‹ L'Empire MexicainChapitre 47 sur 127 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

leurs liistoriens. Tous ces talents se développaient sous la liante protection du roi. Netzaliualcoyotl lui-méme se livrait avec amour à l’étude, il cultivait la poésie, l’astronoinie et la botanique. Il avait réuni une collection re[)résentant toutes les plantes et tous les animaux de rAnahuac; le célèbre Hernandès, qui a vu ces peintures, en fait l’éloge. Le roi avait composé soixânte bymnes en riionneur du Créateur du ciel et de la terre ; deux de ces chants ont été traduits en vers espagnols par son descendant don Fernand d’Alva Ixtlilxocbitl , et renferment de grandes beautés. On possède aussi quelques élégies remarquables de Netzaliualcoyotl , sur la ruine d’Azcapolzalco et sur les malbeurs de sa jeunesse L

Le culte barbare qui avait pris de si formidables proportions dans l’empire répugnait à l’esprit éclairé du roi de Tezcuco. Il essaya, mais en vain, à plusieurs reprises de faire abolir les sacrifices humains : l’influence mexicaine, les plaintes des prêtres et la crédulité du peuple, ne lui permirent pas d’accomplir son dessein; toutefois il restreignit dans ses propres États ces abominables holocaustes aux seuls prisonniers de guerre. Tous les écrivains qui se sont occupés de l’histoire de l’Anabuac, et en particulier don Fernand, et les auteurs espagnols les plus rapprochés de l’époque de la conquête, sont d’accord pour affirmer que Netzaliualcoyotl, fort supérieur au reste de scs compatriotes, adorait un Dieu unique, créateur du ciel et de la terre, et que la raison d’État seule rengageait à se conformer extérieurement au culte de ses su jets. Ils assurent qu’une tour à neuf étages que le roi lit construire, et dont l’étage le plus élevé était peint en couleur d’azur avec unexornicbe et de riches ornements en or, n’avait pas d’autre destination que de rendre hommage à ce Dieu suprême. Quelques hommes établis dans ce mystérieux réduit étaient employés à frapper,

‘ Appendice de la partie , à la fin de l’ouvrage.

au lever et au coucher du soleil, à midi et à minuit, sur une grande plaque de métal. Netzalmalcoyotl, aussitôt qu’il entendait ce son, se mettait à genoux pour adresser ses prières au Maître de l’univers; il lui offrait de la fumée de copal et de plantes aromatiques, et il jeûnait aussi à une certaine époque de l’année en son honneur.

Le roi parcourait souvent de nuit et déguisé les rues de Tezcuco, pour voir si la police y était bien faite.

Il embellit et agrandit beaucoup cette capitale. 11 y fit ériger des temples et des édifices somptueux, et la divisa en six quartiers, séparés par de très-larges rues, et dans lesquels il distribua les trente -six corps de métiers, de façon que tous les membres d’une même profession fussent réunis. Il construisit pour les seigneui’s de sa cour quatre cents palais, avec de beaux jardins et des bains; la richesse et fétendue de ces demeures étaient proportionnées au rang de ceux qui devaient les occuper.

Mais aucun des monuments qu’éleva Netzalmalcoyotl n’égalait en magnificence la demeure royale. Les chroniques américaines affirment que deux cent mille ouvriers furent employés pendant plusieurs années à la construction de ce colossal édifice. Il s’étendait de forient à foccident, et était entouré de murailles très-épaisses dont la hauteur variait de trois à cinq toises. Du côté du couchant, il donnait sur le lac; on y entrait par trois portes percées fiine à l’orient, la seconde à foccident, et la troisième au midi. Le palais avait, outre quarante cours plus ou moins grandes, deux cours dites principales. Des portiques entouraient la première, la plus étendue des deux; elle servait de place publique et de marché. Les salles des quatre sections de l’administration centrale, dont il a été question ci-dessus, donnaient sur la seconde cour, au milieu de laquelle brûlait un brasier qui ne devait jamais s’éteindre. Là également se trouvait une très-vaste pièce dans laquelle étaient les deux tribunaux royaux. Une fine étoffe, tissue en poil de lapin.

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