‹ L'Empire romain, évolution et décadenceChapitre 12 sur 21 · LES FLAVIENS · texte numérisé non relu

LES FLAVIENS

de l'impôt sur les enchères. Son fils, Flavius Sabinus, s'était fait publicain. Il avait afîermé en Asie la perception de l'impôt du quarantième sur les douanes, et avait laissé à ses administrés un excellent souvenir. Puis il était allé faire la banque chez les Helvètes, et sans doute avait gagné de l'argent dans ces opérations très complexes et très lucratives. Par son mariage avec Vespasia il était entré dans une famille de condition plus relevée. Son beau-père, Vespasius Pollio, avait été tribun légionnaire et préfet de camp. Il appartenait donc à l'ordre équestre. Il eut un fils qui s'éleva jusqu'à la préture. De son mariage avec Vespasia Flavius Sabinus eut deux fils qui firent la fortune et l'illustration de la maison Flavienne, l'aîné qui prit le nom de son père, et le cadet, le futur empereur, qui du g entilicium ina.lerne\ tira le surnom de Vespasianus. Des deux, l'ambitieux fut Sabinus. 11 fit une carrière brillante et couronnée par les hautes fonctions de préfet de la ville où nous l'avons rencontré. Quant à Vespasien il fallut les instances de sa mère pour le décider à accepter le laticlave, c'est- à-dire à entrer dans les honneurs. Une fois parti il fît, lui aussi, brillamment son chemin, questeur, édile, préteur, légat de légion en Germanie, puis en Bretagne où il se distingua de manière à mériter les ornements triomphaux, consul, proconsul d'Afrique. Il revint de cette province assez mal en point dans ses affaires, ce qui témoigne de son intégrité. C'était un parfait fonctionnaire, très capable, avec des qualités, non pas éminentes, mais solides, très respectueux des puissances, courtisan au besoin, mais, il faut le dire à son éloge, courtisan maladroit. Il commit l'imprudence de s'endormir au théâtre pendant que Néron chantait. De là une disgrâce d'où il sortit assez vite. La révolte des Juifs prenait dos proportions inquiétantes. Il fallait un bon général, et qui ne fût pas suspect. Néron pensa à Vespasien.

L EMPIRE r.OMAlX

Sa naissance semblait devoir lui interdire toute prétention à l'Empire qui, jusqu'alors, était resté le monopole de la haute noblesse.

Les origines de Vespasien valaient qu'on s'y arrêtât. Elles sont un trait essentiel de sa physionomie. 11 était né bourgeois, et bourgeois il resta sur le trône, dans son genre de vie, et jusque dans sa politique.

Il lui suffit d'une année pour eu finir avec la guerre judaïque et mettre un terme au mouvement séparatiste qui s'était prononcé dans une région de la Gaule. Cette partie de sa tâche étant achevée, il put se consacrer, sans arrière-pensée, à la politique intérieure.

Le grand acte de son gouvernement fut sa censure dont il prit possession dès l'année 73, conjointement avec son fils Titus.

Pins encore que sous Claude il était nécessaire de remettre sur pied la haute société romaine, bouleversée par tant de secousses et décimée par tant de catastrophes. Vespasien n'appela pas à Rome moins de mille familles introduites soit dans l'ordre sénatorial, soit dans l'ordre équestre. Il commença par épurer le Sénat en éliminant les indignes, les hommes tarés, et vraisemblablement les fils d'affranchis qui s'y étaient glissés en grand nombre, à tel point que, sous Néron, beaucoup de sénateurs n'avaient pas d'autre ascendance. Puis il s'occupa de combler les vides. Pour cela il s'adressa aux même* couches sociales dont il était lui-même issu. C'est à l'Italie et aux provinces qu'il demanda le regain de vie dont l'Etat avait besoin. La vieille noblesse républicaine était bien morte. Elle avait succombé avec la dynastie en qui s'incarnaient ses gloires anciennes, ses élégances et ses vices. A peine si elle se survit dans quelques représentants au siècle suivant. C'est une autre noblesse qui surgit : identique par la provenance, par l'esprit, à la dynastie nouvelle dont elle était la création. L'avenir devait justifier les larges

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