BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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PRÉFACE
L’empyème pulsatile, on le verra plus loin, est une variété très rare de pleurésie purulente, et il ne mériterait pas les honneurs d’une monographie, s’il ne présentait des difficultés de diagnostic, de pronostic et de traitement, qui intéressent à un haut degré le médecin praticien.
Quelle que soit la rareté de l’affection, tout médecin est exposé à la rencontrer, et s’il n’en a lu la description quelque part, il aura les plus grandes chances de commettre une erreur humiliante pour son amour-propre, et, ce qui est plus grave, fâcheuse pour le malade.
Quand je fis paraître, il y a treize ans.
PRÉFACE
ma thèse inaugurale sur l’empyème pulsatile (Paris, 30 décembre 1881), je n’avais vu qu’un seul cas de cette curieuse maladie.
Or, deux ans plus tard, je pouvais publier, dans les Archives de médecine, trois autres cas inédits, et nous comptons actuellement sept cas et peut-être huit, observés à Paris dans un espace de temps relativement court.
Je rapporterai ces huit observations françaises, ainsi que la plupart des observations antérieures, en abrégé tout au moins; car, aucune description dogmatique ne pourrait rendre avec assez de relief les particularités cliniques variables de cette singulière maladie.
Le travail que je donne au public aujourd’hui est basé sur l’étude de 47 observations, dont huit concernent des malades que j’ai suivis ou que j’ai vus personnellement.
Grâce à la série exceptionnelle dont j’ai été témoin, j’ai pu me faire une opinion
PREFACE
autorisée sur les pleurésies pulsatiles, et en parler avec quelque compétence.
Cela ne veut pas dire que je connaisse la question sous toutes ses faces et que j’en aie pénétré tous les secrets; j’avoue qu’il reste des points obscurs qu’un avenir plus ou moins éloigné éclaircira. Mais, au point de vue pratique, nous en savons assez pour agir au mieux de l’intérêt des malades; et cela est l’essentiel'.
D' J. GOMBY.
Paris, le 1'" juillet 1894.
1. Je remercie MM. Rœsoh et Vaslet de Fontaubert, externes des hôpitaux, pour des recherches bibliographiques que j’ai utilisées dans cet ouvrage.
Définition
On doit décrire sous le nom Xempyème pulsatile, de pleurésiepulsatile, une variété d’épanchement pleural qui s’accompagne de pulsations visibles et palpables, systoliques, et donnant l’impression d’un vaste anévrysme de l’aorte. Ces pulsations affectent le côté gauche du thorax. Tantôt la paroi thoracique est soulevée à chaque battement du cœur dans une portion assez étendue, sans qu’il y ait en un point quelconque de gonflement circonscrit, de tumeur appréciable ; tantôt il existe une tumeur en communication avec la plèvre (m/jydme de nécessité), sessileoupédiculée, voisine ou éloignée du foyer pleural originel.
résies situées à gauche et purulentes, d’où le terme ^empyème pulsatile qui sert à les désigner.
On a vu des collections purulentes, sans communication avec la plèvre, qui, par leurs connexions plus ou moins intimes avec le cœur ou l’aorte, étaient animées de battements. Ces abcès pulsatiles n’ont rien de commun avec les pleurésies, les empyèmes pulsatiles ; ils doivent en être absolument distingués, et je n’aurai pas à les décrire ici. La question est donc nettement définie et ne prête à aucune ambiguité.
La pleurésie pulsatile est une pleurésie purulente du côté gauche, qui, pour des raisons que je donnerai plus loin, reçoit l’impulsion du cœur et la transmet en l’amplifiant à la paroi thoracique correspondante.
J’ai dit que la pleurésie pulsatile était une pleurésie purulente, et que cette pleurésie purulente était toujours située à gauche. Or on lira plus loin une observation de pleurésie pulsatile qui était, contrairement à la règle, séreuse et située à droite (Obs. XXVII).
Pour ce qui est de la qualité de l’épanchement, je ne m’y arrêterai pas longtemps, car
définition.
si le liquide parut clair à la première ponction, il était franchement purulent à la seconde.
Et d’ailleurs je n’attacherais pas une importance capitale à la nature de l’épanchement si les observations ne le montraient pas toujours ou presque toujours purulent. Mais le siège à droite est beaucoup plus difficile à admettre, à cause de la situation du cœur, qui paraît jouer un rôle dans la production des pulsations.
Je me demande si le jeune malade de l’observation XXVII, porteur d'une pleurésie pulsatile droite, n’était pas, à son insu et à l’insu de son médecin, congénitalement dextrocardiaque.
Dans tous les cas, l’exception ne peut que confirmer la règle, et la pleurésie pulsatile n’en reste pas moins une pleurésie purulente et une pleurésie du côté gauche.
Voici comment je procéderai.
Dans un premier chapitre, je ferai l’historique de là question, avec les observations résumées ou détaillées qui me sembleront intéressantes.
Le chapitre second contiendra la description symptomatique, avec la marche et la terminaison habituelles ; le chapitre troisième sera consacré au diagnostic ; le chapitre quatrième