‹ L'enchantéeChapitre 20 sur 67 · LES VIEILLES HORLOGES · texte numérisé non relu

LES VIEILLES HORLOGES

A les ouïr sonner, on dirait des aïeules Qui, la quenouille aux doigts,

Le soir, au coin du feu, se parlent toutes seules Des choses d'autrefois.

Ohl le timbre attristé de leur voix frêle et rare.

Oh I les gémissements De leur vieux, très vieux cœur que l'on devine avare

De ses lents battements !

Tout cela souffre, tout cela gémit et pleure Comme l'eau qu'on entend,

*6outte à goutte, du toit fêlé d'une demeure. Filtrer en sanglotant.

C'est qu'à force d'avoir sonné des agonies,

Des adieux et des glas, Yoici qu'il leur a pris des pitiés infinies,

Pour les maux d'ici-bas.

Elles en ont brisé tant, d'âmes et de rêves,

Que l'on croirait sentir, Dans leurs pulsations anxieuses et brèves.

Un vague repentir I

Oh I surtout, elles ont vu mourir tant de vies

Que lasses, à leur tour, Les horloges des temps passés ont des envies

De mourir à leur tour !

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