‹ L'Empire MexicainChapitre 10 sur 127 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

des antiques monarchies de l’Asie. Il la remplit de palais et de temples gigantesques, et emploie à la décoration intérieure de ces édifices l’émeraude, la turquoise, l’or, l’argent, le jaspe, le porphyre, le marhre et l’albâtre. Les autres villes de l’empire sont également embellies par ses soins ; il fait planter de nombreux jardins dans lesquels la végétation tropicale étale ses splendeurs; il construit des chaussées et des ponts, et relie ainsi Tollan avec les régions qui s’étendent jusqu’aux rivages des deux Océans. Les marchés de la capitale, entourés de vastes portiques où se réunissent les négociants de la moitié de riiémisphére occidental, deviennent au bout de peu d’années le centre d’un commerce très-étendu. Tous les admirables produits de la nature et de l’industrie américaines s’y trouvent réunis.

L’empire toltèque prend une grande étendue aux temps de cet illustre piince. Il occupe plus de mille lieues de pays. Grand nombre d’États et de provinces qui jadis ne faisaient point partie de la monarchie s’y réunissent volontairement, gagnés par la prédication des disciples de ce nouveau roi-prophète.

Quetzalcohuatl régnait depuis vingt ans à Tollan. C’étaient autant d’années d’une paix continue et d’une prospérité sans exemple. On leur donne le nom d’âge d’or des Toltèques.

Mais au bout de ces vingt ans, Huémac% roi deCulhuacan, fun des membres de la confédération, ambitieux, cruel et jaloux, forme le projet de renverser le souverain de Tollan. Il réussit à gagner à son parti les anciens prêtres, aux yeux desquels l’abolition des sacrifices humains avait été une innovation sacrilège. Ces prêtres demandent, pour la forme, à Quetzalcohuatl d’autoriser de nouveau ces épouvantables holocaustes, et sur le refus du roi, refus facile à prévoir, la sédition éclate dans les grandes villes de l’empire.

Quetzalcohuatl, voulant éviter l’effusion du sang, aban-

‘ Dans quelques histoires ce prince e.st nommé Tetzcaflîpoca.

donne sa capitale et ses États à son rival; mais en s’éloignant il annonce que ses descendants y reviendront un jour pour rétablir ses lois.

Le roi dépossédé franchit les immenses montagnes qui séparent la vallée de l’Analiuac des plaines de IIuitzilapanL Les peuplades olmèques du levant et du midi, dépendantes du royaume de Tollan et qui n’avaient pas été entraînées dans la révolte, viennent se grouper autour de lui et le supplient de continuer à régner sur elles. 11 accepte, fonde la magnifique ville de Cliolullan, et renouvelle pendant di\ années les merveilles de son premier règne. Ce terme expiré, Huémac lui déclare la guerre. Fidèle à son système pacifique, Quetzalcolmatl se retire malgré les larmes et les supplications de ses sujets, qui à partir de ce temps lui rendent les honneurs divins. L’usurpateur s’empare de Cliolullan , et y fixe le siège de son empire.

Suivant une tradition assez ehscure , c’est encore Quetzalcohuatl qui établit Tordre et la civilisation dans f empire des Mayas^ Il y arrive, après son départ de Cliolullan, sous le nom de Cukulcan. Son air vénérable , la haute sagesse dont il est doué, engagent les princes du pays à le supplier d’accepter la couronne, de se mettre à leur tète, et de tixer sa résidence à Mayapan, capitale de la presqu’île. En peu de temps, l’empire des Mayas présente l’aspect de la prospérité la plus grande. Le nombre des villes s’y accroît considérablement, le sol se couvre de monuments s[)lendides. Le grand prince donne à ses nouveaux États la môme organisation féodale qu’à ses deux premiers royaumes; il s’associe les deux plus puissants de ses vassaux en qualité de rois, de telle sorte qu’à l’instar de la monarchie toltèque, celle des Mayas se trouve partagée en trois souverainetés indépendantes, qui au besoin n’en font qu’une; les trois royaumes sont ceux de Cbicben, d’Uxmal et de Mayapan; la ville de Mayapan con-

' Aujourd’hui de la Puebla de los Angedos.

* Aujourd’hui l’Yucalan.

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