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tête, et par une sensation de fatigue croissante, Îl a vomi, il ne se rappelle pas s'il s’est agité et s’il a «perdu la tête à un moment ». Cette question même le surprend beaucoup. |
Il s’alimente, mais l'appétit est médiocre.
L'examen du système nerveux démontre l'existence d'un très léger ptosis bilatéral et d’une paresse pupillaire assez grande. On ne constate pas de strabisme. La recherche de la diplopie est négative.
On ne note pas d’autres phénomènes paralytiques. On remarque simplement que la voix est un peu nasonnée.
Il n'existe pas de troubles de la sensibilité.
Les réflexes tendineux sont vifs. Le réflexe cutané plantaire se fait en flexion légère des deux côtés.
La température est de 36°8, le pouls est à 76.
L'examen des différents appareils ne montre rien de spécial. : :
Les urines sont normales.
Le 24 février, même état que la veille; le malade accuse de la diplopie pour les objets situés à 5 mètres. Température 37°2. Pouls 70.
Le 25, le malade est resté couché. On le trouve, à la visite, dans un état d’assoupissement profond. 11 a les yeux fermés et il ne les entr'ouvre qu’à grand’peine.
Si l’on soulève ses paupières, on observe une légère déviation en dehors du globe oculaire droit. Les pupilles sont complètement inexcitables à la lumière. La recherche des réflexes à l’accommodation et à la convergence est impossible.
Son état donne l'impression d’un coma. La respiration est profonde, et l'air expiré soulève pour s'échapper des lèvres molles. La face est atone, les plis du visage sont peu marqués.
On pose une question à l’infirmier au sujet du malade, et on est surpris d'entendre ce dernier répondre lui-méme. On l'interroge et l’on obtient, péniblement, quelques réponses, presque toujours monosyllabiques, mais qui ne cessent jamais d’être correctes. Il dit qu'il souffre un peu moins de la tête. Il n’a pas d’appétit, se sent l'estomac lourd et a un peu envie de vomir.
Chacune de ces réponses est faite par lui sans qu'il ouvre les yeux. Il a tout à fait le ton d’un homme fatigué et ennuyé d’être tiré de son sommeil. RAGE 37°. Pouls 60. Transpiration abondante.
On constate de la raideur de la nuque. On obtient un
très léger Kernig. Le Brudzinski est négatif. On ne note aucun phénomène catatonique.
… Une ponction lombaire est pratiquée. La pression du liquide, mesurée au manomètre de Claude, est de 23. Le liquide est clair, limpide, et ne contient pas de fila- . ments fibrineux. L'examen à la cellule de Nageotte montre 7 lymphocytes par millimètre cube; la recherche de l’albumine, faite avec le tube de Sicard et Cantaloube, donne de 40 à 45 centigr. Le dosage des chlorures n’a pu être fait. Il a été également impossible de faire un Wassermann.
L'hypothèse dns encéphalite léthargique, en présence d’un pareil cas, était légitime. Toutefois, le diagnostice de méningite tuberculeuse ou de syphilis encéphalo-méningée n'étant pas définitivement éliminé, on donne de l’iodure de potassium à haute dose.
Les Jours suivants, l'état se maintient stationnaire. Le malade est nourri au biberon. L’exonération intestinale est obtenue par des lavements quotidiens. Le sujet présente bientôt de la rétention d'urine, et, à plusieurs
reprises, la vessie doif être évacuée par catéthérisme. On prescrit 1 gr. 50 d'urotropine.
Une escarre sacrée apparaît vers le sixième e jour.
La température se maintient entre 378 et 385.
Le 3 mars, la température tombe au-dessous de 37° et s’y maintient, sans que les manifestations notées chez le malade présentent une rémission marquée.
11 vomit encore à plusieurs reprises, et, malgré l’alimentation liquide qu'on lui donne aussi abondante que possible, il présente un amaigrissement progressif. A une ou deux reprises, il présente quelques secousses cloniques dans le membre supérieur droit.
Le 6 mars, la raideur de la nuque a disparu à peu près complètement. L'état léthargique est moins profond. La température reste au-dessous de 37°; le pouls est à 80. Cependant l’escarre continué à s'étendre, mais elle ne gagne pas en profondeur.
Le malade a présenté une ou deux fois de l'incontinence d'urine. La rétention ne s’est pas reproduite.
Le 11 mars, il existe une légère amélioration depuis les jours éccdent Nous quitions” l'hôpital à cette date et, malheureusement, nous n'avons pas pu obtenir depuis des nouvelles de ce malade. es
Dans cette observation, tout incomplète qu’elle soit, le diagnostic d'encéphalite léthargique ne saurait être douteux. Il est basé sur la somnolence caractéristique, bien différente d'un coma, la conservation des facultés intellectuelles, les paralysies oculaires, le léger: état parétique des muscles de la face et du voile du palais, les troubles trophiques et sphinctériens, le peu d’'importance de la réaction méningée et la légèreté relative des manifestations infectieuses générales. Il est regrettable que les circonstances ne nous aient pas permis de
rh
savoir ce que ce malade était devenu. Au moment où nous l'avons quitté il présentait une légère amélioration et il est possible qu'il ait guéri.
OBSERVATION ÎI
(Souques. — Soc. méd. hôp. Paris, 19 avril 1918)
J'ai eu l’occasion d'observer un cas qui me paraît ressortir. à l’encéphalite léthargique sur laquelle M. Netter a appelé l'attention. à
Il s’agit d’ une jeune femme de vingt-six aus qui, ‘vers le 15 mars dernier, fut prise brusquement, en pleine santé, de céphalée, de diplopie et d'une grande prostration qui contrastait avec sa vivacité habituelle. Elle était
: tout le temps endormie, dit sa mère. On la conduisit, le 30 mars, à là consultation de notre collègue, le D" Rochon-Duvignaud, qui me l’adressa avec la note suivante : « Pupilles paresseuses, fond d'œil sans lésions, diplopie, apparence d’ophtalmoplégie incomplète, crises de demi-sommeil, vision assez bien conservée. »
Le lendemain, 31 mars, la malade vient à la Salpetrière, où elle entre. Elle peut marcher, soutenue par ses parents, et répond bien aux questions qu'on lui pose.
Ses paupières sont tombantes et la malade ne peut les relever; si on les soulève et qu'on les abandonne, elles retombent sans qu’elle puisse les retenir. L'œil droit est en strabisme externe. | |
Il y a, semble-t-il, une très légère raideur.de la tête et des membres sans Kernig. Les réflexes tendineux
BOF Er pee
et cutanés sont tous normaux. malade, qui n'a pas: uriné depuis la veille, est sondée : les urines ne contiennent ni albumine, ni sucre. Pas d céphalée, pas de vomissements. 1
Une ponction lombaire, pratiquée le jour mênre, montre un liquide clair, sans hypertension, sans hyperalbuminose, avec 7 lymphocytes et 0,6 RONDS ETES par millimètre cube ,'à la cellule de Nageotte. Il n’y eut pas d'examen bactériologique.
Du 1*au 11 avril, la température reste très élevée, oscillant faiblement autour de 40°, sans descendre audessous de 39°2, sans monter au-dessus de 4093. La malade est inerte, somnolente. Elle répond ordinairement de façon lucide, les paupières tombées, parfois un peu entr'ouvertes. À de rares intervalles, il ya un peu de délire calme. La constipation qui existait à l'entrée ne tarde pas à disparaître, mais la rétention d'urine persiste. Pas de maux de tête, pas de vomissements.
Le Wassermann dans le sérum sanguin est négatif, ainsi que l’hémoculture pour le bacille typhique et pour les paratyphiques.
La mort survint le 12 avril, dans le coma. L'atôpeié ne put être pratiquée, par suite de l'opposition de la famille.
Malgré les lacunes que présente cette Het rta as je . pense qu'il s'agit [à d’un cas d’encéphialite léthargique.