INTRODUCTION
Au cours de notre internat à l'Hôpital de l’Institut Pasteur, nous avons observé, dans le service de notre Maître le Docteur René MARTIN, une encéphalite aiguë dans la convalescence d’une scarlatine. Cette complication exceptionnelle d’une affection très répandue, nous incita à entreprendre l’étude des atteintes nerveuses à évolution spontanée le plus souvent favorable, qui surviennent au cours ou dans la convalescence de la scarlatine, et qui rappellent par de nombreux points les encéphalo-myélites de la rougeole et de la varicelle.
Nous n’envisagerons pas les troubles nerveux d’origine urémique ou vasculaire (hémorragies, embolies, thromboses) qui apparaissent comme complication banale d’une néphrite ou des troubles cardiaques qui peuvent en résulter. De même, nous ne traiterons pas les complications septiques neuro-méningées qui ont leur origine dans la suppuration d’une cavité cranienne, et dont la méningite scarlatineuse est bien connue depuis les travaux de TEIssIER et de René BÉNARD.
Ainsi délimitées, les complications encéphalo-myélitiques de la scarlatine sont exceptionnelles et infi-
SN free
niment plus rares que celles des autres maladies éruptives. Elles sont cependant connues depuis longtemps. Leur début brutal, leurs signes neurologiques de haute gravité avaient impressionné les anciens auteurs. TRoUssEAU rapporte l’observation d’une méningo-encéphalite diffuse, disparaissant le huitième jour au moment d’une éruption. SHEPHARD (1868), EuLENBERG (1871), LorB (1874) et Anny (1875) signalent des paralysies transitoires au cours de la scarlatine. Dans la littérature médicale de 1889 à 1934 nous avons relevé 19 observations d’encéphalite postscarlatineuse ; les plus connues sont célles que les auteurs belges : Van BoGAERT, DAGNÉLIE, Robert DuBois rapportèrent aux Congrès de Neurologie de Berne (septembre 1931) et de Gand (septembre 1932).
Notre travail sur les encéphalo-myélites de la scarlatine comprendra trois parties :
En premier lieu, nous exposerons une observation inédite. La seconde partie sera consacrée à l’étude générale des encéphalo-myélites de la scarlatine. Dàns la dernière partie, nous examinerons les diverses hypothèses qui ont été émises sur la pathogénie de ces complications. Enfin, après avoir résumé les observations de la littérature médicale, citées au cours des chapitres précédents, nous essaierons de formuler dans une conclusion les notions essentielles qui se dégagent de cette double étude clinique et pathogénique.