LES VIEILLES HORLOGES
A les ouïr sonner, on dirait des aïeules Qui, la quenouille aux doigts,
Le soir, au coin du feu, se parlent toutes seules Des choses d'autrefois.
Ohl le timbre attristé de leur voix frêle et rare.
Oh I les gémissements De leur vieux, très vieux cœur que l'on devine avare
De ses lents battements !
Tout cela souffre, tout cela gémit et pleure Comme l'eau qu'on entend,
*6outte à goutte, du toit fêlé d'une demeure. Filtrer en sanglotant.
C'est qu'à force d'avoir sonné des agonies,
Des adieux et des glas, Yoici qu'il leur a pris des pitiés infinies,
Pour les maux d'ici-bas.
Elles en ont brisé tant, d'âmes et de rêves,
Que l'on croirait sentir, Dans leurs pulsations anxieuses et brèves.
Un vague repentir I
Oh I surtout, elles ont vu mourir tant de vies
Que lasses, à leur tour, Les horloges des temps passés ont des envies
De mourir à leur tour !