‹ L'Empire MexicainChapitre 11 sur 127 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

tinue à être la métropole de l’empire. Après un troisième règne, également glorieux, de dix années, le civilisateur de l’Amérique centrale disparaît à jamais. Ses collègues et ses peuples lui choisissent un successeur dans la puissante famille des Cocomes, les deux autres trônes sont occupés par des membres de celle des Tutul-Xius.

La prospérité et le développement de la civilisation de l’empire maya ne subissent aucune diminution pendant les deux siècles qui suivent le départ de Gukulcan ; mais après deux cents ans de concorde et de prospérité, les rois cocomes qui occupent le trône de Mayapan abandonnent la ligne de conduite que leur avaient tracée leurs ancêtres, et se livrent à la tyrannie et au luxe le plus extravagant. Des guerres intestines en résultent; les Cocomes sont précipités du trône vers le milieu du douzième siècle par les Tutul-Xius, qui décernent la troisième couronne héréditaire de l’empire au grand prêtre de la famille des Cbeles ; celui-ci prend le titre de roi d’Izamal. Uxmal devient alors la métropole de la presqu’île, et les Tutul-Xius y exercent une prépondérance incontestée.

La monarchie atteint son plus haut degré de prospérité sous le gouvernement de ces princes. Uxrnal, entre autres, se couvre de monuments admirables; leurs étonnants débris attestent de nos jours encore la grandeur passée do l’empire maya. Des places immenses avaient été ménagées au milieu des temples et des palais de la capitale; elles étaient ornées de bassins qu’ombrageaient des palmiers, des bananiers et des arbustes fleuris. Des jardins, des promenades variées, unissaient Uxmal aux nombreuses villes du voisinage, où les grandes familles de l’empire possédaient des palais qui rivalisaient de magnificence avec les résidences du chef de l’État.

Ces richesses, en introduisant un luxe effréné, amènent le relâchement des mœurs; les leçons, les préceptes et les principes de Cukulcan sont oubliés; un culte abominable

L’EMPTRE MEXICAIN.

souille les temples, et de uombrciix sacri lices humains impriment un hideux stigmate à celte civilisation si avancée. Un siècle environ après l’étahlissement de l’empire à Uxmal, le déclin de la monarchie commence. La guerre civile, l’invasion étrangère, les ouragans, la famine et les maladies contagieuses hâtent sa dissolution. Vers la lin du quinzième siècle, elle se fractionne en une foule de petites principautés indépendantes les unes des autres, et en même temps, de sinistres oracles, émanant des sanctuaires les plus vénérés du pays, annoncent que dans peu d’années une nation blanche et barbue viendrait du côté où le soleil se lève, portant avec elle un signe dont l’irrésistible puissance ferait tomber tous les anciens dieux.

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