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CHAPITRE PREMIER

Dès la fin du xvi‘ siècle, Guillaume Baillou ou de Baillou, doyen de la Faculté de médecine de Paris, avait donné, dans son livre fameux des Ephémerides ' une observation que je crois devoir attribuer à Pempyème pulsatile.

On en jugera par la lecture de cette courte note empruntée au traducteur de Baillou :

Obs. I. — La fille du vénérable Colette souffrit d’une fluxion sur le côté. La pleurésie ne fut pas franche ; eUe dépendait de la collection d’une humeur dépravée. Elle parut se dissiper. Au bout de

1. Epidemiorum et ephemeridum libri duo. Paris, 1640. Épidémies et éphémérides, traduites du latin de Guillaume de Baillou, célèbre médecin du xvi' siècle, doyen de la Faculté de Paris, par Prosper Yraren. Paris 1858, liv. II, p. 360.

2 l’empyème pulsatile.

quelque temps, le sein gauche se tuméfia, avec douleur profonde et pulsations. On diagnostiqua un anévrysme. Tandis que, dans la vue de combattre un anévrysme, on appliquait sur la tumeur des cataplasmes de farine et de jaune d’œuf, tout à coup la matière corrompue se fit jour par le poumon. La tumeur disparut. N’aurait-on pas dû songer à un abcès de cette partie ?

On trouve dans cette description prise sur le vif les principaux traits de l’empyème pulsatile circonscrit, avec tumeur saillante au dehors : au début, c’est une pleurésie qui ne ' fut pas franche, puis la formation d’une poche ' pulsatile à gauche, on pense immédiatement à \ un anévrysme et on applique des émollients. ^ Survient une vomique qui amène la dispari- - î tion du prétendu anévrysme. On verra plus 1 loin combien souvent l’erreur a été commise, | par des observateurs qui, bien certainement, | n’avaient pas lu Baillou. L’observation de Baillou en reste là, on ne nous dit pas ce que devint la malade par la suite ; il est probable qu’elle guérit; mais sa guérison fut-elle définitive ?

L’auteur ajoute plus loin (p. 368) qu’on aurait dû ponctionner la collection comme on l’avait fait à la femme de M. Guillon, queDuret guérit. Plus loin en effet (p. 409), on trouve l’his-

IIISTORIQUE ET OBSERVATIONS. 3

toire de l’empyème de l’épouse de M. Guillou, ouvert au cautère par Duret et suivi de guérison.

Mais il n’est pas dit que cet empyème fût pulsatile.

Le cas de Baillou est le plus ancien cas d’empyème pulsatile connu ; aucun autre exemple de cette rare affection n’a pu être retrouvé dans la littérature médicale française ou étrangère ; on peut donc affirmer que la priorité de la description de l’empyème pulsatile appartient à un auteur français, et que le premier cas connu a été observé à Paris par le doyen de la Faculté de médecine au xvf siècle.

Deux cents ans plus tard, en 1776, Le Roy, de Montpellier \ avait sans doute observé quelques cas de pleurésie pulsatile, car il met ses lecteurs en garde contre les pulsations thoraciques :

« S’il survient, dit-il, un battement incom mode et manifeste dans quelque partie de la poitrine, on ne doit pas se persuader aisément qu’il soit anévrysmal. L’abcès du poumon, situé de manière à recevoir l’impression des

1. Du ■pronostic dans les maladies aiguës, par M. Le Roy, professeur en médecine au ludovicée de Montpellier. 1776 p. 105. Aphorismes 488 et 489.

^ • l’empyême pulsatile.

mouvemens du cœur, ou des gros vaisse.us

artériels, produitquelïuetoiscetto fausseappa-

rence d’anévrysme. » , „ a

Dans cette dernière phrase, Le Roy donnait une ertplicalion desbaltements auévrysmo.des que je reprendrai plus tard; il est cerlam comme il l'indique, que ces pulsations ne sont que des phénomènes de transmission des mouvements systoliques du cœur. .. .

L’action du bœur est surtout manifeste et d’une interprétation facile dans les cas on la collection purulente siège en avant du cœur, a

la région précordiale. , •

Un de cés ahcès pulsatiles, qui navait rien de pleurétique d'ailleurs, puisqu'il était ossitluenl (carie des côtes), a été obsereéy décrit uarPh J.Pelletan, dans sa clinique .

La seconde observaüon de véritable, pleurésie pulsatile que j'ai pu retrouver dans a littérature médicale est due à A. Bérard ; elle figure dans la thèse de concours pour la chaiie

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