‹ L'empire libéral; études, réits, souvenirsChapitre 41 sur 155 · septembre · texte numérisé non relu

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2. A Castelli, à M. De La Rue, 3 septembre 1852, 4 septembre 1852. — A La Marmora, 9 septembre 1852. — A Castelli, 10 septembre 1852.

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ce dont il ne douta bientôt plus, que la véritable pensée du Prince devait être cherchée ailleurs que dans les paroles de sa diplomatie officielle.

Cavour s'efforça aussi de le rassurer sur Rattazzî. Celui-ci, venu à Paris, y réussit encore mieux. — « Je suis charmé d'avoir connu M. Rattazzî, dit FEmpereur ; un quart d'heure de conversation a suffi pour détruire l'opinion erronée qu'on m'avait fait concevoir de lui : on m'avait dit que c'était une fête exaltée, je l'ai trouvé très raisonnable. »

Le pauvre d'Azeglio, souffrant, affaibli, se trouvait fort au dépourvu depuis qu'il n'avait plus à côté de lui l'enragé qui mettait tous les ressorts en mouvement, ne lui laissant que la parade. Cela marcha à peu près tant qu'une difficulté ne surgit pas. Cette fois elle vint du Roi. Victor- Emmanuel avait accepté un projet sur le mariage civil, espérant qu'à Rome on ne se montrerait pas trop acerbe contre une innovation pratiquée en France et ailleurs, sans aucun dommage pour la religion. Au contraire, le déchaînement fut égal au moins à celui provoqué par la loi Siccardi; le Pape se refusa à tout accommodement et supplia Victor-Emmanuel de ne pas se placer hors de l'Église en introduisant le concubinage dans ses États. Sa mère et sa femme s'unirent au Pape. Le roi, ému surtout par l'insistance de son ancien précepteur Charvaz, esprit modéré, depuis archevêque de Gênes, réunit le conseil des ministres et déclara que jamais il n'accoirderait son consentement à une loi qui déplaisait au

Pape, qu^l était prêt à faire tous les sacrifices à rintérêt de son pays, sauf celui de sa conscience, puis il leva la séance. D'Azeglio répond à cette algarade par sa démission. « L'heure de mourir, dit-il, arrive pour tous, celle de se déshonorer ne doit jamais sonner pour personne. Dès que le roi veut inaugurer une politique contraire à la tradition libérale, il ne me reste qu'à me retirer. » Il conseilla au roi d'appeler Cavour, de retour en Piémont. Les motifs qui avaient obligé d'Azeglio de se démettre, ne permettaient pas à Cavour de lui succéder. Le roi appela Balbo.

Il ne l'avait pas vu depuis longtemps. Il lui serre la main, et lui dit à brûle-pourpoint : « Comte Balbo, on dit que je n'ai pas beaucoup de tête. — Majesté, répondit Balbo, je n'ai rien entendu de pareil. — On dit, ajouta le roi, que je n'aime pas à travailler. — Cela, riposta Balbo, je Ta! entendu. — Voulez-vous former un cabinet ? D Balbo accepta, pourvu que Revel, le chef de la droite, lui donnât son concours. « Les curés de Savoie, écrit Cavour, vont être bien contents, mais je doute que leur joie soit de longue durée. L'astuce des prêtres a induit le roi en erreur; il se méprend sur l'état du pays ; lorsque les faits l'auront désabusé il enverra au diable le parti clérical. » C'est ce qui ne tarda pas à arriver. Balbo ne réussit pas à s'assurer le concours de Revel. Sauf sur la question cléricale, le pays était d'une parfaite sagesse, mais l'irritation contre ce que Cavour appelait l'arrogance sacerdotale était poussée au plus haut degré il'on

ne comprenait pas pourquoi ce qui en France ne consUtuait pas le concubinage le deviendrait en l'iémonl. Le roi crut qu'il était plus urgent de contenter ses sujets que le Pape, il appela Ca- VII ur.

Moyennant quelques concessions apparentes, l'iuigagcment de ne pas faire une question de Cabinet du vote du projet et de continuer les ui^gociations avec Rome, tant que la dignité le |)«'nncltrait, le roi se résigna, avec une mauvaise (trilcc! qu'il ne dissimula pas assez, à subir comme premier ministre celui qui allait contribuer à le ftiiriti-oi d'Italie (4 novembre 1852). Il fut blés- Miiut nu'^nic dans sa capitulation. Il imposa une hiirti! de surveillant, Cibrario, ancien collègue de d'A/dglio, il ne voulut pas de Rattazzi. Cavour uif l'avait proposé que timidement : Il est prêt, nviùL-il dit, à accepter le ministère de l'Intérieur 1 ftn en» de nécessité. — C'est bien, riposta brus- (|ui'intuil Victor-Emmanuel, proposez-m'en un miln;. —fie ne fuljU^un re lard ; Cavour revint à U rltiit'^e et réu^l^Bonner à son allié le miniss tard celui de l'Intérieur.

Pommé; aucun mariage n'a

le Cavour s'imagine, dit Vic-

cbef d'état-major Délia

ut ce qu'il veut, il se trompe.

times d'accord, c'est bien, mais

iC sommes pas d'accord, c'est à lui

j(i veux. » Et ce n'était pas forfan-

n'airaant pas Cavour, parce

L'AFFRANCHISSEMENT DE L'ITALIE. ISa

que peut-être il projetait sur lui une trop grande ombre, appréciait son génie, se trouva rarement en désaccord avec lui. Cavour s'appliquait à ne pas lui rendre sa supériorité pesante, il le régentait moins que d'Azeglio, il se donnait Tair de suivre l'inspiration qu'il avait suggérée. Quant à ce Rattazzi si mal vu, si rebuté, il devint le ministre du cœur.

Tandis que Cavour prenait définitivement possession de son rôle, le grand esprit qui le lui avait prophétisé, Gioberti, s'éteignait solitairement à Paris. Un matin, on le trouva mort au pied de son lit; sur son oreiller étaient ouverts limitation et les Promessi Sposi (26 octobre 1852). Quelques jours auparavant, je- l'avais rencontré chez Lamennais, qui m'avait demandé de préparer les sommaires de sa traduction de Dante. 11 parlait avec une éloquence véhémente contre Mazzini. Il l'accusait d'être le plus cruel ennemi de ritalie, d'avoir plus que personne contribué à ses récents désastres : esprit médiocre, instruction nulle, style plat ; il n'avait de supérieur qu'un orgueil démesuré ; comme homme politique, il était inepte, dupe des plus grossières adulations, n'ayant aucune notion des réalités; il ne savait ni connaître les hommes, ni les conduire. — Lamennais présentait quelques objections, Gioberti y répondait avec une richesse de langage et d'idées éblouissante.

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