HISTORIQUE
Les premières observations dans lesquelles on peut chercher des traces de la maladie décrite par Netter ont été publiées en 1712 par Rudolf-Jacob Camerarius dans les « Éphémérides des curieux de la nature», à propos d’une épidémie qui a sévi à Thubinge et qu'il désigne sous le nom de « Schlaftkrankeit » (1).
Dans cette épidémie cet auteur décrit des symptômes oculaires qui, associés à l’hypersomnie, ressemblent à ceux observés par Netter. « Les malades, sans présenter de lésions oculaires, ouvraient difficilement les yeux, et supportaient mal la lumière. »
Le Pecq de la Clôture rapporte qu’au cours d’une fièvre «putride» militaire, en 1768, on observait fréquemment du coma somnolentum ».
En 1835, Ozanam relate des faits analogues.
(1) Voir aussi Sydenham : Médecine pratique, 1669-1675.
LD
En 1890, divers auteurs ont signalé des cas semblables : Tranjen en Bulgarie, Hammerschlag et Priester en Autriche, Braun, Muller, en Allemagne, Young en Angleterre, sous le nomde catalepsie grippale. D’autres en Hongrie, au Danemark, aux Etats-Unis.
« Ils se caractérisaient essentiellement par un état léthargique ou délirant. Ils se terminaient souvent par la mort, et celle-ci pouvait survenir au bout de quelques jours ou de quelques heures. D’autres sujets sortaient de leur sommeil aù bout de quelques semaines. Il n'existe pas de relations officielles de ces épidémies, mais il ne manque pas d'observations isolées, détaillées.
» Les auteurs s’attachent à mettre en évidence la léthargie; mais la fréquence, à la même date, de paralysies nucléaires des yeux est affirmée par Gillet de Grandmont en France, par Uthoff en Allémagne. Nous ne saurions d'autre part négliger d'étudier les nombreuses observations de. Leichtenstein, Führbringer, Senator, Virchow etc., établissant qu'à la même époque, divers sujets étaient pris d'accidents à évolution plus rapide, généralement mortels, impliquant des lésions centrales différant des hémorragies el: ramollissements classiques, lésions se caractérisant par des foyers d’encéphalite hémorragique, de dimensions diverses. Il y eut done au printemps 1890, aussi bien qu’à l'heure actuelle, des cas correspondant à des lésions moins circonserites et moins individualisées que celle de la forme habituelle » (Netter).
En Italie, on a réuni ces observations sous le nom de « Nona » (1). En 1892, Henry en observe un cas douteux
(1) D'après Longuet, Nona signifierait neuvième heure, ou cinquième heure canonique ; ou serait une conception populaire de