PREMIÈRE PARTIE
chis du tribut qu’ils lui payaient, cl obtinrent la pecbe du lac et quelques agrandissements de territoire ^ Ces i)riiices avaient espéré des récompenses plus grandes encore, mais la puissance du redoutable Tezozomoc les empecba de manifester leur mécontentement.
L’Anahuac entier était aux pieds du rusé vieillard ; il s’y fit proclamer souverain, en conservant à Azcapotzalco son rang de capitale. Au lieu de rétablir l’ancienne confédération des trois couronnes % il partagea la vallée en sept principautés distinctes, et garda pour lui seul le pouvoir suprême.
Afin que personne ne pût ignorer ses intentions, il convoqua tous les nobles et les principaux babitants de l’empire à une assemblée qui se tint dans une vaste plaine située entre Tezcuco et le village de Tepetlaoztoc. Un des officiers du roi monta à un téocalli situé au milieu de la plaine, et proclama, en langues ebiebimèque et tollèque, que dorénavant, sous peine de mort, chacun devait reconnaître en qualité de seigneur unique et suprême Tezozomoc, roi des Teepanèques, et lui payer à lui seul tous les ' impôts et revenus dus à l’empereur. Il fut ordonné ensuite à tous ceux qui rencontreraient le prince Netzalmalcoyotl de s’emparer de lui et de l’amener, mort ou vif, en présence de Tezozomoc; de grandes récompenses étaient promises pour celte œuvre de dévouement.
Le commencement du règne du tyran fut marqué par un acte de cruauté épouvantable. Tezozomoc fit demander à
' Le roi de Mexico , Cliiinalpopoca , reçut la \ille de Tezcuco avec ses dépendances. — Tlacatcotzin , seigneur de Tlatetolco, reçut Iliiexotla avec un grand nombre de villages.
^ Don Fernand d’Alva Ixtlilxocliill dit, à la vérité, dans une autre de ses relations (la dixième), que Tezozomoc associa à l’empire les rois d’Acolman et de CohuaÜichau , mais il se met en contradiction avec lui-même et avec la tradition de l’Analmac. L’enqiereur se borna, à ce qu’il paraît, à décerner à ces deux princes le titre purement lionorifniue de roi, mais saiis les appeler au partage de la souveraine puissance.
Ions les enfants âgés de moins de sept ans et déjà capables de parler qui ils regardaient comme leur souverain légitime, et il ordonna que l’on massacrât, avec leurs pères et mères, ceux qui répondraient IxtUlxochitl ou Kclzahualcoijoll, et qu’au contraire on décernât des récompenses à ceux qui prononceraient son propre nom. Comme les malheureux enfants ignoraient cet ordre impitoyable et que presque tous ils avaient entendu dire à leurs parents qu’ils étaient vassaux des princes ebiebimèques, ils les nommèrent et furent immolés.
Le roi s’occupa ensuite à faire rentrer sous l’obéissance, soit par lui-même, soit par ses capitaines, les chefs des provinces éloignées qui s’étaient détachées de l’empire durant les derniers événements. Beaucoup d’entre eux se soumirent volontairement; les autres furent vigoureusement attaqués et subirent le joug.
Netzahualcoyoll, informé des ordres que Tezozomoc avait donnés à son sujet, résolut, pour échapper aux embûches du tyran, de se retirer dans la province de Tlaxcalla*, république dont les chefs étaient ses oncles. Il se mit en route déguisé en soldat, courut mille dangers, fut au moment d’être mis à mort par ordre du prince des Cbalcas, et arriva enfin à Tlaxcalla, où il fut accueilli avec empressement. Le jeune prince avait l’espérance de remonter sur le trône qui lui appartenait par droit de naissance. Il était résolu à tout tenter pour cela. Il lit part de ses projets à ses oncles, qui les approuvèrent.
Il y avait près de six années que Netzabualcoyotl se trouvait à Tlaxcalla, lorsque quelques-unes des princesses mexicaines, qui étaient ses très-proches parentes, demandèrent à Tezozomoc de lui faire grâce de la vie. Le tyran,
’ signifie endroit dti pain ; on y cultivait beaucoup de maïs. — Tlaxcalla était une célèbre république qui sut toujours maintenir son indépendance vis-à-vis de l’empire. Nous aurons l’occasion d’y revenir et de faire connaître sou origine dans la seconde partie de cette histoire.