de retable, le reliquaire de Charlemagne, le talisman qui assure TEmpire à son détenteur. A la suite d'une antichambre dans laquelle s'ouvre Tescalier donnant accès à Tappartement de l'Impératrice, la salle où travaille le chef du cabinet, à la portée de l'Empereur , dont le cabinet de travail et d'audience est contigu. Le Conseil des ministres se tient dans une salle ornée du portrait du frère du Prince et de celui de l'Impératrice. On y arrive du dehors par le grand escalier et le salon des chambellans, où est placé le portrait de Joséphine. L'Empereur y accède intérieurement de son cabinet à travers deux pièces qui se suivent : l'une servant de bibliothèque , l'autre contenant un meuble sur lequel sont déposés les journaux, placets, etc.

Le chef du cabinet était Mocquard. Mocquard était né à Bordeaux*. Un portrait de son ami Géricault nous le montre en sa beauté grave et charmante. Après une courte tentative de carrière diplomatique, il avait débuté au barreau de Paris, enmême temps que Berryer et Dupin, dont il était l'ami. Élevé dans les idées de Destutt de Tracy et La Romiguière, il était libéral, peu favorable à l'Empire.^ C'est dans des procès politiques, celui de YÉpingle, de la souscription nationale, des sergents de la Rochelle, qu'il révéla une élo-

i. 11 novembre 1791.

quence destinée à Télever au premier rang du barreau. Vers 1817, ayant perdu une personne aimée, il en conçut un tel chagrin qu'il quitta la France et vint passer quelque temps à Leipsik. A son retour, il s'arrête à Augsbourg. Dans les rues de la ville, il rencontre M"^ Cochelet, une de ses connaissances, alors lectrice de la reine Hortense. Surprise réciproque. — Que faitesvous ici? lui demande M"'' Cochelet. Il lui conte comment et pourquoi il se trouve en Allemagne. — Venez donc rendre visite à la Reine, lui ditelle, elle est si heureuse de recevoir des Français et d'entendre la langue natale. — Je ne le puis, répond Mocquard, je n'appartiens pas à son parti, je suis libéral. — Si vous êtes libéral, c'est parce que vous avez du cœur; vous ne pouvez pas refuser un témoignage d'intérêt et de respect à une exilée. — Mocquard se rendit dansle salon de la reine. Deux dames étaient assises à ses côtés : la beauté de l'une lui rappelant celle qu'il pleurait, il ne peut retenir un vif mouvement d'émotion. La reine, à laquelle M"® Cochelet avait conté l'histoire du visiteur, s'en aperçoit et croit qu'elle a causé ce trouble, elle lui dit : Peut-être me trouvez-vous quelque ressemblance avec une personne chère? » 11 était malaisé de répondre non. La reine attendrie le consola, et si bien qu'il quitta Augsbourg à jamais bonapartiste.

- En 1826, une maladie de la gorge l'obligea de renoncer, en plein succès, à une carrière pleine de promesses. Il resta, après 1830, sous-préfet à

PROCÉDÉS DU GOUVERNEMENT DE L'EMPEREUR. 6a

Bigorre jusqu'en 1839. Il avait conservé ses re- • lalions affectueuses avec la reine Hortense; dès qu'il eut repris sa liberté, il devint un des visiteurs les plus assidus d'Arenenberg. Sous un nom d'emprunt, il rédigea, dans la Bio'graphie universelle de Jouy, une vie remarquée de la reine qu'on attribua à Norvins. Un hasard révéla la vérité à l'abbé Bertrand. Hortense reconnaissante le remercia en lui donnant la montre portée par Joséphine à sa mort.

Très séduisant de visage, de manières et d'esprit, il avait eu de nombreuses aventures galantes. 11 lui en était resté l'indulgence facile à celles des autres et le goût des propos salés. Sa conversation joviale, piquante, abondait en saillies souvent risquées. Il n'était léger qu'en cela. Dans son emploi, il se montrait sérieux, imperturbable, d'une inviolable discrétion, sans calcul ni duplicité, sans embarras et sans intrigue, ne cherchant pas à se mêler de ce qui ne le regardait pas, à se glisser; n'abusant pas de ses commodités de confiance et d'accès.

L'Empereur ne pouvait se donner un chef de cabinet plus sûr, plus attaché et plus intelligent. C'était un lettré érudit et fin, sachant par cœur Vii^ile, et familier avec Tacite et Bossuet. 11 avait la plume , comme on disait dans l'ancienne monarchie, c'est-à-dire qu'il préparait toutes les lettres que l'Empereur devait écrire, avec cette différence toutefois, que celui qui, jadis, avait la plume, espèce de faussaire autorisé, s'appliquait àcontrefaire l'écriture de son maître afin qu'on pût

croire calligraphié par lui ce qui Tavait été par son secrétaire. On a raconté que Mocquard composait les proclamations du Président et de l'Empereur . Le Prince, écrivain original et exercé, 'et aimant à écrire, n'en était pas réduit à ce qu'on écrivît pour lui. Le rôle de Mocquard se bornait à une revision littéraire et grammaticale à laquelle l'Empereur se montrait docile. Néanmoins, ses messages, après la mort de son correcteur, ne sont pas inférieurs aux précédents.

L'Empereur se servait comme secrétaire particulier d'un attaché au cabinet, Franceschini Pietri, jeune Corse très distingué, fin, sensé, inébranlablement fidèle et secret. A le voir aimable, souriant, on n'aurait pas soupçonné qu'il voyait et entendait tantde choses graves. L'Empereur l'appelait quand il voulait dicter ; il s'asseyait devant le bureau, en face de lui, et il écrivait de son écriture nette, rapide, élégante.

L'huissier du cabinet, Félix, avait aussi son importance. De famille belge, il avait été séminariste, puis négociant à Amsterdam, cuisinier, courrier de la reine Hortense ; il parlait anglais, flamand, hollandais, pas mal l'allemand; il avait la langue dénouée et la loquacité souvent fort critique.

Autour du cabinet, gravitaient dans la familiarité du Prince, Théhn l'ancien valet de chambre et Conneau. Thélin, en général appelé Charles, habitait, au-dessus de l'appartement de l'Empereur, un entre-sol, d'où il descendait par un escaher dérobé. Conneau, médecin en

lître, était surtout un ami et un garde-malade. Sa principale occupation était de collectionner de belles bibles dans tous les idiomes ; il ne se mêlait de politique que lorsque l'Empereur lui donnait une mission confidentielle; en voyage, il lui lisait ses dépêches. Charles et Conneau voyaient l'Empereur chaque matins à son lever : ils étaient chargés de ses innombrables charités.

Les ministres se réunissaient deux fois par semaine, à neuf heures du matin. Ils ne discutaient que les affaires sur lesquelles l'Empereur désirait être éclairé par une discussion contradictoire, surtout celles de l'administration des finances, de la législation. L'Emperenr réglait lui-même Tordre du jour, et il n'aimait pas qu'on s'en écartât. Dans ces discussions régnait la plus entière liberté ; les personnaUtés blessantes seules en étaient bannies. Un ministre nouveau s'étant emporté dès la première séance en une vive sortie, l'Empereur craignit qu'il n'en eût regret; il lui envoya Piétri pour l'engager à persévérer dans son véridique langage : « cela lui plaisait beaucoup, c'était ce qu'il désirait ». L'Empereur écoutait plus qu'il ne parlait, puis il congédiait le Conseil et décidait tout seul. Avant et après la réunion, chaque ministre demandait les signatures ; les questions d'importance se réglaient avec le ministre compétent, dans le cabinet de

TEmpereur, sauf les cas d'urgence avant le Conseil, le plus souvent à la fin de la journée.

Si, après avoir assisté aux conseils de TÉlysée, vous aviez été admis à ceux des Tuileries, vous auriez trouvé le même prince, poli, réservé, modeste et bienveillant, ne disant ni de bien de soi ni de mal d'autrui, sans aucun empressement à plaire, et cependant mettant très vite à l'aise, en confiance, en sympathie affectueuse. Le succès et la grandeur ne Font pas infatué, il n'a ni morgue, ni hituteur, ni emphase. En un point seulement il est autre : le masque de glace a fondu; il ne lâche pas la bride à ses sentiments intérieurs, mais il ne les refoule pas, il les domine, ne les contraint plus; avec quelque habitude, on peut lire sur son visage ouvert.

Il a aussi ses émotions vives et subites, ses fiane, non toutefois à la façon de Cavour. Même en son plus violent accès de mécontentement, il ne sait pas se résoudre à décocher en face un reproche dur ou blessant, un propos cruel : il sait très bien braver, heurter les choses, il n'a quelque courage contre les personnes que devant son papier; alors il ne ménage rien. « Sa Majesté, écrivait le maréchal Vaillant, est rude dans sa correspondance ; l'extrême douceur, la patience de saint qu'elle a dans la conversation disparaît entièrement dans ses lettres. » Le coup porté, à la première rencontre, il le cicatrisait. « J'en ai reçu de bien rudes, disait encore Vaillant, dont on m'a toujours témoigné du regret avec un abandon et une grâce vraiment touchants. »

RaodoD aussi parle « de sa promptitude à exprimer des impressions et de sa facilité à revenir ». Revenir n'est pas le mot exact. Il ne revenait pas : « Ce qui est écrit est écrit », disait-il; il consolait de la dureté sans retirer l'avertissement ou la réprimande.

L'Empereur n'avait pas à redouter qu'on ignorât qu'il régnait ; il tenait plus encore à ce qu'on sût qu'il gouvernait. Peu de souverains ont été aussi impersonnels; aucun de ses actes n'a été dicté par un intérêt égoïste ou de famille, tous l'ont été par le bien public, parle désir de rendre son peuple grand et prospère. Toutefois, il ne supportait pas de voir d'autres se parer d'une résolution qui, même conseillée par eux, n'existait que par sa volonté. Prêt à supporter la responsabilité du mal auquel il ne s'était pas opposé, il n'admettait pas qu'on lui dérobât le mérite du bien qu'il avait permis; en ce sens, il était personnel, ombrageux, jaloux de son pouvoir. Castellane lui raconte le passage de Saint-Arnaud à Lyon : « Ne s'est-il pas fait rendre plus d'honneurs qu'on ne lui en devait? Les troupes n'ont-elles pas bordé la haie, ce qu'elles ne doivent faire que pour leur empereur? » Dans une lettre à Vaillant, il exprime amplement ce qu'il ne veut pas tolérer de ses ministres*.

\, De Biarritz, 6 septembre 1856. — Je dois la comiïiiiwv-

T. III

« J'ai été étonné de ce qu'en décidant une allocation de cent mille francs pour les victimes du tremblement de terre, comme en donnant au maréchal Randon des instructions importantes pour une expédition, vous ne fassiez intervenir mon nom en quoi quo ce soit. Dans un gouvernement bien organisé et même constitutionnel comme TAngleteterre, toute décision grave est prise au nom du souverain. Il a beau ne pas connaître les mesures adoptées, elles ont toujours Tair, aux yeux des agents subalternes comme à ceux du public, d'avoir été ordonnées par lui. Si cela est vrai pour un gouvernement constitutionnel, à plus forte raison pour un gouvernement comme le mien, où je veux et où je dois tout savoir, où la responsabilité des faits m'incombe seul. Autrement nous aurions tous les inconvénients du système représentatif sans en avoir les avantages, car avec ce système, si les ministres étaient responsables de leurs actes, ils avaient le contrôle des Chambres. Mais aujourd'hui, si un ministre, de son plein mouvement et sans s'être concerté avec moi, arrête des mesures hors de la sphère commune de son activité, il se met en opposition directe avec l'esprit de la Constitution, et cela influe d'une manière fâcheuse sur l'administration entière. Ainsi dans le rapport que vous a dernièrement

eation de cette lettre intéressante, ainsi que toutes celles du maréchal Vaillant ou au maréchal Vaillant que j'ai déjà données ou que je donnerai bientôt, à M. Vemier, ancien Conseiller d'Etat, légataire des papiers du maréchal.

adressé le général Rostolan à propos des établissements créés poui' recevoir des soldats malades, il y avait cette phrase inconvenante que j'ai modifiée : pour remplir vos intentions et celles de r Empereur. Je me borne à ce seul exemple, quoiqu'il s'en présente souvent dans votre ministère comme dans celui de tous les autres. Mais pour le vôtre cela est plus sérieux, car le plus beau titre d'un souverain en Europe a toujours été celui de chef de l'armée. Aussi ont-ils voulu conserver dans leur cabinet et particulièrement sous leur main tout ce qui était relatif au personnel de l'armée. Il en est ainsi en Prusse, en Autriche, en Russie. On a tenté la même chose en France sous la Restauration par les pouvoirs donnés au duc d'Angoulême, et en Angleterre même elle existe à peu près par les pouvoirs donnés au duc de Cambridge. Partout on a craint de voir l'autorité absolue d'un ministre se placer entre le souverain et l'arniée. Si je vous ai entretenu si longuement de ce sujet, c'est surtout à cause de la tendance des bureaux qui semblent en lutte perpétuelle avec l'initiative du chef de l'État. Ainsi je trouve très bien qu'il y ait des tableaux d'avancement pour que le ministre puisse désigner au Souverain les officiers capables, mais je ne puis admettre d'un autre côté que je n'aie pas le même droit qu'un inspecteur général et que je ne puisse avancer qui bon me semble pourvu qu'il soit dans les conditions voulues. Encore si de cette manière le droit et la justice prévalaient mieux, mais il y a toujours une part pour la fa-

veur; seulement, au lieu d'être la faveur du souverain qui prévaut, c'est celle du général inspecteur, ou bien celle du général en chef, ou bien celle du ministre, ou enfin celle de n'importe qui. »

L'Empereur est tout entier dans celte remarquable lettre. Persigny et même Morny perdirent peu à peu leur crédit pour n'avoir pas assez tu leur part eu certaines mesures. L'Empereur en vint à dire : « Je traîne deux boulets, Persigny et Morny. » Fleury eût éprouvé le même sort s'il se fût permis alors tout haut les vanteries de ses Souvenirs. Rouher se maintint par l'adresse avec laquelle il fit le maître sans le paraître. Au lendemain du jour où l'Empereur lui envoya publiquement une plaque de diamants, le prince Napoléon se récriait sur cette faveur exceptionnelle : « Ah! s'il avait eu ton caractère, je ne la lui aurais pas envoyée, mais je suis sûr que lui ne me gênera pas. » Aussi ai-je porté un coup sensible au ministre tout-puissant lorsque, démasquant la réalité, je l'ai appelé dans l'un de mes discours : le Vice-Empereur.

Dans sa conception du pouvoir, l'Empereur ne s'était pas assez rendu compte qu'un souverain dont le temps est dévoré par les exigences de la représentation officielle, travaillàt-il au delà des forces humaines, ne saurait suffire seul à l'écrasante tâche de gouverner un État de premier ordre. Sans de grands ministres, il n'y a jamais eu de grand règne. Conçoit-on Henri IV sans Sully? Tant que Louis XIV eut des Colbert, des

Louvois, des Lionne, ses affaires prospérèrent ; elles déclinèrent dès qu'il fut réduit à lui-même ou à des créatures telles que Chamillart. Qu'aurait fait Guillaume de Prusse sans Bismarck et Roon? et Victor-Emmanuel sans d'Azeglio, La Marmora, Rattazi et Cavour? « Si le roi veut faire tout, écrivait Cavour, il périra*. »

Dans ce gouvernement où TEmpereur voulait faire tout, sa principale qualité était l'audace. « Qui ne risque rien n'a rien », m'a-t-il dit en une circonstance grave de sa politique intérieure; au maréchal Vaillant qui lui représentait les périls de l'offensive, il répondait : « Si on ne veut pas s'exposer à être battu, il ne faut jamais livrer bataille. » Son audace, comme celle des vaillants, était d'autant plus tranquille et ferme que les périls grossissaient : il la considérait alors comme étant la véritable prudence. Seulement, sans réflexion l'audace n'est qu'une témérité comme sans persistance elle n'est qu'une velléité. Avant de s'engager il pesait lentement, mûrement le pour et le contre, embrassait les divers aspects de la situation, parfois passait, pour un instant, avant de se fixer, d'un parti à l'autre : c'est ce que les historiens <( qui n'ont jamais mis le nez auxconseils2 » ont appelé ses hésitations.

Son parti arrêté, il était imperturbable : « Uomo di tenacissimi propositi », a dit Cavour. — « Quand il a pris une résolution, disait le maréchal Castel-

1. Se ilre vuol fare tutto, audra inroinna. — A La Marmora, 1 agosto 4856.

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