‹ L'Encéphalite LéthargiqueChapitre 31 sur 35 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Les indications thérapeutiques qui se dégagent de l'étude que nous venons de faire de l’encéphalite léthargique sont d'ordre épidémiologique, ODA symp- tomatique..

A) Prophylaxie.

De la notion de contagiosité et d’épidémicité découlent les mesures prophylactiques suivantes : Nous devrons isoler les malades atteints de cette affection, selon la méthode habituelle, et protéger leur entourage contre la contagion directe, en antiseptisant les voies de pénétration du virus inconnu (c’est-à-dire probablement le rhino-pharynx) ; et, pour cela, comme dans la grippe, nous ordonnerons des gargarismes, des inhalations, des collutoires et des badigeonnages antiseptiques.

B) Médications spécifiques.

De la connaissance de la nature infectieuse de la maladie, nous essaierons de tirer une médication spécifique. Celle-ci sera limitée du fait que l'agent pathogène est . inconnu. Cependant Netter a proposé d’injecter dans le liquide céphalo-rachidien du sérum de malade guéri, traitement qui a été employé dans la poliomyélite épidémique. | |

. C) Médications visant l’état général.

L'encéphalite léthargique étant une affection très asthénisante, et qui, lorsqu'elle guérit, est d’une durée très longue et entraîne, par suite, un état cachectique assez prononcé, la médication sthénique sera indiquée dès le début. L'huile camphrée, les toniques cardiaques seront employés. L'usage des toniques nerveux devra être plus réservé.

D) Médications anti-infectieuses générales.

Les indications générales sont posées par l'existence probable d’un germe. Le médicament généralement employé a été l’urotropine à la dose de 1 gr. à 2 gr. D'après Crowe, l'introduction de cette dose dans l’organisme a pour conséquences, non seulement une antisepsie intestinale, générale, et des voies urinaires, mais encore une véritable désinfection des espaces sous-arach-

AUTONET noidiens. Il a pu, en effet, déceler la présence d'aldéhyde -formique dans le liquide céphalo-rachidien.

En Angleterre, certains auteurs signalent les mauvais effets de l’urotropine qui aurait causé des hémorragies rénales (Carrol et Nesbitt).

D'autre part, l'emploi de l'argent ou de l'or colloïdal en injections intramusculaires ou intraveineuses donnera, en général, de bons effets.

La gravité de l'affection n 'élant pas toujours en rapport avec celle du processus infectieux général, l'indication des abcès de fixation se posera moins souvent que dans les maladies comme la grippe, par exemple. Il ne faudra cependant pas hésiter à y recourir, le cas échéant.

La plupart des symptômes étant dus à la localisation de processus congestifs au niveau de certaines régions du mésocéphale, il existe généralement peu de phénomènes d'intoxication générale d’origine loxinique. On aura done beaucoup moins souvent à recourir à l’émploi des émissions sanguines que dans la grippe. Toutefois, le caractère surtout eongestif des lésions anatomiques peut poser l'indication d’une médication dérivative qui sera réalisée soit par une contre-fluxion rapprochée (sangsues sur les mastoïdes), soit éloignée (sangsues à l'anus, cataplasmes sinapisés aux membres inférieurs, lee rs :

L'état des émonctoires devra être surveillé étroitement par le praticien. Etant donnée l'abondance de la transpiration dans l'encéphalite léthargique, la médication diaphorétique cédera le pas à la médication diurétique. L'urotropine, que nous avons avons employée à titre

‘d'agent anti-infectieux général, remplira en même temps cette indication nouvelle ; on donnera au malade des boissons top IQ SrAes

E) Indications symptomatiques.

Enfin, les différents symptômes posent des indications en rapport avec chacun d’eux. Sila somnolence, les para- Aysies oculaires ne peuvent que laisser le médecin dans l’expectative, il n’en est pas de même de beaucoup de manifestations qui en sont la conséquence.

Le malade endormi ne mange pas : on devra veiller à

son alimentation, lui donner régulièrement du lait, du

bouillon ; il est constipé : on tâchera d'obtenir, par des lavements, une selle quotidienne. Il existe souvent des troubles sphinctériens : l'incontinence n'aura d’autres inconvénients que d’obliger à changer souvent le malade de linge, mais la rétention peut avoir des conséquences plus fâcheuses chez un sujet qui n’attire pas l'attention sur cet accident. L'examen, à ce point de vue, sera fait deux fois par jour, et la vessie vidée par catéthérisme, le cas échéant.

Les escarres fréquentes, si on ne peut pas en empécher lapparition par les moyens ordinaires, seront traitées avec la plus grande propreté (poudre de Lucas- Championnière, etc….).

Dans certains cas, l'apparition d’un. délire aigu avec agitation posera l'indication de bains chauds ou tièdes.

Ces derniers ont l’avantage d’être à la fois toniques et:

sédatifs. É

Dans la convalescence, nous laisserons nos malades au repos, leur donnant une alimentation reconstituante. Les médicaments sthéniques seront employés progressivement, et l'exercice prudemment réglé. Les bains ou les douches tièdes stimuleront l'organisme dès qu'il aura repris assez de vigueur pour ne pas en être incommodé.

Page 1