CATÉCHISME FINANCIER
Tant qu'y n'existera pas une rente populaire perpétuelle i les économies du peuple, qui sont l'objet des convoitises (Us monopoleurs, seront converties en pre iR'iide», en couvents, en châteaux, en canous, en bastilles, en échafauds.
( Leçons de Vexpèrienct.)
Qtt'est-ce qu'une société?
C'est la réunion de plusieurs personnes qui se promettent de coopérer mutuellement soit par le talent, soit par le travail ou par la propriété, à la réalisation d'un but quelconque.
Quelles sont les bases fondamentales d'une société?
La mutualité et la justice. La première commande à chaque associé de faire ou de contribuer à tout ce qu'il a promis pour atteindre le but de la société; la seconde, de répartir les pertes et les bénéfices entre chaque associé, suivant les capitaux de talent, de travail ou de propriété qu'il a apportés.
Quelle différence y a-t-il entre une société économique et une société politique?
En droit, il ne devrait y en exister aucune, parce que la justice est une.
Mais pourquoi l'appelle-t-on politique?
Pour mieux définir le mot politique , nous dirons qu'il répond parfaitement au mot mutualité, parce que son devoir est de faire respecter , comme cela arrive dans les sociétés économiques, la distribution égale des bénéfices que savent se former tous les peuples par la mutualité entre le talent, le travail et la propriété.
La politique n'altère point les bases de la justice; elle devrait même être plus scrupuleuse, parce qu'elle se rapporte uon-seulement à la justice qui devrait présider à la gérance de la société qu'elle administre à l'intérieur, mais aussi de celles que les autres administrent à l'extérieur.
Quel serait donc le meilleur gouvernement d'une société politique ?
Celui qui , procurant la plus grande somme de bénéfices a ses gouvernés à l'intérieur, coopérerait à en faire obtenir autant, par le moyen de la mutualité, aux autres peuples, afin que, en échangeant les fruits du talent, du travail et de la propriété, ils coopérassent mutuellement à l'amélioration de la vie physique et de la vie morale.
Mais pourquoi n'a-t-on pas encore vu un parfait gouvernement politique ?
Par la raison très-simple que le gouvernement n'a pas su ou n'a pas voulu étudier, ni laisser étudier à l'homme les moyens de s'organiser en une commandite parfaite. Les hommes, après s'être accrus sur la terre, perdirent le type de la mutualité qui régissait les premiers ]>cuples, type qu'ils faisaient représenter par des tailles , et que nous appelons sociétés patriarcales. Depuis ce moment la société s'est vue changée de commandite en brigandage, tantôt bien et souvent mal organisé, par le monopole du plus hypocrite, du plus rusé, du plus fort et du plus riche.
Comment s'est perdu ce type ?
Lorsque l'accroissement des hommes les poussait à se répandre sur la terre pour pourvoir aux besoins de la vie, peu à peu commença à se faire seutir le besoin de quelque chose qui, par sa valeur, pût suppléer aux échanges qui devaient s'exécuter sur un étroit rayon de terre. Alors, étant né le besoin de donner une valeur aux choses que l'ou échangeai t t l*égoïsme naturel de l'homme commença à faire usage de la ruse, de la fraude et* du mensonge pour chercher à obtenir plus qu'il ne donnait.
Comment se fait-il que de ces premiers abus il résulta tant de maux pour l'humanité?
L'homme, bon par essence, parce qu'il est animé par la vie universelle dont il est le meilleur accident, sent avant tout les besoins matériels; et, lorsqu'il sort de cet état normal qui l'empêche d'abuser de ce qui n'est pas à lui , il commence à le faire impunément, poussé par l'irrésistible tendance qu'il a en lui-même à s'améliorer.
Comment l'homme peut-il retourner à cet état normal ?
Il n'y peut retourner que par la force d'un fait et non par celle des opinions. Celui qui se trouve bien y reste. Alors le seul remède est de trouver un fait qui procure le bien à ceux qui se trouvent mal , qui donne l'espoir de se trouver mieux à celui qui se trouve
bien. Un projet de réforme avec réaction est un non-sens , parce
que l'homme vaincu et déchu de ses jouissances travaillera à en faire autant que son vainqueur, histoire de toutes les guerres et de toutes les révolutions.
Et comment croyez-vous que cela puisse avoir lieu saus réaction?
Dieu qui anime toute la création, et qui daus l'homme seul a voulu transmettre le droit de se faire représenter sur cette terre par le moyen de la rationalité, Ta mis à même d'améliorer son essence divine, lorsqu'il saura améliorer avant tout sa nature humaine, ou l'enveloppe de sa spiritualité que nous appelons corps.
Que doit- il donc opérer par le moyen de la rationalité ?
Se convaincre avant toute chose qu'il est dieu comme homme pensant, et brute comme être matériel. Alors sa raison lut suggérera que, pour vivre la vie physique, il doit recourir à l'instinct qu'il a en commun avec toutes les brutes, et que pour vivre la vie morale il doit recourir à l'intelligence qu'il a en commun avec Dieu,
Quelle est la part que l'homme doit pratiquer par instinct?
Celle de travailler selon ses capitaux naturels, en les associant à ceux des autres, parce que la raison et le fait lui prouvent que seul il ne peut rien faire, à moins que de se nourrir comme les brutes et de se rendre tout-puissant comme la divinité qu'il représente sur la terre, en associant sa part divine, qui est l'intelligence, pou rvivre le mieux possible pendant la durée de son existence matérielle sur la terre.
Comment faire pour passer de ces convictions ù la réalité?
La vie étant'uu fait, on ne peut la nourrir que par l'aliment des faits? Le premier fait que l'homme apprend est celui de sa faiblesse, comme individu , et de son omnipotence comme associé. Il commence par recevoir les premiers soins de sa famille pour ensuite tirer parti de ceux de la société. Ainsi l'étude de l'homme sur la terre doit viser à améliorer les institutions sociales de manière qu'elles répondent aux bieufaits de la famille, laquelle commence avant tout à s'occuper du physique de ses membres et ensuite de son moral.
Que doit faire maintenant l'homme qui s'est tant éloigné de ce type pour retourner aux bienfaits de la famille?
Rien autre chose que vouloir et obliger, par sa propre volonté, le non-vouloir des autres, afin qu'ils se trouvent volontairement ou forcément dans un état normal de famille.
Comment doit-il montrer cet acte de volonté ? Par le moyen des actes de foi , d'espérance et de charité qu'il emploie pour mériter la vie future , moyeus également bons pour
soutenir la vie présente. L'homme doit avoir foi en lui-même et dans les autres, doit espérer de soi et des autres, et doit avoir charité pour soi et pour les autres. Avec ces trois vertus sociales,
il se trouvera aidé mutuellement par ses co-associés. En quoi consiste la foi ?
La foi est appelée Crt tlàl par les hommes réunis en société, et plus est grand le crédit que Ton accorde à la société dont on est membre, plus se multiplient les moyens d'existence. Tous les actes qui ont lieu dans les - moindres achats ou ventes de tous les jours, ou dans les transactions à longue échéance, ne sont autre chose que des actes de foi entre celui qui reçoit et celui qui donne. Si cette foi disparaissait pendant une heure du milieu des hommes, toute société civile disparaîtrait avec elle et l'on ferait retour à l'état sauvage. Le boutiquier qui vend le pain, le vin, la viande , etc. , l'ouvrier qui fournit son travail , le savant qui instruit les autres hommes , l'industriel et le commerçant qui créent ou font circuler la richesse, vivent tous de leurs actes de foi réciproques. Il arrive donc que toutes les choses que les hommes échangent pour vivre réveillent l'idée que le vendeur crut d'abord qu'il serait payé, ensuite que l'acheteur en donna le prix ou promit de le donner. Ainsi donc l'homme sera heureux, ou pour mieux dire, sera dieu sur la terre, lorsqu'il saura se mettre dans l'état normal de se faire faire crédit par ses eo-associés pour autant qu'il peut leur donner de talent, de travail ou de propriété, et vivre d'échanges, comme lirent les premiers associes sur la terre, et comme font encore aujourd'hui les pâtres daus les bergeries
En quoi l'espérance doit-elle consister ?
Après avoir eu la foi, il faut espérer que l'on en aura la récompense. L'homme achète une propriété , une marchandise , une rente, etc., parce qu'il espère en obtenir une augmentation de richesse. Ainsi il arrive que cette richesse devient plus importante à mesure que cette espérance est mieux compensée par la foi que l'on a eue dans cette transaction : et comme toute transaction fait supposer un bénéfice chez les contractants, le grand art
1 Dans le cours des Annales, nous donnerons un modèle de bergeries que Ton administre d'après les règles de notre Dancocratie, et dont nous avons conçu la formule avant de connaître le Grand-Livre, la Banque et la Course.
de la vie est de provoquer le plus grand nombre de transactions sur les choses produites et celles consommées. En quoi la charité doit-elle consister ?
L'homme devenant riche par le secours du talent, du travail ou de la propriété des autres hommes, il doit reconnaître en eux autant de mines qui peuvent l'enrichir d'autant plus souvent qu'il les fouille. L'homme donc, à part le sentiment religieux qui lui ordonne la charité, et faisant prévaloir celui de son égoïsrae, se procurera d'autant plus les moyens d'exister qu'il répétera, par pure spéculation, et le plus souvent possible, ces actes de charité intéressée.
Maiutcnant dites nous , en admettant que tout le monde veuille faire tout ce que vous venez de nous dire, comment pourronsnous arriver à sa réalisation?
Rendre le gouvernement le centre où tous les gouvernés puissent déposer indéfiniment leur propre argent, qui représente la production universelle avec laquelle on rétribue le talenl et le travail, et l'on améliore la propriété. Alors le gouvernement en formant cette caisse centrale reçoit tous les jours l'argent de tout le monde pour augmenter les capitaux de tous. Cet argent étant «ne matière inerte en elle-même, et recevant une valeur de la richesse qu'ont produite le talent et le travail en s'en alimentant, tend à sortir de la caisse du gouvernement pour créer indéfiniment de nouvelles richesses. Mais ces richesses étant aussi des choses inertes en elles-mêmes, elles reçoivent une valeur du prix que l'homme y attache, obligé qu'il est de se les procurer avec l'argent. Ainsi la richesse deviendra d'autant plus considérable au bénéfice des associés, que sera rapide ce mouvement de l'argent, qui du particulier passe dans la caisse du gouvernement, et de celle-ci aux mains de ceux qui emploient le talent ou le travail pour améliorer la propriété inerte.
Mais pourquoi ne pas reconnaître que la propriété devrait être
abolie ?
Par la raison fort simple que la nature nous enseigne par la puissance des faits , malgré toutes les discussions des métaphysiciens, que la propriété est susceptible d'être appropriée comme matière solide, ou comme matière liquide stagnante. De la même manière, la nature nous apprend que les fluides ou les liquides qui ne s'ar rétent pas ne forment pas une propriété, parce qu'ils ne sont pas
susceptibles d'appropriation. Cependant la nature elle-même a voulu que la propriété soit stérile si elle n'est pas fécondée par le talent et par le travail de l'homme, qu'elle soit indéfiniment fécondante jusqu'à la fin du monde , et qu'elle rétribue une récompense au talent et au travail qui la fécondent. Par conséquent le propriétaire stupide et stérile, que l'homme de talent ou de travail croit plus riche que lui, sera beaucoup moins riche que lui parce que, le travail une fois organisé, le savant, l'administrateur, le cultivateur, l'ouvrier, etc., se trouveront co-propriétaires par la fécondité de la richesse artificielle combinée a l'inféconde richesse naturelle. En outre, le talent et le travail ont pour eux lesdeux autres éléments, les fluides et les liquides qu'ils font agir sur la terre pour la rendre féconde et qu'ils transforment en richesse par leurs découvertes ( telle que la vapeur), par la navigation, par la pèche et par tant d'autres biens qu'ils trouveront dans ces deux déments plus productifs que la propriété solide.
Mais comment garantir cet argent de la mauvaise administration ou de la cupidité de ceux qui ont la caisse dans les mains?
Le gouvernement se rendant dépositaire de l'argent de tous les citoyen*, ceux-ci acquerront par cela seul le droit d'intervenir dans le choix de leurs administrateurs, ce qui doit conduire au vote universel. Cette garantie suffirait à elle seule, même sous la mauvaise organisation actuelle des gouvernements; car la ponctualité qu'ils mettent dans le paiement des intérêts de leurs dettes est une preuve qu'ils craignent tous les maux qu'ils ont essuyés lorsqu'ils oui voulu malverser l'argent du peuple.
Mais alors, me dira-t-on , votre réforme ne pourra avoir lieu parce que ces administrateurs ne voudront pas être assujettis aux na ines lois que leur gouvernement responsable?
Les rois, dans celte nouvelle combinaison de gouvernement , régneront y mais ne gouverneront pas , comme cela se fait chez les n. nions constitutionnelles. Ils se soustrairont, au contraire, à l'humiliation de régner par la grâce des usuriers et d'être mystifiés par leurs ministres, qui usurpent leur pouvoir pour opprimer leurs sujets dont ils devraient être les pères. Par ce nouveau système, les rois deviendront le symbole de l'affection du peuple, parce que l'ordre et la paix formeront la base de cet organisme : ils transmettront leur couronne à leurs dynasties jusqu'à la fin des siècles, parce qu'ils seront soutenus parJ'in-
térèt de tous les citoyens, devenus actionnaires du trône : ils resteront héréditaires pour ôter à toute autre personne l'ambition de monter sur le trône : ils ne représenteront plus enfin une personne, mais le symbole de l'unité divine sur la terre, comme Dieu est le symbole universel de la création
Pourquoi dites-vous que les rois deviendront un symbole et non une personne ?
Les hommes vivent physiquement de faits et non pas d'idées. Ces faits , reconnus dans la vie physique qui est la première vérité que l'on sent, sont représentés par des chiffres qui sont la seconde vérité que l'on comprend. Egayant donc d'autre moyeu pour exister que de recourir aux chiffres pour étminérer les faits arrivés ou possibles , l'homme a besoin de l'unité qui est la base de tous les chiffres composés. Alors l'iutérét lui conseille de respecter la couronne comme unité dont il ne peut se passer, et comme le symbole de la r/uotisation des unités économiques et collectives des intérêts de tous.
Donnez-nous maintenant un exemple pratique de ce nouveau principe de gouvernement.
L'exécution de ce principe consiste à déclarer démocratique et populaire la rente de l'État, à mettre tous les citoyens dans la possibilité, lorsqu'ils auront amassé une certaine somme d'argent, de pouvoir acheter l'unité minime de celte rente sur tous les points de l'État , de la même manière que Pou achète le paiu, le vin , la viande, etc. , etc. Alors le gouvernement se trouvera converti en une commandite réelle; et l'argent que l'on versera tous les jours dans ses caisses devra être nécessairement prêté à ceux qui le réclameront t et qui pourront le garantir, sans quoi l'Eut se trouverait dans l'impossibilité de payer la rente qu'il aura promise.
Comment fera-t-ou lorsqu'on aura besoin de numéraire pour les menues dépenses de la vie ordinaire ?
Le moyen est simple : chaque coupon de reute portant intérêt, il est évident que chacun devra désirer d'échanger son argent
» Peut-être quelque souverain entrevoit-il sa chute dans ce principe et le retour a la légitimité : soit ; mais s'il en existait un qui pût le craindre, il pourrait se consoler par l'espoir de ceindre une autre couronne non moins importante, parce que notre principe mène à l'émancipation universelle des colonies. Alors l'Afrique et l'Asie offriraient beaucoup d'étoffe pour plusieurs douza : ncs
de rois.
contre des coupons ; et comme cet intérêt est du vingt-cinquième par an , pour un homme qui voudra vendre sa rente, il y en aura vingt-cinq qui voudront l'acheter.
Il n'y aura donc pas de pertes possibles dans cette commandite?
Les perles ont lieu dans le système social actuel, parce qu'il fait rester dans l'oisiveté ou dans la stérilité tant de capitaux en numéraire que l'on doublerait en moins de vingt ans, si on s'en servait pour employer à chaque instant le talent et le travail à féconder la propriété. Il peut y avoir des pertes chez les particuliers, mais étant compensées par les bénéfices d'autres particuliers, elles doivent constituer, par la loi suprême de la nature , un bénéfice plus grand ou plus petit dans la rente d'un Etat en commandite.
Comment faire pour préserver les particuliers des pertes individuelles ?
De même que les hommes ont pu se prémunir, par les sociétés à primes ou mutuelles, contre les accidents du feu, de la grêle , etc. , etc. , de la même manière les particuliers se trouveront prémunis , dans la nouvelle organisation sociale, non-seulement contre toutes les pertes de leur propriété, mais ce qui plus importe, contre la perte de leur temps. Alors, outre que l'homme se sera assuré mutuellement contre tout accident qui pourrait porter atteinte à sa propriété , il aura assuré son existence par la garantie perpétuelle du travail de l'esprit et des bras avec lequel on améliore la propriété.
Vous ne comptez donc pour rien les dangers de la guerre et les invasions ?
La guerre et l'invasion sont l'effet nécessaire d'un gouvernement basé sur un principe négatif, c'est-à-dire antisocial; elles auront lieu tant que la puissance de la force du nouveau gouvernement que nous proposons ne lui aura pas fait connaître Teneur et le mensonge sur lesquels H s'est appuyé jusqu'à ce moment. Mais le nouveau gouvernement étant le seul réel, et la' vérité étant toutepuissante, parce qu'elle est Dieu lui-même, il en arrivera qu'aussitôt que ce nouveau gouvernement aura pris racine dans un seul état, même le plus petit, il traînera à la remorque tous les autres états pour les forcer à l'adopter.
Quel nom donnez-vous à ce nouveau principe de gouvernement ?
Il s'appelle la Bancocratic, parce qu'il est organisé sur les mêmes bases que les banques monopolistes actuelles j il reconnaîtrait
comme actionnaires du gouvernement tous les citoyens qui posséderaient la plus petite ou la plus grande portion de la richesse créée par la société, en recevant l'argent de la propriété pour la faire féconder indéfiniment par le talent et par le travail de l'homme : de sorte que le gouvernement, restant monarchique parce que la puissante loi mathématique de l'unité le veut ainsi, serait aristocratique dans ses effets, en élevant 1« talent et le travail aux premiers honneurs , et démocratique envers la propriété, en reconnaissant chez tous les hommes le droit d'acheter une fraclion de la rente de l'État.
Donnez-nous un exemple de la démocratie de la rente et de ses effets puissants à l'intérieur et à l'extérieur.
Supposons qu'un gouvernement publie la loi par laquelle on vend 1 fr. de rente, sur tous les points de l'État, pour 25 fr. de capital. Alors, par la puissance de ce même fait, l'avidité qui est naturelle chez l'homme, et la commodité plus grande qu'il trouve dans l'usage du papier en comparaison du numéraire, fera tomber par torrents dans le Trésor l'argent monnayé. Néanmoins, la création de la richesse étant lente, et rapide l'acte d'acquisition du certificat de rente, le gouvernement qui aura encaissé le numéraire, ne pouvant pas l'utiliser en totalité et immédiatement , sera forcé d'acheter la rente des autres Etats qui sva à un cours plus bas. Par cette raison, l'Angleterre, qui est le seul des Etats dont la rente a un cours plus élevé que celle de France, verrait disparaître son numéraire attiré par la rente française qui se trouve à un prix plus bas que la sienne. Alors tous les gouvernements dont la rente est plus basse seront forcés de rendre démocratique leur rente et de donner une livre, un florin , unroublc, etc. pour 25 livres, florins, roubles, etc.
Mais le^nouveau 1 pour °/ 0 sera défavorable à la banque de France, à la caisse Laftilte et aux rentiers du 3 p. %> qui ne serait plus amorti?
Lorsqu'un système a pour base la vérité, et que ses applications s'appuient sur l'infaillibilité des chiffres, il ne saurait être nuisible à qui que ce soit, parce qu'il doit offrir en lui-même des moyens de transaction. La banque de France deviendrait en effet la banque de la nation, puisqu'elle serait représentée par ses certificats dans tout le pays. Les billets actuels seront retirés, parce que tout le monde préférera ces nouveaux certificats au
porteur à l'intérêt de 4 p. °/ 0 . Les actions de la banque de France
seront remboursées au prix courant de la Bourse avec les certificats de la nouvelle rente nationale. La banque nationale traiterait sur le même pied les actions des banques départementales et les coupons de la caisse Laffitte. Les rentiers du 5 p. °/ 0 convertiraient leur certificats en rente du 1 pour 25, et verraient leur capital élevé au 125 sans plus craindre le remboursement. Ceux du 4 1/2 feraient la même chose et le cours de cette rente monterait à 112 50. Ceux du 4 recevraient le 4 de 1 fr. 25. Enfin les rentiers du 3 p. % qui auraient droit d'exiger la continuation de l'amortissement, recevraient 3 1/2 du nouveau consolidé au 25 qui formerait le capital de 87 50, et par cette transaction tous les rentiers auraient amélioré leur condition, et leur rente rentrerait dans le nouveau consolidé. Alors tout individu en achetant 1 fr. de rente saurait qu'il possède 25 f. de toute la richesse représentée par la rente nationale.
Que perdra l'Angleterre par cet événement?
Aussitôt que la rente française sera rendue démocratique et au porteur , ses certilicats seront vendus comme le meilleur papier du monde, grâce à sa solidité, par tous les changeurs de l'Angleterre; et comme l'Anglais, pour 25 fr., peut acheter 1 fr. de rente française, il se trouvera entraîné à vendre sa rente au 30 pour acheter celle-ci au 25. Dans le cas pourtant qu'il voulut la garder, sa rente ne représenterait plus la valeur de 30, mais celle de 25, parce que tout Anglais qui aura de l'argent à employer préférera la rente française. Or il est évident que 5 est la sixième partie de 30, et Ton sait que la dette anglaise dépasse huit cents millions sterling : c'est pour cette raison qu'aussitôt que les certilicats français se présenteront chez les agents de change anglais, cette aristocratie féodale et banquière perdra cent trente-quatre millions de livres sterling.
Le peuple anglais essuicra-t-il des pertes parce rabais ?
Aucune : il gagnera, au contraire, par ce moyen, la réforme sociale qu'il cherchait, ainsi que le peuple français, dans d'autres améliorations législatives qui, au lieu de produire le bonheur du peuple, n'ont fait qu'augmenter sa misère.
Et de quel genre sera cette amélioration ?
Lorsque le peuple anglais se verra , lui aussi , obligé de créer la nouvelle rente à 1 p. 25 , il s'émancipera aussitôt de l'oppression de tant de milliards de papier factice , en circulation , et
qui forment la puissance de ses oppresseurs. Devenu solidaire-uni du peuple français, il sentira, comme lui, le besoin d'improviser ra véritable civilisation sur tout le globe, opprimé par le monopole brutal de ses monopoleurs. Par conséquent, comme les hommes s'enrichissent en s'assocîant aux riches, l'émancipation des colonies, par seule spéculation, doit être le premier fuit de la Bancocratic anglaise. L'exemple frappant de l'élévation des échanges entre les Anglais et les Américains, après l'émancipation de ceux-ci, fera décider les peuples a faire des colotiies des royaumes indépendants»
Combien de temps faudra-t-il pour cette réforme ? Autant de temps qu'il en faut pour passer d'une erreur à une vérité. Lorsque l'homme dans ses comptes a cru que 4 et 4 faisaient 9 ou 7; du moment même qu'on lai démontre idéalement et matériellement en mettant sous ses yeux huit uuités séparées pour les additionner, dès ce moment , disons-nous , il est passé du domaine de l'erreur où il était à celui de la vérité. L'errenr des hommes est de se supposer en société, tandis qu'ils ne le sont que passivement pour en payer les frais , et non pas pour en obtenir leur part aliquote dans le dividende des bénéfices. Donc le principe de la bancocratic doit désabuser aussitôt ceux qui sout daus cette erreur, par la force matérielle du fait de sa promulgation. Ses effets seront l'œuvre du temps et de la puissance de l'association mutuelle eutre tous les citoyens qui forment un peuple, et eutre tous les peuples qui forment nue génération.
Mais les billets actuels de banque, nonobstant leur valeur factice, sont remboursés à vue, tandis que les nouveaux certificats que vous nous proposez ne sont pas remboursables.
L'or, l'argent et les autres métaux qui constituent le numéraire, sont des matières stériles et ne reçoivent de valeur que de l'opinion, suivant leur plus grande rareté. Les hommes ont vécu et vivront toujours par l'échange des produits de la nature. Le numéraire doue sert d'appoint entre les choses données et celles reçues. Les nouveaux certificats de même que ceux de toutes les renies n'étant pas remboursables, mais transférables, comme le numéraire , serviront peu à peu à en faire disparaître le besoin pour le faire servir au luxe et à l'ameublement. Alors tout possesseur de ces certificats, au lieu de laisser son argent improductif, le placera en certilicats productifs qu'il échangera dans
toutes ses transactions sociales, parce que l'état normal de la bancocratic détruit toute possibilité d'altération dans le cours de la rente.
Comment fera le prolétaire qui aura un certificat , pour se procurer du pain , du vin, de la viande, etc.?
Lorsque, par son travail, il aura pu obtenir en paiement un certificat de 1 franc de rente , ou l'argent pour l'acheter, il le gardera jusqu'au moment où il aura besoin des choses nécessaires à la v ie, alors il ira chez le boulanger, le marchand de vin , ou chez le boucher qui lui donneront du pain , du vin, de la viande, etc., pour se nourrir, et recevront avec avidité son certificat au cours delà rente du jour. Alors on verra même que le prolétaire, lui aussi, voudra jouir du bénéfice du crédit, et, au lieu de payer au comptant, il voudra avoir son compte courant chez le boulanger, chez le marchand de vin, chez le boucher, etc., en déposant chez eux son certificat jusqu'à ce que la consommation soit arrivée à la totalité de sa valeur. Celle avidité naturelle chez l'homme sera la source de sa plus grande moralité, car, pour profiter des bienfaits du crédit, il soldera le plus tard possible les objets de con-' sommation dont il se sera pourvu.
Comment le Trésor fcra-t-il pour créer indéfiniment une si grande rente?
Lorsque le Trésor aura recueilli tout le numéraire que l'avidité naturelle de l'homme , pour le rendre productif, aura versé dans la banque de l'État , une fois qu'il aura été converti en certificats, il ne pourra sortir, du numéraire encaissé, qu'autant qu'en pourra absorber la nourriture et le confortable de tous les citoyens, tandis que l'excédent resterait dans la Banque. Par conséquent, le numéraire qui pourrait retournera la Banque pour être converti en nouveaux certificats ne pourra pas être d'une valeur plus grande que celui que la Banque pourrait donner le jour s ivant à ceux qui avaient été en demander le jour précédent.
Donnez-nous un exemple à ce propos.
Supposons que les Français, aussitôt que serait créée la nouvelle rente à 1 pour 25, convertissent les trois milliards de leur numéraire en autant de certificats; les propriétaires, les commercanls et l'industriel qui sont actuellement victimes de l'usure, ou ne peuvent trouver de capitaux , vont escompter à la Banque leurs lettres de chauge; supposons la même chose pour les compagnies
qui se formeront pour entreprendre des chemins de fer, des canaux, des plantations, etc. : si chaque Français d'après le calcul fait, ne dépense (l'un dans l'autre) que 10 sous par jour pour sa nourriture , et qu'en vue du besoin immense qui commencerait à se faire sentir du trav.nl de l'homme , il gagnât le double, de manière qu'il pût vivre avec 20 sous : supposons en outre qu'il arrive à cet état normal que souhaitait Henri IV, et qu'il se nourrisse avec 2 francs; alors la population française étant de 34 millions d'âmes , les emprunteurs de la Banque ne pourront dépenser que dix-sept millions par jour dans le premier cas ^ trente-quatre dans le second et soixante-huit dans le troisième. Ainsi donc, tout le numéraire se trouvant déposé à la Banque et converti en certificats, la somme qu'on peut y reporter journellement ne saurait excéder celle qui a été employée pour la nourriture du peuple entier. Voilà comment se trouve dissipée la crainte d'un excès de capitaux et de l'impuissance du gouvernement de créer la nouvelle rente.
L'excédant déposé à la Banque sera-t-il un capital oisif?
Au commencement de la Bancocratic, cet excédent sera exporté dans ces pays malheureux , ignorants et anarchiques, où il y aura a faire un grand bénéfice en y introduisant ce nouveau principe et leur faisant des prêts. Mais, après quelques années, en raison des faits prodigieux opérés par ce nouveau principe, ces États débiteurs se mettront dans les mêmes conditions que les États créanciers, et, suivant la loi suprême de l'équilibre des capitaux, lorsque les circonstances sont égales , une fois que les peuples seraient tous ùancocratités, on commencera à s'apercevoir de combien la masse énorme du numéraire excédera les besoins économiques de la nourriture de tous les hommes répandus sur la terre, et que la fausse organisation actuelle fait supposer insuffisante aux besoins sociaux. Alors ou connaîtra que Dieu est la vie , qu'elle est un mystère, que l'on ne vit pas de matières métalliques , mais du travail , et que la réforme sociale ne consiste pas à transformer en or et en argent toutes les montagnes de la terre, mais plutôt à obtenir que le dernier des citoyens soit cru possesseur de la puissauce de rendre productifs l'or et l'argent, qui par leur nature, ne rapportent aucun fruit. Alors le talent d'un commis ou d'un ouvrier représenteront une plus grande richesse qu'un capital en numéraire de 29,000 francs.
Tout ce que vous nous avez dit jusqu'ici ne concerne que la vie physique : l'homme ne vit-il pas aussi de besoins moraux ?
Nous répétons que, reconuaissant dans la matière de l'homme la maison habitée par la vie universelle qui est Dieu , noiis croyons* par cette seule conviction, avoir déjà reconnu le besoin de la nourriture delà vie spirituelle. Mais comme, lorsqu'une maison est triste, sale et mal meublée, on y demeure avec dégoût, nous croyons que la raison, le besoin irrésistible de l'existence matérielle et la religion elle-même nous doivent persuader que la spiri* tualité ne peut parvenir à l'acquisition de tous les soulagements moraux si elle n'est pas graduellement bien logée dans la maisori matérielle représentée par notre corps.
Mais il paraît que votre système tend à favoriser les passions sensuelles?
Les passions , che* l'homme, sont l'expression de cette essence divine qui lui fait sentir qu'il est le représentant de Dieu sur la terre. De même que Dieu est tout-puissant à faire le bien , de même l'homme, enveloppé dans la matière, peut être tout-puissant à faire le mal. Les passions sont toutes bonnes et toutes mauvaises, et la grande question morale à résoudre était de les (aire agir de manière que , par l'effet de leur mutualité , les hommes en tirassent avantage. Mais tant qu'existera le monopole sur la terre, la même passion vous donnera un Napoléon ou un Lacenairc , un Rothschild ou un Robert-Macaire.
Comment aura lieu cet état normal ?
La tendance de l'homme le pousse à s'améliorer * et son égoïsme le fait recourir à tous les moyens dont il peut se servir. Pourtant une fois que la société aura été transformée, par le moyen de la bancocratie, en une commandite réelle et parfaite, l'égoïsme privé se trouvera identifié dans l'égoïsme général. Tout le monde voudra devenir rifhe, tout le monde ambitionnera des honneurs, des charges, des préférences; mais par l'effet de cette même concurrence, on verrait se fixer ce juste milieu des passions que nous appelons vertu. Alors il arrivera que tout le monde aura le droit de prétendre, et que le privilège d'obtenir ne sera accordé qu'à ceux que l'égoïsme général aura reconnus les plus utiles pour le service de chaque égoïsme particulier. Alors le moment arrivera où la véritable économie sociale d'un peuple fera connaître combien et quelle espèce d'hommes de talent il lui faut pour les besoins
matériels et moraux, et de quelle manière le surplus trouvera dans le travail cette vie confortable et ces honneurs qu'il ne trouve aujourd'hui ni en portant les armes, ni en écrivant , ou en lisant un journal.
Comment vous y prendrez- vous pour constituer cette espèce de jury national ?
La baucocratie étant la seule formule de la vérité doit contenir en elle-même toutes les formules de détail pour connaître la vérité. Le franc de la nouvelle rente du pauvre comme le million qu'y aura placé le riche, les mettra tous les deux dans le besoin de l'ordre, du respect au pouvoir dont le peuple a fait choix, et de la paix. Or, sur la terre le peuple étant tout , parce que sans lui il n'y a ni autel, ni trône, ni magistrat, il s'ensuit que sa souveraineté réelle sera toujours une dérision tant que chaque individu ne pourra pas exercer ce droit de souveraineté , qui est de choisir ou de révoquer ses ministres : tant qu'il ne jouira pas de cet exercice, le mal du monopole qui provient de l'abus des passions ne pourra jamais disparaître de dessus la terre. . Comment le peuple obtiendra-t-il le suffrage universel ?
Chaque homme pour vivre a besoin d'exercer un état. La représentation d'un peuple sera toujours un monopole, tant que n'existera pas l'expression de tous ceux qui composent la souveraineté du peuple. Alors, depuis le journalier jusqu'au premier ministre, il faut qu'ils manifestent leur volonté dans le corps de leur métier. Ces corporations éliront celui qu'elles jugeront le plus digne de leur contiauce. Les élus d'un canton formeront la corporation des éligibles d'un arrondissement; les élus de Parrondissement seront les éligibles du département, et celui qui aura réuni la majorité des suffrages dans le département sera le véritable représentant du peuple.
De cette mauière vous restreindriez le nombre actuel des députés?
Nous sommes l'auteur d'un projet et non pas d'une loi ; et ce serait un contre-sens que de donner la loi au peuple qui a le droit exclusif d'être législateur. Cependant nous sommes convaincus que, la voix du peuple étant la voix de Dieu , il serait mieux représenté si ses administrateurs étaient élus directement par les administrés. D'ailleurs dans l'administration économique d'un état, ce n'est pas la quantité, mais la qualité que l'on doit pré-
férer; nous supposons dès-lors que, lorsque tout le peuple sera lié puissamment à Tordre parle moyen des intérêts matériels, il saura trouver dans son sein les représentants, qui répondent au mandat d'améliorer sa richesse et son bonheur moral. Voilà suivant nous le véritable moyen par lequel le peuple peut parvenir à s'exploiter tout seul, se délivrer des monopoleurs, et, après tant de sacrifices, tenir enGn dans ses mains les clé* de son trésor , pour se donner un gouvernement à bon marché et l'organisation parfaite du travail.
Mais les monopoleurs actuels du talent, de la parole et des opinions seront les ennemis acharnés de votre réforme ?
Dans les changements de gouvernement qui ont eu lieu jusqu'à présent, de mouarchique en aristocratique, et d'aristocratique en démocratique, et vice versa, les hommes de talent , impassibles sur le sort malheureux du chef de l'État, qu'il ait été guillotiné, déporté ou exilé, ont su trouver dans leur talent le moyen d'être les premiers*, même sous le nouveau gouvernement. Notre principe à nous laisse tout le monde et toutes les choses tels qu'ils se trouvent pour arriver où la destinée des hommes les appelle. Par conséquent, leur conversion en faveur du nouveau principe ne serait pas une apostasie, mais l'échange de principes machiavéliques contre le saint principe évangélique de la charité, basée sur le pivot de l'intérêt général du peuple.
Votre système semble pourtant ne pas favoriser les lettres, les sciences et les arts ?
La nature récompense ou punit, suivant l'usage ou l'abus que l'homme fait de ses trois grands capitaux qui le distinguent de la brute , qui sont la pensée , la parole et l'action. Si par littérature On veut entendre cette étoupe de la pensée qu'on ne trouve pas à vendre, alors la Bancocratic en préviendra les manufacturiers , et leur fera savoir s'il n'est pas mieux pour eux de s'adonner à un état avec lequel, même en employant la plume, ils puissent gagner 10 francs par jour, plutôt que d'escompter une vanité littéraire qui leur rapporte peu ou qui les fait vivre dans les privations. Si le savant veut figurer parmi les nouvelles aristocraties sociales, il en trouvera la récompense dans la concurrence des industriels qui se disputeront son assistance. Si l'artiste veut, lui aussi, son aristocratie, il la trouvera dans la richesse générale du peuple qui ui demaudera son travail. Par conséquent, le vrai littérateur qui
saura charmer un peuple riche, un savant qui saura l'enrichir davantage, et un artiste qui augmentera le confortable de sa vie, doivent reconnaître dans le nouveau système le principe de la vraie civilisation et le tombeau de ce brigandage organise qui rend la vie une fête pour les monopoleurs, et la remplit de douleurs pour les monopolises
. Mais avec tout ce système on n'empêchera pas que l'argent du peuple, tant qu'il ne tiendra pas les clés de son trésor, soit employé dans les fortifications qui s élèvent ou pour l'emprisonner, ou pour intimider la couronne, ou pour répandre la propagande révolutionnaire : est-ce qu'alors la rente populaire ne serait pas compromise?
Nous répondons qu'un mois après que le ministre des finances , au lieu de créer du 3 °f 0 à 75 pour se procurer les quatre cent cinquante millions pour éleverles fortifications et payer les frais de la paix armée, aura créé le 1 °f 0 au 25, les bastilles seront suspendues et les matériaux vendus à des entrepreneurs de constructions lucratives pour la nation. Nous promettons que toute cette belle jeunesse que Dieu a créée pour s'enrichir elle-même et la nation sera renvoyée chez elle pour travailler utilement à la terre , et
1 Nous prions nos lecteurs consciencieux de ne pas croire que toute la science de la routine de la vie soit expliquée dans ce court catéchisme. Puisque Ton a imprimé jusqu'à ce jour des centaines de millions de livres en faveur du monopole, il est juste d'en accorder au moins une domaine à ceux qui doivent ôler les clés de l'argent du peuple des mains des monopoleurs pour les mettre en celles de ses délégués naturels. Et s'il a fallu six mille ans pour fabriquer tant d'étofle en faveur de tant d'utopies que l'on a voulu appeler Codes, il faudra accorder au moins six mois à celui qui se propose de faire connaître le seul, le vrai, le très-sain l Code que Dieu imprima dans le cœur et dans l'esprit du premier homme, qu'il porte en lui-même, et qu'il n'a pas su faire valoir parce qu'il a voulu lire dans le code de la métaphysique , qui a été et sera toujours le code du mensonge et du monopole. Que le peuple étudie donc dans le code de l'égolsme complexe de tous ses membres, et il trouvera le moyen d'enlever le code de l'égolsme à ces monopoleurs qui jusqu'à présent se sont enrichis des fruits de son lulcut et fie soo lr fl Tftil* I>ts monopoleurs se sont toujours 3&sociés en cotxi* ma ndiie pour dépouiller le peuple; le peuple maintenant doit s'associer en commandite pour se soustraire à ce brigandage organisé. Un réformiste à la Robert- Macaire criait, il y a peu de temps, dans un meeting de Dublin : «Agitation! agitation! agitation! » Nous réformistes suivant l'Evangile, nous crions : «Association, association, association! » Si le peuple français sait faire de si grands prodiges quand il s'associe pour détruire , qui lui pourra résister s'il s'associe pour construire l'édifice social ?
non pas pour accomplir la plus funeste des déceptions des ambitions nécessiteuses qui méditent le coup d'état qui n'a pas réussi en juillet 1830. Enfin nous garantissons au peuple que son argent, après avoir fait suspendre les fortifications, servira à exécuter des chemins de fer pour mettre cette grande nation en communication avec les autres peuples dont la politique veut la tenir isolée.
Comment faire, si le Ministre ne veuf pas créer le 1 % au 25 fr. décapitai ?
Respecter tranquillement l*obstination du ministre, et se servir de la loi pour obtenir l'association du peuple en une commandite parfaite. Bieu a créé l'homme libre, mais assujetti à la réciprocité de ses semblables; mais il ne sera jamais libre, tant qu'il n'apprendra pas la science de se soustraire aux monopoleurs par la voie de la légalité, etjaraais de la force brutale, pour obtenir sa liberté. Ainsi, tant qu'il y aura apparence de loi , l'homme pourra toujours s'associer légalement avec les autres hommes, afin que le but en soit consenti par cette loi. Or , si la loi permet l'association \ de dix, cent, mille actionnaires , elle permettra également une commandite de trente-quatre millions d'actionnaires. Alors on nè doit faire autre chose que savoir grandir les formes sur les bases de la caisse Laflilte, favoriser la propriété foncière, en l'admettant aux actions hypothécaires, et faire en sorte que les gérants ne soient pas des Robert-Macaire. Ainsi , dans le cas d'obstination de la part du ministre à ne vouloir pas proclamer avec le 1 p. cyo, la démocratie de la rente qui serait si favorable aux intérêts de la paix et de la couronne, une commandite, basée sur la mutualité des gérants responsables départementaux, élus par les associés, suppléera au refus du ministre, et le gouvernement se trouverait en dehors du gouvernement.
Alors la doctrine diabolique de Machiavel aura servi, pour la première fois, à faire ouvrir les yeux au peuple tout-puissant, parce qu'il est le représentant de Dieu. Dans ce cas, un autre catéchisme instruira le, peuple de ce qu'il devra faire pour s'emparer des clés du trésor, qui sont également les clés de la réforme sociale, et sans lesquelles le peuple up parviendra jamais à s'ouvrir les portes de ce paradis terrestre.
NaUon.
Nation.
Nation.
Nation.
Route.
Rente.
/V. /?. - Ces Bulletins sont l'élection des
à indiquer l'exercice de la souveraineté de de la Banque i