CHAPITRE I
Auguste et la fondation de l'Empire.
Leconnppomis entre la Républiqueet laMonarchie
(27 av. J.-C. — 14 ap. J.-C.)
§ 1. La politique d'Auguste. — § 2. Les pouvoirs de l'empereur. — § 3. La religion impériale. — § 4. La réforme religieuse et morale. — § 5. Le Sénat et l'ordre équestre. — g 6. La question de la transmission du pouvoir.
^ l. — La politique d'Auguste.
Lorsque la dernière armée de la République eut succombé avec Brutus et Cassius, lorsque la défaite de Sextus Pompée, l'abaissement de Lépide, la mort d'Antoine n'eut laissé au parti Césarien d'autre chef qu'Octave, toute résistance tomba. Le.s plus intraitables avaient péri par la guerre ou la proscription. Les autres, parmi les nobles, préféraient le présant avec .sa sécurité au passé avec ses périls. Et combien, dans les générations plus jeunes, en restait-ii qui avaient vu la liberté'.'
Cest en CCS termes que Tacite décrit la situation au lendemain d'Aclium (30 av. J.-C). Après tant de désastres publics et privés, les circonstaDces étaient
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favorables pour reprendre à nouveaux frais l'œuvre interrompue de César, et c'est en effet ce que fit son héritier et son vengeur, mais ce fut dans un autre 'esprit, par d'autres moyens, détournés et plus sûrs. Dans la politique qu'il adopta, la prudence entra pour beaucoup. La leron des Ides de Mars l'avait instruit et, malgré l'universelle lassitude, le danger d'un deuxième attentat ne lui paraissait pas conjuré, mais la suite des événements, la force même des choses suffisaient pour lui montrer la voie où il devait s'engager et qui cette fois aboutit à l'établissement définitif de la monarchie.
Les triumvirs avaient commencé par se partager l'empire en coupures arbitrairement et bizarement enchevêtrées. Puis ils avaient procédé à une répartition plus rationnelle. Antoine se replia sur l'Orient, Octave eut l'Italie avec l'Occident. A Lépide qu'on peut ne mentionner que pour mémoire, car il disparut très vite de la scène, on attribua l'Afrique.
Le lot d'Octave semblait au premier abord le moins avantageux. 11 trouvait l'Italie dans un état effrayant, affamée par la flotte de Sextus Pompée, bouleversée par les proscriptions et les confiscations, couverte de populations fugitives, en proie aux excès d'une soldatesque sans frein. Pour triompher de ces difficultés, un tout jeune homme à l'extérieur chétif, médiocre soldat, de petite et récente noblesse, sans autre titre que son adoption par César, n'ayant encore à son actif que les proscriptions ordonnées avec ses deux collègues et la victoire de Philippes, qui n'était pas la sienne et où il avait fait assez piètre ligure. Avec une habileté au-dessus de son âge il fit face à tout. Il étouffa la révolte italienne à Pérouse avec une énergie sauvage où l'on retrouva l'homme qui avait signé l'arrêt de mort de milliers de Romains (41). Mais ce fut son dernier acte de cruauté. A partir de ce moment, se dégageant de son passé sanglant, il inaugura ce gouvernement réparateur qui, de maudit