PREMIÈRE PARTIE
kii envoyait en même temps des vivres et une grande quantité de pièces d’étoffes.
Le jour suivant, Netzahualcoyotl arriva sur le territoire de la république de Tlaxcalla. Un ambassadeur de la seigneurie vint lui porter en présent des vivres et des étoffes, lui offrir le secours d’un corps de troupes considérable pour l’aider à relever l’empire ebiebimèque, et lui proposer de se rendre à la ville de Calpolalpan, où le sénat de Tlaxcalla avait fait préparer de vastes édifices pour le prince et pour l’armée qui devait se réunir autour de lui.
En effet, les troupes de Huexotzinco, de Gboliillan, de Cbalco, de Zacatlan, de Tototepcc, de Tepepolco, de Zempoalla et de plusieurs autres provinces encore, ne tardèrent pas à arriver, car en tout lieu on était fatigué de la tyrannie et des cruautés de Maxtlaton, et on aspirait à s’en affranchir.
Netzabualcoyotl ne perdit pas un instant. Se voyant à la tète de forces imposantes, il se mit en marche, et se dirigea vers le royaume de Tezcuco. En traversant les montagnes, il aperçut sur leurs sommets les plus élevés de grands feux. C’était le signal au moyen duquel les princes qui lui avaient envoyé des troupes lui annonçaient qu’ils arrivaient euxmèmes. Il prit ses dernières dispositions avant de déboucher sur la plaine, car il voulait fondre sur l’ennemi à l’improviste, et ne pas lui laisser le temps de se reconnaître. Il ordonna aux hommes de Tlaxcalla et de Huexotzinco de s’emparer de la ville d’Acolman *, et chargea les Ghalcas de la prise de GoatlichaiU; il savait que les Teepanèques avaient de nombreuses garnisons dans ces deux cités. Le prince résolut de se rendre maître lui-mème de la capitale, Tezcuco, avec le reste de l’armée.
Attaqués au moment où ils s’y attendaient le moins, les Teepanèques subirent une déroute complète, et périrent
‘ Vient à'^acolli, épaule.
Signifie pays des serpents.
L’EMPÏPvE MEXICAIN.
presque tous. Les maisons qu’ils possédaient à Acolman, Goatlichan et Tezcuco furent saccagées et brûlées. Leurs principaux chefs disparurent dans la mêlée. Après la victoire, Netzaliualcoyotl abandonna à ses alliés tout le butin, les remercia de l’assistance qu’ils lui avaient prêtée et prit congé d’eux, leur promettant de les rappeler lorsqu’il ferait une nouvelle tentative pour recouvrer le resic de l’empire (Il août 1427). Cependant il garda près de lui ceux de ces guerriers qui n’avaient d’autre profession que celle des armes. Il les occupa, ainsi que ses sujets fidèles, à fortifier Tezcuco, et les frontières du royaume du côté des Teepanèques et des Mexicains.
Maxtlaton, ajoute l’historien Ixtlilxocbill, fut frappé d’épouvante lorsqu’il apprit que Netzaliualcoyotl avait recouvré en si peu de temps le royaume des Aculhuas de Tezcuco, tète et fondement de fempire chiebimèque. Ce fut pour lui^ comme un coup du ciel, car en moins de quinze jours le prince s’était échappé de ses mains, avait traversé les montagnes, réuni des forces considérables et reconquis son royaume. Maxtlaton comprit qu’il lui importait d’arrêter ce mouvement à tout prix, et il s’occupa immédiatement de réunir une armée pour marcher contre ses ennemis.