PREMIÈRE PARTIE
Ixtlilxochitl, après avoir reproché vivement sa lâche condescendance à Goanacoch, qui conlinuait à soutenir le parti de Gacaina , se l etira dans les montagnes du Metzlitlan ^ emmenant avec lui de nombreux partisans, et engageant tous ceux qui voulaient l'ésister aux prétentions de MontézLima à se joindre à lui et à ne pas reconnaîire Gacama. Il se vit hientôt à la tcte de cent mille hommes.
Le roi de Mexico fil ramener et couronner son neveu à Tezcuco. Mais Ixtlilxochill continua à agir. Beaucoup de villes du royaume d’Acolhuacan lui ouvrirent leurs portes et le reconnurent comme leur souverain, parce qu’il était ennemi de Montézuma; il en prit d’autres qui essayèrent de lui résister, et resta maître de la majeure partie des Etats de son père et du nord de la vallée de l’Anahuac.
Irrité de voir ses projets de monarchie universelle compromis par un rival qu’il avait qualifié d’abord d'enfant mutin, le roi de Mexico tit marcher contre Ixtlilxochitl, Xochitl ^ un de ses plus braves généraux. Lorsque les deux armées se renconti’èrent, les cbefs convinrent de terminer le différend par une lutte corps à corps. Le fils de Netzahiialpilli était habile à tous les exercices et doué d’une force herculéenne, malgré son jeune âge : il terrassa son adversaire et le tit brûler vif sur un amas de joncs.
Ixtlilxochitl tit alors le blocus de la ville de Tezcuco et continua à recevoir de divers côtés de nouveaux alliés et de noiiibreux renforts. Ses frères furent obligés enfin de traiter avec lui, de le l’econnaître en qualité de capitaine général du royaume et de le laisser en possession des provinces du nord. En même temps, différents États voisins formèrent une ligue secrète dans le but de renverser la puissance mexicaine et de s’affranebir à jamais du joug du roi de Tenocbtitlan. Beaucoup de provinces, en particulier celle de Totonacapan, qui s’étendait le long des côtes de la mer
' signifie des pierres de la hme, de mezUi, lune, et tell, pierre.
2 Signifie jleur.
irritées des impôts excessifs que leur imposait ce prince, profitèrent aussi du désordre général pour se soulever.
Montézuma, inquiet des complications qui surgissaient de tous les côtés à la fois, et des difficultés qui se multipliaient, voulut apaiser les dieux en leur offrant de nouvelles hécatombes humaines, et en faisant construire un temple en f honneur de Genteotl, déesse de la terre. Sur ces entrefaites, ses armées, commandées par Quauhtimotzin , remportèrent encore quelques succès, soumirent les provinces de Mictlantzinco et de Xaltianquizco, leur imposèrent des tributs, relevèrent les espérances du roi et le replongèrent dans ses illusions.
Telle était la situation de rAnahuac lorsque le souverain des Aztèques reçut la première nouvelle du débarquement des étrangers qui devaient renverser s6n empire. Les Espagnols venaient de mettre le pied sur la terre ferme de fAmérique centrale.
FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE
SECONDE PARTIE
SITUATION DE l’aNAHUAC PENDANT ET APRÈS LA CONQUÊTE ESPAGNOLE.