‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirsChapitre 3 sur 155 · Persigny, Mémoires, p · texte numérisé non relu

Persigny, Mémoires, p

2. TocQUEviLLE, Souvenivs, p. 340. Voir aussi Falloux, Mémoires, t. II, p. 55.

modérer les sectes qui perdent la liberté. » Mais la dictature, d'une durée plus ou moins longue, est une crise de la liberté, non son abolition. « Parfois elle est nécessaire dans les pays libres ou destinés à Têtre*. »

Quelques amis du Prince, ceux qui n'avaient cessé de le pousser au coup d'État, pensaient, le coup accompli, qu'une dictature serait insuffisante et Texcitaientà se faire de plein saut César. Depuis 1815, disaient-ils, touslesgouvernements sont tombés. Comment expliquer cette succession non interrompue de chutes.^ Les fautes? Les malheurs? D'autres nations ont eu des chefs inhabiles et malheureux sans être bouleversées par les révolutions. La véritable cause de nos subversions périodiques est qu'on ne nous a pas ramenés au Césarisme, le gouvernement nécessaire d'une démocratie ingouvernable.

Le Prince ne pensa pas ainsi. Il ne voulut pas confondre la nation, forte, saine, économe, laborieuse, pleine de sève littéraire et artistique, avec quelques milliers de déclassés en quête de places, quelques centaines d'ambitieux ou de faméliques à la poursuite du pouvoir, de l'importance, de la fortune. Il ne crut pas ce peuple une proie déjà prête pour le despotisme et dont la seule ambition dût être de fournir à TEurope des cuisiniers, des histrions, des courtisanes. Il comprit que si l'on profitait d'un épuisement momentané pour lui mettre aux mains les menottes,

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