‹ L'empire sumatranais de CrivijayaChapitre 12 sur 16 · Nouvelle ambassade quatre ans après (XVI, p · texte numérisé non relu

Nouvelle ambassade quatre ans après (XVI, p

782^65/1 çaka. C'est la date que porte l'inscription trouvée à Java et qui a été publiée en i885 dans les Bijdragen par Kern (^De sanskrit- inscri plie van Canggal (Kë(hi), uit çaka 65â (dans Verspreide geschrijten, t. VII, 1917, p. it/i-128). Le passage intéressant pour ce mémoire est le suivant dont je reproduis le texte en transcription, d'après Kern :

âsîddvîpavaram \javâkhijamalula)ulhâ{inja) divijâdkikarn smwpannam kanakâknraistadamarai ...

Il était (sic) une île excellente, incomparable, appelée Yava, fertile

'') Sylvain Li'vi, Pour l'histoire du Uâmâxjana , J. As., XI* série, t. XI, 1918, p. i53.

en céréales et autres graines , riche en mines d'or ; les immortels s'en sont emparés par etc. (sic) ...

Après avoir noté que le texte devrait avoir asti au lieu de âsît (vide supra, p. 176), Kern dit en note : «La traduction est défectueuse et incertaine (gebrekkig en onzeker); il manque un mot que je ne sais pas comment suppléer parce que je ne puis pas deviner l'intention du poète. La première syllabe peut être aussi bien s/Ar7 quesvân {ibid., p. 122, n. 2). Ce passage rappelle singulièrement celui de Râmdyana sur Yavadvïpa et Kern n'a pas manqué de signaler la concordance (mV/e supra , p. 17^). Je n'ai rien à ajouter à ce que j'en ai dit déjà i^supra, p. 176): il s'agit ici delà Yava = Java de nos cartes etl'épithète de kanakàkara «riche en mines d'or 55 est absolument injustifiée et inexplicable. La richessse en or est un fait spécifiquement sumatranais qui a été gratuitement transporté à Java sans qu'on puisse entrevoir la raison cjui a dicté de tels vers au poète.

7/12. Le roi de Fo-che, Witê ^M Licou- t'eng-wei-kong, envoie son fils à la cour de Chine pour offrir le tribut (XVII, p. 8).

776. L'inscription sanskrite de Vien Sa (XXIX, p. ki) commémore la construction de trois stupas effectuée sur l'ordre du roi de Çrïvijaya. Le texte épigrapbique donne au souverain les titres de : «roi suprême des rois 55, «Çrï Maharaja» et ajoute qu'il est «le chef de la famille des Çailendra (^litlér. : roi de la montagne) f^' 55. On a vu déjà (p. i65) que le second de ces titres est celui sous lequel fut connu par les Arabes, le roi du Zâbag<:Jâvaka qui est un autre nom de l'empire de Çrïvijaya.

? D'après l'inscription précédente, l'empire sumatranais

'^' Pour la traduction «roi de ia montagne^ au lieu de «roi des montsn, cf. mon compte rendu de Le royaume de Cnvijaya de Coedès dans /. As.. juillet-août 1919, p. 198-199.

[219] -^.( 163 JK-i—

s'étendait jusqu'à Vien Sa dans la seconde moitié du viii'' siècle. Le texte ne le dit pas expressément, mais le fait de la possession du pays par l'empereur sumatranais me paraît résulter assez clairement des titres souverains qui lui sont attribués dans ce document; un prince étranger indépendant ne s'en serait cerlainement pas accommodé dans son propre pays (cf., par exemple, l'inscription cola, XXXII, p. /i6). Viefi Sa est donc sinon une colonie de Çrîvijaya, tout au moins un pays de protectorat de l'empire sumatranais.

Si l'empire de Çrîvijaya fait acte de pouvoir souverain dans la baie de Bandon au viif siècle, c'est évidemment que ce territoire alors cambodgien et de langue cambodgienne (cf. l'inscription de Grahi, supra, XCI, p. 181) a été conquis par l'empereur sumatranais, qui s'est également emparé des autres états ou provinces maritimes de la péninsule malaise. C'est vraisemblablement vers cette époque qu'a dû avoir lieu l'expédition du Mabârâja du Zâbag ou Çrîvijaya contre le Cambodge. La relation qu'en donne Abv Zayd (XXXÏX, p. 69-61) a été rédigée au début du x'' siècle; Mas'îjdï rapporte les mêmes faits dans ses Prairies d'or, qui ont été rédigées en g 4 3 {^swpra, p. 62). L'un et l'autre s'expriment dans les mêmes termes : les faits dont il s'agit se sont passés -Uiii ^oj-xï ^ «dans les temps anciens 5?. L'expression est aussi vague que t^ jadis, autrefois 55 et ne peut se traduire cbronologiquement par une reculée déterminée; des informations complémentaires permettent seules de situer les faits dans le temps. L'inscription de Vien Sa me semble en tenir lieu. C'est donc au vin* siècle qu'on peut placer l'expédition victorieuse du Maharaja contre le Cambodge. A prendre à la lettre le récit de Mas'ûdï et de Abu Zayi) qui sont identiques dans le fond et la fonne, le Maharaja avait prétexté «un voyage d'agrément dans les îles de son royaumes, pour cacher le véritable but de ses armements

ninriiiuK's (^.wpra, p. 60). Le terme arabe employé : jjU-=>- bit.

«îles» peut s'appliquer à des possessions de la péninsule malaise qui est elle-même une iiyyf^ «île 55 ou rc presqu'île». Ce voyage d'agrément dans des possessions du Zâbag devait s'effectuer dans la direction du Cambodge pour pouvoir servir utilement les projets du Maharaja. Comme la seule terre continentale ou insulaire qui remplît ces conditions est la péninsule malaise, on en est amené à conclure que le Zâbag était déjà souverain d'une partie de la péninsule sinon de la péninsule tout entière au moment où le Maharaja allait venger l'insulte de ce « fou » de roi klimèr.

779 = 701 çaka. L'inscription sanskrite de Kalasan (XXVIIÏ, p. 38-/n) nous renseigne sur les résultats de l'expédition entreprise en 686 contre l'île de Java (XXVII, p. 36), plus exactement contre le roi javanais du centre de l'île. Qu'elle ait précédé ou suivi l'expédition contre le Cambodge, cette nouvelle campagne fut également victorieuse, car le texte épigraphique précité présente le roi « de la dynastie des Çailendra», c'est-à-dire de la dynastie régnant à Çrïvijaya, comme le véritable maître de Kalasan , faisant une donation à un temple situé en son propre royaume. Cette situation de fait est implicitement confirmée par un passage du Sin fang chou i^ihd.) qui relate le transfert à Grise (Java oriental) de la capitale de Java central, abandonnée au Çailendra victorieux dont l'occupation se prolongea pendant environ un siècle.

803-869. L'inscription bilingue, sanskrite et khmère, de Sdok kak thom qui contient la date de 97/1 çaka= 1062 — «c'est sans doute en cette année même qu'elle fut rédigée:? — a été éditée, traduite et commentée par Finot (^B.E.F.E.-O., t. XV, 1915, II, p. 53 et suiv.). Il est dit dans la partie khmère [ibid. , p. 71 ; pour le texte, p. 61 et 68-78; pour la traduction, p. 87 et 88): c^Alors S. M. Parameçvara (= Jayavarman II, 72^-791 çaka = 80 2 -86 9) vint de Java pour

régner dans la cité d'Indrapiira . . . Alors un brahmane nommé Hiranyadâma, savant dans la science magique, Aant de Janapada , parce que S. M. Parameçvara l'avait invité à faire un rituel pour que le Kambujadeça ne fût plus dépendant de Java et qu'il y eût [dans ce royaume de Kambuja] un souverain cakravartin . . . v L'identification de Çrwijaya à Zâhag <: Jâvaka = Yava = Jâba = Jàwa des textes arabes, entraîne automatiquement, pour ainsi dire, l'interprétation de Java par Java = Sumatra. C'est à la suite de la campagne du Maharaja au Cambodge — l'expédition ayant eu lieu vers la fin du viif siècle , ce qu'autorisent à poser l'inscription de Vien Sa et la relation de Mas'ùdi et Abu Zayd — que l'empereur sumatranais vainqueur aurait imposé au Kambujadeça un souverain de son choix. Le Zâbag se situant à Sumatra, Java propre est hors de cause, car ce que nous savons historiquement ne permet en aucune façon d'attribuer un tel rôle à l'un des souverains javanais contemporains de Jayavarman IL

8/i4-8/i6. Première mention du Maharaja du Zâbag dans un texte arabe, par Ibn Hordâ^beh [supra, XXV, p. 52).

85 1. Texte arabe du marchand Sulaymân (^supra, XXV, p. 53).

ix" siècle (fin du — ). Isiiâk bin 'Imrân, mort en 907, fait mention du camphre du Zâbag (^supra, XXVIIl, p. 55).

909. Ibn al-Fakïh donne quelques renseignements sur la situation elles produits du Zâbag [supra, XXXVI, p. bh).

908 (vers — ). Ibn Hosteii décrit l'ordahe du feu en usage dans le pays du Maharaja, à Pancur ou Baros de la côte occidentale de Sumatra (cf. mes Relalions de voijages , t. I, p. 79-80). C'est, dit-il, «un pays de l'Inde [hic) bien connu 55 (XXXVII).

90/i (ou 906 ). Envoi d'une ambassade en Chine par le San-fo-t'si [supra,]-), ili, lyetn. 1).

916 (vers — J. Abu Zayd fait, pour la première fois, une description un peu détaillée du Zâbag {^supra, XXXIX, p. 56 et suiv.) et de la cour du Maharaja. Suit la très importante relation de la campagne du Maharaja contre le Khmèr ou Cambodge. Dans ce texte arabe apparaît le nom de la ville ou état de Sribuza = Çrmjaya.

9/13 et 955. Dans les Prairies d'or et le Livre de l'avertissement (XL et XLI, p. 62 et 63), Mas'^ûdï donne des renseignements à peu près identiques.

960-962. Le roi de San-fo-ts'i, ^. M ili ^ ^ H 'fl Si-li hou-ta hia-li-t' an = Çrl Kuda Haridana (?], envoie une ambassade en Chine. Autre ambassade envoyée pendant i'hiver de la même année par le roi ^ ^1J ,% Jf^ Che-li Wou-ye=-Çvi Wuja(?),etau printemps de 962. Le dernier ambassadeur dit que le San-fo-ts'i s'appelait également ^ ^ Sien-lieou, vraisemblablement pour 5^^ Mo-&oM = *yiirt'-//eoif = Malâyu (^swpra, p. ly, n. 3).

971, 972, 97^, 975- Quatre ambassades envoyées par un ou des rois non dénommés.

980 , 983. Ambassades envoyées par les rois ^ '-^ Hia-tch'e ai 'M ^ Hia-tch'e (dans les deux cas il s'agit du titre indonésien Haji «roi 55).

983. Passage du religieux Fa-yu se rendant d'Inde en Chine. Il s'y arrêta encore en retournant de Chine en Inde [supra, XX, p. 22).

988-992. Autre ambassade en 988. A son retour de Chine en 990, l'ambassadeur apprit ctdans le Sud^;, en retournant à

San-fo-ts'i, que son pays avait été envahi par les Javanais qui l'occupaient encore au commencement de 992. Du Campa où il recueillit ces fâcheuses nouvelles, l'ambassadeur revint à la Cour et demanda à l'empereur de rendre un décret mettant le San-fo-ts'i sous le protectorat de la Chine. L'invasion du Sanfo-ts'i par les Javanais est vraisemblablement la revanche de l'invasion du centre de Java en 686 et de l'occupation de cette partie de l'ile par les Çailendra jusque vers 880 (supra, XXVIII, p. 3 8-/11). Autant que nous sachions, l'occupation javanaise du San-fo-ts'i fut de courte durée.

x' siècle. Al-Faris affirme l'identité de Sribuza et de l'ile du Maharaja (supra, LXVII, p. 'jk).

1000 (vers l'an — ). V Abrégé des Merveilles (^XLll, p. 63- G/i) fournit des informations sur le pays du Maharaja, Sribuza ,

Jàba et le Zâbag.

1 00 3. Envoi d'une ambassade en Chine par le roi de Sanfo-ts'i Çrïculamanivarman (supra, p. 19).

ioo5 ou 1006. La 21" année du règne de Râjarâja P"" (980-1012) une inscription est gravée commémorant la donation d'un village à un temple buddhique de Negapatam dont la construction fut commencée par le roi de Çrîvijaya Cûlâmanivarman (le souverain précédent) et achevée par son tUs et successeur Çrimâravijayotlungavarman (sM/;m^ XXXII, p. /i6).

ioo'7=-=92 9 çaka. La capitale de Java est détruite et son roi tué. Il s'agit vraisemblablement d'une campagne heureuse du Çrîvijaya, en représailles de l'invasion du San-fo-ts'i par les Javanais une quinzaine d'années auparavant (cf. P. V. van Stein Callenfels, De veroveraar vun Dhurmmawangça's kralon, dans Oudlieiliumlig verslag, 1919» P- i^^ et suiv.).

1008. Envoi d'une ambassade en Chine par le roi Çrimâ-

ravijayottungavarman , fils et successeur du précédent i^supra,

1017. Haji Sumatrabhûmi wle roi de la terre de Sumatra » envoie une ambassade en Chine (^supra, p. 19).

1028. Le roi Çrideva envoie en Chine une ambassade {^supra, p. 90).

io3o. Le roi Râjendracola P' (10 1 2-10/19) au cours d'une heureuse campagne s'empare des possessions métropolitaines et coloniales de l'empire de Çrivijaya {^supra, XXXI, p. kk).

io3o (vers — ). Birùni rapporte cjue les îles du Zâbag sont appelées dans l'Inde, suvarnadvlpa {\\A\\ ^ p. 64). Cf. également les informations contenues dans son Kânûn (^supra, p. 75).

1067. Devakala, l'un des plus hauts dignitaires de San-fots'i, se rend en ambassade en Chine {^supra, p. 90).

1068. Un des successeurs de Râjendracola P"", son fds (?) Vïrarâjendra P", prétend aussi, en 10G8, avoir conquis Kadàram et l'avoir ensuite rendu à son roi (le souverain de San-fo- Is'i; cf. HuLTZscH, Soulh-lndian Inscriptions, t. III, p. 192, iq5, 90 2, dans CœoÈs, Le royaume de Çrivijaya, p. h, n. à).

1068-1077. D'après le Wen hien t'ong k'ao (Ma Touan-lin, Méridionaux, p. 586), le ^ ^ Tchou4ien (ou pays des Colas) était, à cette époque, vassal du San-fo-ts'i.

1078-1085. Pendant cette période, des ambassadeurs sont envoyés en Chine (^supra, p. 21).

1080. Un étranger du Sud, qui avait la direction des affaires de son pays, apporte à Canton une lettre de la fille du roi écrite en caractères chinois [supra, p. 91).

1 oSa. Arrivée en Chine de trois ambassadeurs du San-fo-ts'i i^supra, p. 2 i).

io83. Nouvelle ambassade en Chine {^supru, p. 22).

io8ii±. Le roi de Kidâra = Çrïvijaya envoie deux ambassadeurs auprès du roi cola pour demander une exemption de taxes au bénéfice du village donné au temple buddhique élevé par les soins d'un de ses prédécesseurs, Çriculamaiiivarman [supra, XXXIII, p. /ly).

1088= 1010 çaka. Une inscription tamoule de cette date a été trouvée sur la côte occidentale de Sumatra, à LobuTawa, près de Baros. Elle rappelle un don fait par un groupe de personnes qui y sont appelées ^des i5oo??. C'est tout ce que le mauvais état de l'inscription apermisàHuLTzscH delire(cf. ^cwr. v4s., juillet-août 1919, p. 19^)-

1 09/1-1 09 7, ''Autre ambassade pendant cette période (p. 2 2).

1182. Harakî cite Tîle de Sribuza d'où l'on exporte le camphre (^supra, p. Ghy

11 5/1. Vide supra, XLVI, p. 65-66, les informations recueilhes et transmises par Edrisî, notamment sur les relations du Zâbag avec la côte orientale d'Afrique.

11 56. Ambassade envoyée en Chine par le roi du San-fo- Is'i que le texte chinois désigne sous le titre de Çrïmaharâja {^supra, p. 22).

1178. Autre ambassade [ibid.y C'est en cette année que paraît le Ling wai lai ta de Tcueou K'iu-rEi dont le Tchoii fan tche de Tchao Jou-koua reproduit textuellement le plupart des informations (p. 8-1 5).

1Q2I1. Le Mujam al-buldân de Yâkût, qui a été terminé le

H. G. FERIUND. 13

i3 mars de cette année, contient de brefs renseignements sur Râmî, Zâbag et Sribuza (^supra, p. 66).

12 25. Description du royaume de San-fo-ts'i et de ses quinze dépendances dans le Tchou fan tche de Tchao Jou-koua [supra, XVIII, p. 8-1 5).

i2 5od=. D'après l'inscription khmère de Jaya {^supra, p. i8 1 ) qui, dit CoEDÈs (Le royaume de Çr'wijaya, p. 36), « ne saurait être postérieure au milieu du xiif siècle 55, régnait à cette époque un roi du Malâyu appelé Kamraten Ail Maharaja çrimat Trailokyarâja Maulibhusana Varmadeva.

1208-1286. Ibn Sa'id fournit d'intéressantes informations surl'lijsulinde occidentale (^supra, p. 70-72).

126/1-1265. Conquête du Jâvaka = Çrïvijaya par le roi Jatâvarman Vïra-Pândya i^supra, XXXIII Us et XXXIII ter, p. /i8 et suiv.), qui Tit prisonnier le souverain sumatranais.

1275-1293. c^ Quelques dix jours après [, en 1293], rapporte le Pararaton (trad. Brandes, éd.KROM, p. 92), les troupes [javanaises de Tumapel] qui étaient allées conquéiir le Malâyu''^, revinrent avec deux princesses [du pays vaincu]. L'une d'elles, Raden (la princesse) Dara pôtak, devint la hinihaji (femme) de Raden Vijaya \^aUas Çrï (Sa Majesté) Kertarajasa]. L'aînée, [la princesse] Dara jinga, épousa un (leva [=roi] et fut la mère du roi de Malâyu, Tuhan (le Seigneur) Janaka, dont le nom {Jiasirlasir = ravis"^ était Çrï Marmadeva et dont le nom de règne fut Aji Mantrolot. La campagne entreprise contre le Malâyu et la chute de Tumapel eurent lieu dans la même année çaka 1 1 97 [= 1275] ...5?

Ce texte imporlanl demande quelques explications et rectifications. La date du début de l'expédition javanaise contre le

'*) Le Malâyu du lexle javanais désigne Sumatra. Vide supra, p. i83.

Malâyu ,1197 çaka = 1 q 7 5 , est exacte. Cette guerre fut entreprise parle roi de Tumapel Cri Kertanagara (nom posthume : Çivabuddha), le ^è M âj M M^ /JP ^'J Ha-fche Ko-ta-na-kia-la du Yuan che (k. 169, p. 5 v^j^Haji (le roi) Kertanagara. Raden Vijaya (le ± ^ iÈJ» llî T'ou-han P'i-chô-ye = Tuhan (Seigneur) Vijaya du Yuan che \apud Groeneveldt, Notes, p. 1^9]), nom de règne Çrî Kërtarajasa, entre en scène l'année de la prise de Tumapël : 121/1 = 1992 (cf. Pararaton, éd. Krom, p. 92, n. 8). Mon savant confrère, le professeur N. J. Krom a eu l'obligeance d'attirer mon attention sur le fait que le Nâgarakèrtâgama , dont l'auteur était mieux renseigné que celui du Pararaton, contient des indications préférables aux données de ce dernier ouvrage qui sont incontestablement inexactes. Kertanagara , d'après Prapanca , est mort en 121/1 = 1292 , l'année même de la prise de Tumapël (cf. Nâgarakërtâ-' gama, trad. Kern, éd. Krom, chant 43, strophe 5 , p. 112), C'est dans ce sens que doit être modifiée la note de Pelliot, Deux itinéraires, p. 332 , et mon Malaka, le Malâyu et Malâyur (/.is.,XPsérie,t. XI, p. /i8i-/i83,ett. XII, p.^ 68-70).

«Les troupes javanaises, dit le Pararaton, étaient allées conquérir le Malâyu. 55 Que faut-il entendre ici par Malâyu (telle est la graphie du texte sans â long) ? S'agit-il du Malâyu propre (avec ïâ long des Malais), c'est-à-dire du Minankabaw? La réponse n'est pas douteuse : Malâyu, en javanais, désigne l'île de Sumatra ; nous en avons pour témoignage certain le chant i3 du Nâgarakèrtâgama (2° éd. Krom, p. 5o et 1 2-1 3), où Tanah ri Malâyu et le pays de Malâyu 55 désigne incontestablement l'île de Sumalra tout entière. Il faut donc entendre ainsi la phrase précédente : «Les troupes javanaises étaient allées conquérir le Malâyu = Sumatra.» Il est, cependant, à peu près certain que la campagne ne s'étendit pas à toute l'île, mais fut dirigée contre la capitale de l'état souverain, en l'espèce le San-fo-ts'i =Çrïvijaya. C^ctte interprétation est confirmée

par le passage da Ming che où il est dit à propos du San-fo-ts'i : «A cette époque (iSyô) le San-fo-ts'i avait été déjà conquis par Java 55 (^supra, p. aS, etinfra, p. 287). Il s'agit ici du même événement, c'est-à-dire de la conquête de layô-iayS, enregistrée dans l'histoire javanaise sous le nom de conquête du Malayu. Si le Nngarakëriâgama et le Pararaton s'expriment ainsi, c'est que le Malâyu-Minankabaw, pays d'origine des Malais, a été autrefois l'état suzerain de l'île entière jusqu'au moment oii(Yi-TSiNG le dit expressément [supra, p- 6]) la suzeraineté est passée au Che-li-fo-che^Çrivijaya, dont on sait l'éclatante fortune sous la dynastie des Çailendra qui étaient eux-mêmes originaires du Minankabaw. On verra plus loin que l'influence politique du Malâyu sur les anciennes colonies de la péninsule malaise fut utilisée encore au xix'' siècle par les administrateurs anglais des Etablissements des Détroits i^Slraits settlementsy

12 55 et années suivantes. Le Mahâvamsa nous a conservé le souvenir des faits suivants : « La 1 1" année du règne de Parâkramabâhu II (roi de Ceylan qui régna de 12/10 à 12^5 ^^*) fut celle où un certain ro'\ jâvaka (^jâvaharâjeko [=roi de Zâbag]), appelé Candrabhânu, débarqua avec une armée de Javaka à Kakkhalâ, après avoir traîtreusement affirmé : «Nous aussi, nous sommes buddhistes. 55 Les guerriers jâvaka , qui étaient tous munis de flèches empoisonnées comme d'horribles serpents, se rendirent maîtres de tous les passages de rivières, tourmentèrent cruellement sans relâche tous ceux qu'ils rencontrèrent, se répandirent partout, parcourant en furieux l'île entière de Lanka (Ceylan) qu'ils ruinèrent . . . Ayant obligé les Jâvaka à prendre la fuite, le régent Vïrabâhu hbéra d'ennemis tout le territoire de Lanka. 55 Quelques années après,

(') Pour celle rectification à l'cirlicle de Ki:rn, cf. Rouffaer, Was Malaka emporium . . ., dans Bijdragen, deel 77, 1 gai, p. 83, n. 1.

rapporte encore le Mahâvnmsa , «ce fut à cette époque que le roi (landrablmnu qui, précédemment, avait été contraint de s'enfuir après une grande bataille, débarqua à Mahâlirtha avec une armée de Jâvaka, après avoir rassemblé une grande armée dans les royaumes Pândya, Çoja, etc., ainsi que des soldats tamouls ... 55. Cette nouvelle armée fut encore battue par VïraJjâhu (^apud Kern, Twee hrijgslochten uii des Indischen Archipel tegen Ceilon, paru en 1896 dans le tome XLVI des Bijdragen, ààns Verspreide geschriften, t. III, iQiS, p- 29 et suiv. Ces deux passages du Mahâvamsa sont dans LXXXIII, 36-/i8, et LXXXVIII , 6 '2-7 5 ; vide supra, p. 171). Comme nous savons par les inscriptions des rois colas (rtV/e supra, p. hh), que le Çrïvijaya a été en relations fréquentes avec la côte orientale de l'Inde, que Jâvaka est à la base de la notation arabe Zâbag (^supra, p. 171), il est permis de supposer que Colas et Sumatranais étaient alliés vers 1260 pour aller piller ensemble l'île de Ceylan; cf. également le témoignage du T chou fan tche qui compte Ceylan comme l'une des i5 dépendances du San-fo-ts'i {^supra, p. 1 hy^\

1286= 1208 çaka. Une statue de Amoghapâça Lokeçvara est envoyée par le roi javanais Kërlanagara à Suvarnabbûmi = Malâyu = l'actuel pays de Minaiikabaw dont le souverain est Çri maharaja çrîmat Tribuvanarâja Maulivarmadeva {vide supra, p. 179).

On a'^'groupé ensemble ci-dessous ,^des textes chinois et une inscription siamoise portant sur les années 1281-1801 qui nécessitent un commentaire spécial :

1281. «La 17^ année Iche-i/uan, au 12^ mois (c'est-à-dire tout au début de 1281), dit le Yuan che (k. 11, p. h r°), au

(>' Les inscriptions de Jatâvarman Vira-Pândya (supra, XXXIII bis et XXXIII Ivv, j). /18) rapjielanl la confuuHc do Jâvaka pur ce souverain, peu-

— ^«.( ]lli W— [230]

jout" meou-ym, de ^ i^lj ^- Sou-ia-man (Sulaymân), chargé d'une mission au royaume de /j'C ^Ij ^ Mou-la-yeou [= Malâyu], et d'autres, on fit des tchao-t'ao-che; ils portèrent à la ceinture une tablette d'or» (^apud Pelliot, Deux itinéraires, p. 826).

1281. « La 1 8' année tche-ijuan, au 6" mois (1281), quand "i^ >§, T Chan-sseu-ting (c'esl-à-dire ^^i'^^ ij^^ Samsu d-diii) , chargé de mission pour le royaume de Mou-la-yeou, arriva au Campa, son navire fut détruit; il envoya un messager demander pour lui un navire, des approvisionnements et des soldes supplémentaires; un ordre impérial lui donna plus de i./i 00 piculs de Y\zii (Yuan che, k. 1 1, p. 6 r", dans Deux itinéraires, p. 826).

1 292 ±1. A la fin de la fameuse inscription siamoise dite de Râma Khamheng (cf. C. B. Bbadley, The oldest known writing in Siamese, thc inscription of Phra Ram Khamaeng of Sukholhai I2g3 A. D., The Journal of the Siam Soc, vol. VI, part. I, 1909, p. 3o ; pour la date : G. Coedès, Notes critiques sur l'inscription de Râma Khamheng, ibid., vol. XII, part. I, 1918, p. i3-2 5), le texte épigraphitjue rappelle les conquêtes faites par le roi aux quatre points cardinaux, çt Dans la direction du sud, il conquit . . . Sithammarat et le rivage de la mer océane. n Sithammarat est la forme siamisée du skr. Çridharmarâja[7iagara], c'est-à-dire de Ligor'^^ sur la côte orientale de la péninsule malaise, par un peu plus de 8° nord^-'.

vent donner à croire que Gandrabliânu était un simple allié du roi pânijya dans les opérations entreprises contre Ceylan. Tous ces textes épigraphiqucs de rinde du Sud devront être étudiés comparativement pour en tirer des précisions, tant au point de vue des faits historiques que de la chrouoio^jie.

(1-2) (i) Le sanskrit ûagara «villes a abouti en cambodgien et siamois aux formes nohor, Hgor, lakkôn. On sait également que Aiikor, vulgairement Aiigkur, est également issu de nagara. Cf. PiiLLioi, bulletin critique du T'oung pau, t. XIII, 191a, J). A6G-/1G7. Çndhannarâja [nagara] rla ville de sa Majesté

1293. Yi-k'o-mou-sou, alias Ye-hei-mi-che , l'un des gêné" raux chinois qui faisaient campagne à Java, «envoya Tcliengkouei notifier les ordres impériaux au TJv ^ |^ Mou-lai-yeou [=Malâyu] et à d'autres petits royaumes; tous (les rois de ces pays) envoyèrent leurs fils ou leurs frères pour faire leur soumission 55 ( Yuan f/«e, k. 1 3 1 , p. 8 v", upud Pelliot, Deux itinénéraires, p. 3 2 6-3 2 '7 ).

129/1. Le 10° mois, «au jour yi-sseu, on renvoya les ambassadeurs du ^ 2E M Nan-wou-li (le Lâmurî des Arabes, au nord de Sumatra), du }^:^^M Sou-mou-tou-la (état de Sumatra, sur la côte nord-est), du |^ -^ $lj ^ Ki-mo-ia-mao (vraisemblable erreur de graphie pour \^ $lj -^ Mo-la-yu = Malayu) et du ^ f^f Tan-yang (sur la côte orientale de Sumatra) pour qu'ils retournassent dans leurs pays. On leur fit don de tablettes au tigre avec double perle, de tablettes d'or et d'argent, d'or, de soieries, de vêtements suivant le rang de chacun. Antérieurement, lorsque Ye-hei-mi-che allait en campagne contre le Tchao-wa (Java), il avait appelé (à se soumettre à l'empereur) les royaumes situés au bord de la mer. Sur quoi, le Nan-wou-li et autres (pays) envoyèrent des gens pour faire acte d'obédience. Comme on interdit (aux navires) de commerce de prendre la mer, (ces gens) restèrent à la capitale. A ce moment (c'est-à-dire en 129/1), on rapporta l'embargo (mis) sur le commerce; c'est pourquoi on les renvoya tous» [Yuan che, k. 18, p. à r°, apud Pelliot, Deux itinéraires, 3 2 "7-3 28).

1296. La 1''° année yuan-tcheng (1 295) de Tch'eng-tsong,

Dharmarâja (pâli : Dhammarâja) «le Roi de la Loi'?, a été fondée ou plutôt peut-ôlre simplement nommée par un roi siamois de ce nom (cf. Coedès, Documents sur la dyiiattia des Sukiwduyu, dans B.li.F.E.-O., t. XVII, 1917,11, p. -'i/i-45). — '-' Au mémoire cité dans la note précédente, ajouter un autre article de Goedè^, Les origines de la dynastie de Sukhodaija, dans 7. i4«., avriljuin igao, p. 233-2/i5,

le royaume de j'S Sien [pron. anc. *Syam, khmèr Syâm^ présenta une supplique en lettres d'or, priant la cour [chinoise] d'envoyer une mission dans ce royaume. Or, avant que cette supplique n'arrivât, on avait déjà envoyé une mission; c'est sans doute que ceux-là (c'est-à-dire les gens du Sien) ne le savaient pas encore. On donna à l'envoyé une tablette en or uni pour qu'il la portât à la ceinture. L'envoyé s'en retourna immédiatement; un ordre impérial envoya une mission pour partir avec lui. Comme les gens du Sien s'entreluaient depuis longtemps avec les m M '^ 5i Ma-li-yu-eul [= Malâyur] , tous à ce moment se soumirent. Il y eut un ordre impérial disant aux gens du Sien : «Ne faites pas de mal aux Ma-li-yu-eul afin de tenir votre promesse:? {Yuan che, k. 210, p. 5 v°, dans Deux itinéraires, p. 2/12).

1299. t^La 3" année ta-tô (1299), au printemps, le i*"" mois, au i*"" jour qui était houei-wei , les royaumes barbares Sien, des ^%\\ {^ Mo-la-yeou et du H ^ Lo-hou (sur le bas Ménam) vinrent chacun apporter en tribut des produits du pays. On accorda au prince héritier des barbares Sien une tablette au tigre» [Yuan che, k. 20, p. 1 r°, dans Deux itinéraires, p. 2/18).

i3ot. «C'est encore du même pays [de Malâyu] qu'il doit s'agir, dit Pelliot [Deux itinéraires, p. 828), quand il est dit {Yuan che, k. 20, p. 5 r°) que la 5° année yuan-tcheng (1801), le 8^ mois, «au jour meou-wou, ,|| ^ ^^ Ma-lai-hou et d'autres îles de la mer envoyèrent des ambassadeurs à la cour. »

Dans mon mémoire sur Malaka, le Malâyu et Malâyur (/. As., XP série, t. XII, 1918, p. i84 et suiv.), j'ai déjà étudié ces textes et l'interprétation qui en a été donnée n'a pas cessé de me paraître vraisemblable. En 1296, au témoignage

du Yuan che, les Ma-H-yu-eul «s'entretuaient depuis longtemps» avec les gens du Sien, c'est-à-dire, à celte époque, avec les Thaïs ou Siamois de l'empire de Sukhodaya. Or, ni texte, ni inscription ou tradition d'où que ce soit, n'indique explicitement ou implicitement que les gens du Sien aient jamais fait campagne à Sumatra. L'argument est décisif et il faut situer ces Ma-li-yu-eul ailleurs que dans la grande île indonésienne. Comme l'inscription siamoise de Râma Khamheng donne comme limites à l'empire de Sukhodaya = Sien, à la fin du xiif siècle : au nord, Luang Phrabang sur le haut Mékong, et au sud, Ligor = Silhammarat, sur la côte orientale de la péninsule malaise , c'est au sud de Ligor qu'il faut rechercher ces Ma-li-yu-eul = Malâyur (appelés également Mou-laiyeou, Mo-la-yu, Mo-la-yeou, Ma-lai-hou =Malâyu). La localisation de ces Ma-li-yu-eul ou Malâyu est précisée par les anciennes relations portugaises et le Ming che. ç^Les navires du Siam, rapportent les Commentaires d'ALBUQUERQUE i^Commenlarios, t. III, chap. xvni, p. cjli), ne viennent plus à Malaka avec leurs marchandises parce que [les Siamois] ont été constamment en guerre avec les Malaios (les Malâyu de Malaka). 55 Et plus loin (^ibid., chap. xxxvi, p. 179) : i^ Le roi [de Siam] a toujours été en guerre avec celui de Malaka; à cause de cela il ne fut pas fâché de voir [Malaka] détruit [par les Portugais].» Dans la notice que consacre à f^ $lj >&p Man-la-kia = Malaka , le Ming-clie ou Histoire des Ming, il est dit que « en 1^19, le roi de Malaka vint à la cour ... En s'en allant, il affirma que le Siam paraissait disposé à attaquer son pays. En conséquence, l'empereur envoya l'ordre au Siam [de ne pas attaquer Malaka] et ce pays s'y conforma» (cf. Groeneveldt, Notes, p. 2 5o).

Les gens de Malaka sont donc des Mahujo qui étaient «constamment en guerre » avec le Siam. Leur pays est limitrophe des possessions thaïs de Sukhodaya = Sien, que les Thaïs ont

conservées après leur descente sur le bas Ménam et que conservent encore leurs descendants, les Siamois modernes. Il me paraît hors de doute que ces Malaijo sont identiques aux Mali-iju-eul du Yuan che qui, à la fm du xnf siècle, r^ s'enlretuaient depuis longtemps» avec les gens du Sien = Siam. La concordance de ces informations de sources différentes me semble décisive dans ce sens. Le passage du Yuan che a trait à la période antérieure à 1296; les deux extraits des Commentaires font, au contraire, allusion à des faits postérieurs à la fin du xiif siècle, à ceux que signale le Ming che. Les textes chinois et portugais témoignent ainsi que l'état d'hostilité entre le Siam et ses voisins Malâyu de Malaka s'est maintenu pendant des siècles, malgré les interventions répétées de la cour de Chine pour le rétablissement de la paix entre les belligérants. On sait, enfin, qu'à l'époque mongole, V Histoire des Yuan (1 280-1868) ne fait aucune mention exphcite de relations entre la cour de Chine '^^ et le Malâyu ou le San-fo-ts'i de Sumatra.

En 1225, TcHAO Jou-KOUA énumèrc dans son Tchou fan tche, quinze dépendances du San-fo-ts'i ou Çrïvijaya dont huit sont situées sur la côte orientale de la péninsule malaise [supra, p. i3). Quelque cinquante ans après, les Thaïs de Sukhodaya, autrement dit les Siamois, se rendent maîtres de la basse vallée du Ménam et de la partie septentrionale de la péninsule malaise jusqu'à Ligor. Cette dernière conquête enlève au Çrïvijaya ses possessions coloniales de la péninsule qu'il occupe, au plus tard, depuis le vnf siècle <2) ^cf. supra,

(1) Cî. mon mémoire Malaka, le Malâyu et Malâyui', dans J. As., XI' série, t. Xll, 1918, p. 83 et suiv.

(2) L ambassade chinoise envoyée au Cambodge en 1296, trouve la campagne dévastée par la guerre siamoise. « Dans la récente guerre avec les Siamois, dit le Tchen-la fong tou ki, le pays a été entièrement dévasté;? {Mémoires sur les coulumes du Cambodge par Tcueou Ta-kouan, trad. et annoté par

XXIX, p. Al, l'inscription de Vien Sa). La progression du Si;im vers le Sud ne s'arrèla pas là et se poursuivit jusqu'aux détroits, car le Ming clie rapporte qu'en lAoS, Malaka payait au Siam un tribut annuel de quarante taels d'or (cf. Groene- VELDT, Notes, p. 2^8 et un renseignement identique dans le Ying yni cheng lan, ihicL, p. 9 63). Dans son *Xj|yUi iJca^ daté de i/iSy-i/i^o , Ibn Mâjid dit également (ms. 9992, folio 53 r", 1. 5-6) : -L<^i '^■.i ^sjû\^ iu-^ Jvji {sic) ^^L^-l^ «Singapour est par plus de 5 ^^inha des Farkadayn] et c'est là que se termine la côte du Siamw. Sulaymân al-Mahrî, dans son ^l^i cjU^, qui est de la première moitié du xvi^ siècle, s'exprime dans le même sens (ms. 2 55(), folio 71 r°, 1. 5-6) :

cj^-j^Ji (jj-o f»U-w*5^ j? f--^ ij^^ ^^iLs^.*« 'ss>*J^ yijviyiJî «[Là où] les Farkadayn sont par 5 \jshd, gît] Singapour; elle [est située] à l'extrémité de la côte du Siam, dans le sud 55.

Pendant le dernier quart du xnf siècle , le glorieux empire sumatranais s'écroule. La longue campagne des Javanais (1275-1293) a mis fin à l'hégémonie politique, militaire et navale du San-fo-ts'i en Insulinde et aboutit à une sorte de protectorat, car Tuhan Janaka, roi du Malayu de Sumatra, était fils de la princesse sumatranaise Dara Jinga ramenée par les troupes victorieuses, qui épousa un roi non dénommé, sans doute javanais^'l A la même époque (1276 et années suivantes), Candrabhânu envahit deux fois Ceylan et éprouve une double défaite '-l Enfin, les Thaïs de Sukhodaya s'emparent de toutes les possessions coloniales du San-fo-ts'i sur la péninsule malaise. Les ambassades à la cour de Chine qu'on trouvera mentionnées plus loin ne doivent pas donner le

Paul PelUot, datls B.É.F.E.-O., l. H, 1902, p. 173-, cf. épalonicnt p. i3i). Ces faits de {;uerro sont de la môme période que la conquête des coloules suma- Iranaises de la péninsule malaise.

^'' Vide supra, p. ;!r>G.

(-) Vide supra, p. 2(!8 et p. 17-.!, n. 1.

change : l'empire a vécu et la cour impériale recevra désormais l'hommage d'un simple vassal de Java. Raden Vijaya dont le nom de règne fut Çrï Kërtarajasa, fonde en 1216 çaka = 129/1 l'empire de Majapahit dont il est le souverain [prahhu, cf. Pararaion, trad. Brandes, éd. Krom, p. 1 28). Il avait successivement épousé les quatre filles de Kertanagara et la princesse sumatranaise Dara pëtak ramenée par les troupes javanaises victorieuses {^supra, p. 226). Un second grand empire se lève en InsuHnde, héritier des possessions de l'ancien Çrivijaya. Dans son Nâgarakërlâgama qui est daté de 1287 çaka = 1 365 , Prapanca les énumère complaisamment à la louange de son maître Hayam Vuruk, alias Çrï Râjasanagara et Saii hyan Vëkas in sukha^^', dans les chants i3, là, i5, 16 (cf. Nâgarahërtàgama, éd. et trad. Kern, 2* éd. Krom, p. 5o et suiv.) et 83, strophe k (^ibid., p. 186) : ce sont l'Insulinde et la péninsule malaise à peu près tout entières; le Campa, le Cambodge et d'autres pays de l'Inde Iransgangélique Ksont des amis constants 55 (chant i5); «sans arrêt, venaient en foule toutes sortes de gens des autres pays; du Jambudvïpa (l'Inde), du Cambodge, de la Chine, du Yavana, du Campa, du Karnâtaka, etc., du Gauda (l'actuel Gaur en Inde orientale) et du Siam ; ils venaient par des navires avec de nombreux marchands , des moines et de distingués brahmanes; ceux qui vinrent furent accueillis et restèrent volontiers [dans le pays]» (chant 83, strophe k). Ce sont les termes mêmes du poème vieux-javanais. La réalité historique est naturellement un peu en deçà des exagérations attendues d'un poète de cour. La ^^Xa ^^\^ ool5i^ ou Histoire des rois de Pâsè (cf. mes Relations de voyages, t. II, p. 666-669) donne, semble-t-il, un tableau plus exact de l'expansion territoriale de l'empire javanais en Insulinde; mais, cette rectification faite, il n'est pas douteux que les souverains

^'' Pour ce nom, cf. N. J. Krom, De hegraaf'plaaU von Hayam Wuruh, dans Bijdragen tôt T., L. en V. van Nederlandsch-Indië , deel 'jb, 1919, p. 25-27.

[237] -H^( 181 )kh—

de Majapahit fussent en relations avec tous les états de l'Extrême-Orient à l'exception du Japon, et que de l'Inde à la Chine, on tînt en juste considération le pays et les hommes qui avaient victorieusement repoussé l'attaque des troupes de Hubilaï H an.

1825. Information sur l'Insulinde occidentale dans la cosmographie de DiMASKi (^supra, p. yS).

1 273-183 1. Autres informations fournies par Abdlfid (supra, p. 7/1).

?. Récits consignés dans les Mille et une nuits [supra, p. iG-j) et le Livre des Merveilles de l'Inde {supra, \^. 62-68).

i865= 1287 çaka. Le Nâgarakërtâgama fournit des renseignements détaillés sur l'île de Sumatra qu'il désigne sous le nom de Tanali ri Malayu ^^pays de Malayu» [supra, p. i83).

1 878. Le roi du San-fo-ts'i '[Ë B fP M PrJ # Ta-ma-sana-a-tchô envoie une ambassade en Chine. Il y avait alors trois rois dans le pays [supra, p. 2 5).

187/1 et 1875, au 1^'- mois. Le roi .Ç| iI5 R& ^ # #15 Mana-ha Pao-lin-pang = Maharaja de Palemban envoie deux ambassades (sMpra, p. 26).

1875, au 9° mois, ambassade envoyée par ff flni ^^ ^ 1^ Seng-k'ic-lie-yu-lan, l'un des trois rois du San-fo-ts'i [supra, p. 2,5 , et cf. /. yl.9,, juillet-août 1919, p. 196, n. 2).

1876. Mort du roi Ta-ma-sa-na-a-tcho auquel succède son li!s BM'^ Wi M. Ma-na-tcho Wou-li -- Maharaja Wuli (?) qui envoie une ambassade à la cour de Chine l'année suivante pour demander son cxcqualur à l'empereur. «A cette époque,

ajoute le texte , le San-fo-ts'i avait été déjà conf|iiis par Java. Le roi de ce dernier pays [c'est-à-dire l'empereur de Majapaliit] apprenant que l'empereur de Chine avait nommé un roi pour le San-fo-ts'i , devint très en colère et envoya des gens qui tendirent une embuscade aux envoyés impériaux [apportant l'exequatur de la cour de Chine] et les assassinèrent, v Le Ming che ajoute ensuite cette curieuse phrase : « L'empereur de Chine ne pensa pas qu'il eût le droit de punir le roi de Java pour cela. Après cet événement, conclut YHistoire des Ming, le San-fo-ts'i devint peu à peu de plus en plus pauvre et n'envoya plus de tribut w {^supra, p. 2 5-2 6).

XV* siècle. A partir de i/io5, des désordres se produisent et des Chinois établis dans le pays s'emparent du pouvoir avec l'aide de compatriotes du Fou-kien et de Canton. L'ancienne dynastie des Çailendra n'existe plus ou ses représentants dégénérés passent complètement inaperçus et disparaissent, tels, au xix'' siècle, les derniers successeurs des grands Mongols de l'Inde.

Reste le Malâyu propre, je veux dire l'ancien suzerain du Çrivijaya au vif siècle , l'actuel pays de Minaiikabaw. L'épigraphie ne nous fournit c|ue quelques noms de souverains aux xnf et XIV* siècles. Les inscriptions sont généralement assez développées, mais leur contenu est totalement dénué d'intérêt en dehors du nom royal et de la date. Celle de 1208 çaka (^supra, p. 1 y^) est extrêmement importante; celle de 1 260 rh est importante aussi, car elle est rédigée en cambodgien et a été trouvée dans une ancienne possession de l'empire sumatranais. Les autres textes épigraphiques n'ont de valeur que par les noms des rois dont elles commémorent les règnes. En voici la trop courte liste :

1 2 5 G i ? : Trailokijarâja-maidihhûsana-varmadcea = le Var-

madeva — ornement du diadème — du roi des 3 mondes i^supra, p. i8i).

iao8ç. = 1286: Tribuvanarâja-mauli-varmadeva = \e\armadeva — diadème — du roi des 3 mondes [sufra , p. 181).

?. Advayavarman, père du roi suivant.

1969 0=13/17: Àdityavarman (ou Udayàdityavarman, ou encore A[ jyâditynvarma) rnjendra-maidimam (var. maulimaUyvar madeva = le Varmadeva — joy^^u du diadème de rindra des rois. Il en est question dans les inscriptions de

1278 ç. = i356, 1269 ç. == 13/17. L'inscription de sa pierre tombale de Kubiir Raja (Minankabaw) est datée de 1 3oo d= ç. =

1378 et il y est titré Kamhamcdinmdra w souverain de la terre de l'or 55 = suvarnabhûmi du Malâyu de Tinscription de

1208 çaka ci-dessus (^supra , p. 182).

?. Anangavarman, fils du précédent; il fut probablement son successeur (ibid.).

1/189. Description de Sumatra par le mualUm Ibn Mâjid {^supra, p. 79-8/1).

xvi° siècle (première moitié du — ). Description de Sumalra d'après «j-qJII s^iJî et ^l^li (J^i du mualUm Sulaymân al- Mahrï (^supra, p. 8 3- 10 A).

Nous sommes redevables à Newbold, l'auteur du Pohtical and slatisiical account oftlie Brilish scttlements in the Straits oj Malacca (•2" vol., in-8% Londres 1839), de la connaissance d'un document de haute importance appelé Trumba piisaka «loi de succession n, Trumba pusaka Minnitkabaw «loi de succession du Minankabaw w, ou encore Trumba Minahkabaw «loi du Minankabaw», dont j'ai récemment donné une traduction nouvelle (dans Malaka, le Mnlài/u el Mnldi/iir, ./. As,, XI" série, t. XII,

1918, p. 5i et suiv.). Ce document a été rédigé vers 1826; c'est une lettre d'intronisation de Raja Lâbu comme Yah dipërtuan (iitt. : «celui qui est fait maître, qui est reconnu comme maîtres, le souverain suprême) des quatre états dissidents de la péninsule malaise qui continuaient à reconnaître l'autorité traditionnelle du Minankabaw. Le signataire du Trumha pusaka est le Grand Sultan Maharaja di râja de Minankabaw. Il affirme une suzeraineté purement nominale, mais qui rappelle une ancienne suzeraineté effective, sur l'île de Sumatra tout entière et sur l'état javanais de Bantën ou Bantam qui faisaient partie de l'ancien Çrïvijaya. Si on se rappelle qu'en 1826, le sultan de Minankabaw était un simple souverain indigène soumis à la Hollande et qu'il intronisait un autre souverain indigène résidant en territoire colonial anglais, on pourra juger du prestige qu'avait conservé, longtemps après la conquête étrangère, l'héritier des titres et prérogatives du grand empire sumatranais disparu. Quatre Yah di-përtuan de la péninsule malaise furent successivement désignés et intronisés par le sultan de Minankabaw : Adil qui mourut en 1796 ou 1796; Hïtam, mort en 1808; Leiigan Laut, mort en 1824. Râja Lâbu intronisé en 1826, ne régna que six ans. A partir de 1882, son successeur fut désigné dans le pays même et on n'eut plus recours au sultan de Minankabaw. Les exigences de la politique coloniale mirent fin à la pratit[ue qui consistait à demander à un souverain soumis à la Hollande, la nomination du chef des sujets britanniques indigènes de la péninsule malaise.

Tels sont les renseignements que nous fournissent les textes sanskrits, pâhs, chinois, tamouls, arabes, persans, cambodgiens, siamois et indonésiens pendant quelque quinze siècles. Ces informations présentent de grandes lacunes que l'avenir comblera peut-être; mais les faits parvenus à notre

connaissance, ceux surtout qu'a rapportés Yi-tsinf^, sont assez nets et précis pour faire revivre la grandeur de l'ancien empire sumatranais. Le Çrîvijaya entre dans l'histoire générale de l'Asie orientale au moment où régnent, en Chine, la grande dynastie des T'ang (618-906); à Bagdad, les illustres khalifes abbassides Hârûn ar-Rasid (786-809) et son fils Al- Mâmûn (81 3-8 3 3), tous deux contemporains de Chaiiemagne. L'Inde a accompli cet autre miracle insoupçonné : la création à Sumatra d'un centre de civilisation indonésienne, qui dès le VIII* siècle, avait pour roi un souverain cakravartin dont la renommée s'étendra, au x% jusqu'au lointain Népal.

On aurait dû s'en douter plus tôt^'); mais nous avons tous été victimes d'une illusion d'optique. Les relations occidentales sur rinsulinde de la fin du xiii" et du xiv* siècles (Marco Polo, Odoric de Pordenone) et des siècles des découvertes (relations portugaises, hollandaises, anglaises et françaises), présentent généralement Java comme une île riche, prospère et d'antique civihsation; Sumatra, au contraire, est un pays de sauvages et d'anthropophages. Cette impression s'accentue et se précise au fur et à mesure qu'on retrouve à Java des ruines de palais et de temples d'une incontestable grandeur; elle s'étabHt définitivement et s'impose par la découverte de ce splendide monument qu'est le Boro-Bodur, achevé dans le courant du ix* siècle '^l

(') Dans une note à sa traduction du Ta t'ang si yu k'ienu fa kao teng Ichouan de Yi-tsing, Chu^kj^urs {Religieux éminenls , 189/1, P- ^o^) avait montré l'identité du Che-li-fo-che et du Zabedj [sic) et rappelé le passage do Birûni sur le suvarnadvïpa {supra, p. 6i). Ainsi présentée, l'identification n'allait pas de soi, car il n'y a aucun rapport piionéticiuc entre les transcriptions chinoise et arabe; elle ne fut pas adoptée. Quinze ans après, Gkiuni la reprit dans ses Reseavches on Plolenu/s geography of Easlern Asia (Londres, 1909, in-8°; voir à l'index, s. v° Zàbej) où il transcrit également Zâbej. A son habitude , l'auteur restitue toutes les formes imaginables sans s'arrêter à la seule correcte avec ^ en fonction de gutturule sonore; et on n'en tint pas compte.

''' Cf. Archaeologisch Onderzoek in Nedurlamhch-ïndié. III. Bcschriiving van

H. G. FKnn.l.ND. i3

Tout récemment encore , l'île voisine ne présentait rien de pareil. Ses titres sur pierre à une ancienne culture étaient peu nombreux et inconnus, donc inexistants pour l'historien. Sa population actuelle ne conserve pas de traces d'un glorieux passé : Atchinais du Nord, Bataks de l'Ouest, Malais de l'Est, Minankabaws et Lampons dn Sud ont tout à fait allure de barbares. Les textes chinois qui ont tant à nous apprendre sur Sumatra n'avaient pas été traduits; les inscriptions tamoules et les géographes arabes étaient mal interprétés. Nous sommes enfin mieux informés grâce aux recherches entreprises sur place et à l'étude d'un grand nombre de documents orientaux. La réunion de tous ces témoignages est singulièrement instructive et il s'en dégage, presque automatiquement, un point de vue nouveau qui est exposé dans ce mémoire.

Kern termine son article intitulé : Java en het Goudeiland volgens de oudste berichten^^^ par les conclusions suivantes : « 1° D'après la conception dominante, Suvarnadvîpa et Yavadvîpa étaient une [seule et même île]; q° deux îles initialement différentes furent confondues l'une avec l'autre; 3° au sens propre, Suvarnadvîpa est Sumatra, et Yavadvïpa, Java; li° Sumatra (ou une partie de Sumatra) et Java ont été considérées comme un tout, peut-être parce que les deux îles faisaient partie d'un même groupement politique; 5° par Yavakoti

Barabudur, samengesteld door N. J. Krom en T. van Erp. 1" deel. Archaeologische Beschrijving door N. J. Krom, s'Gravenliage, 1920, gr. in-4°, viii- 791 pages, avec atlas de liks planches in-folio. Sur cette magistrale publication, cf. le compte-rendu de Finot, dans B.É.F.E.-O., t. XX, 1920, IV, p. iSS-i/ig. D'après l'étude paléographique des épigraphes, Kern fixait la date de construction du Boro-Budur vers 85o; Kkom indique 760 à 800 de notre ère. 11 est à peu près certain que ce temple fameux a été achevé dans le courant du ix° siècle (Finot). D'après une récente note de Coedès {A propos de la date d'édification d'Angkor Vat, dans/, is., janvier-mars 1920, p. 96-99), wAngkor Vat ne saurait être antérieur à ma A. D.n.

(') Publié en 1869 dans les Bijdragen, réimprimé en 1916 dans le t. V des Verspreide geschi'iften,^. it'4.

«la pointe de Yava»''*, on a désigné proprement le cap oriental de Java. 5) A mes yeux, ces conclusions ne sont pas entièrement justifiées. Sumatra et Java ont été, il est vrai, désignées sous le même nom : Yava et ses dérivés; nous en avons l'assurance certaine pour Sumatra par Marco Polo et les textes arabes jusqu'au xiv' siècle (voyage de Ibn Batûta). Mais, dans les passages du Râmâyana et de la Géographie de Ptolémée que j'ai reproduits (supra, p. 202 et 209), Yavadvipa est pour moi, Sumatra. Des environs de notre ère à la seconde moitié du 11' siècle, Java était vraisemblablement moins bien connue que Sumatra dont la richesse en or est notée comme un fait remarquable par Vâlmîki et par le géographe alexandrin. Ce n'est que beaucoup plus tard que cette richesse a été inexactement attribuée à Java, grâce sans doute à l'identité de nom des deux îles et parce que Yava > Jâiva désigna postérieurement la seule île de Java. Enfin, Yavahoù me semlDle plutôt devoir être interprété par «pointe de Yava = Sumatra ».

Cet article a été écrit en pieux hommage à la mémoire de Hendrik Kern (2). Le maître regretté auquel l'Institut royal de La Haye élève le beau monument, perennius aère, que sont les Verspreide Geschriftcn, était un orientaliste illustre; mais il fut aussi un grand citoyen épris de vérité et de justice, inflexible en matière de droit et d'honneur, affectueux et tendre dans son milieu familial, fidèle et dévoué à ses amis et ses élèves, inlassablement obligeant à tous, ainsi qu'en peut témoigner, avec bien d'autres, le signataire de ces lignes '^l. Le savant était, chez lui, de premier ordre; fhomme fut toujours égal au sa-

'■' Vide supra, p. 21 3.

(^) ^é le 8 avril i833, Kern est décédé le /i juillet 1917. Cf. l'arliclc nécrologique auquel il est fuit allusion dans la noie suivante.

'') Cf. l'article nécrologique de S«odck HuncnoNJE, dans Uijdiafrcn loi de T., L. en V. van A'.-/., deel 73, 1917, uolammeut [>. vu.

vant. Tel parmi nous son souvenir demeure, admirable modèle et perpétuel enseignement '^l

('' MM. N. J. Krom et Ph. S. van Ronkel, de rUniversité deLeyde; Gaudefroy-Demo.mbynes et Paul Pelliot m'ont obligeamment fourni de très utiles indications. Je leur en exprime ici mes plus cordiaux remerciements.

[Extrait du Journal asiatique, juillet-septembre et octobre-décembre igaa.)

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