‹ L'Empire romain, évolution et décadenceChapitre 8 sur 21 · AUGUSTE ET LA FONDATION DE L EMPIRE · texte numérisé non relu

AUGUSTE ET LA FONDATION DE L EMPIRE

La mort de Lucius et de Caius ne laissa plus au vieil empereur d'autre ressource que de faire appel une dernière fois à Tibère. Il le replaça à la tète des armées où il s'illustra par de nouveaux exploits. Il lui renouvela sa puissance tribunicienne. Enfin il l'adopta en lui imposant pour condition d'adopter à son tour son neveu, le fils de son frère Drusus, héritier des talents paternels comme il l'était du surnom de Germanicus rappelant les victoires remportées sur les Germains. Germanicus était, par sa môreAntonia, petit-fils d'Octavie, ta sœur bien aimée d'Auguste. Parla il ne déshéritait pas tout à fait sa propre famille. Une idée moins heureuse fut celle qui consista à adopter, en même temps que Tibère, le dernier survivant des fils d'Agrippa et de Julie, Agrippa Postume, alors âgé de seize ans. Cette double adoption ne pouvait aboutir qu'à un conflit. Mais une tendresse sénile l'emporta sur la sagesse de l'homme d'Etat. Il ne tarda pas d'ailleurs à regretter son imprudence. Ou apprit en 7 ap. J.-C. que le jeune homme était déporté dans l'île de Planasia. Les raisons de cette mesure, à laquelle il est vraisemblable que les intrigues de Livie ne turent pas étrangères, demeurent obscures : Agrippa Postume aurait fait preuve d'un naturel violent et vicieux.

Le dernier obstacle était écarté du chemin de Tibère. En 13 ap. J.-C, à la suite de nouvelles victoires sur les Germains, il rentra à Rome où il célébra son triomphe. La puissance tribunicienne et Vimperium proconsulaire lui furent renouvelés encore pour dix ans. Ayant pris CCS dispositions Auguste pouvait mourir en se flattant d'avoir assuré la durée de son œuvre et ménagé, autant que possible, la transmission régulière, et en quelque sorte automatique, du pouvoir. Il termina l'année suivante, en 14, à soixante-seize ans, sa longue et laborieuse carrière, commencée dans le crime et continuée, sommetoute, par d'incontestables bienfaits.

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