‹ L'enchantéeChapitre 21 sur 67 · NOTRE DAME DES PETITS · texte numérisé non relu

NOTRE DAME DES PETITS

Lorsque les petits enfants meurent, — Et la mort choisit les plus beaux ! Tandis que les mères demeurent, A pleurer auprès des berceaux,

Eux, laissant au fond de leurs bières Les langes à leurs bras raidis, Quittent la nuit des cimetières Et s'en vont droit au paradis.

Et vers la Cité souveraine, Tout nus, et frissonnant un peu, Ils avancent, posant à peine Leurs pieds roses sur le ciel bleu.

Ce que voyant, la Vierge mère A leur dénûment compatit, Songeant aux douleurs de la terre Lorsque Jésus était petit.

Et, tout de suite, à sa quenouille, Mettant un cocon de satin, Elle dévide un fil que mouille L'haleine humide du matin.

Puis, le soir venu, Notre-Dame, Prenant les cieux pour marchepied, Pour la tisser, étend sa trame ; Pour la tisser, elle s'assied.

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