LES SOUFFRANCES DU PRINTEMPS
L'ivresse des fleurs fait pâmer les âmes, Et les rossignols ont des voix de femmes.
Les adolescents, pâles et rêvant, S'en vont dans les bois lire Lamartine Et laissent flotter leurs cheveux au vent, En lisant les vers du doux Lamartine.
L'ivresse des fleurs fait pâmer les âmes, Et les rossignols ont des voix de femmes.
Leurs cœurs délicats, à peine cntr'ouverts, Gomme des lilas qui viendraient d'éclore, Palpitent au souffle énervant des vers, Comme des lilas qui viendraient d'éclore.
L'ivresse des fleurs fait pâmer les âmes, Et les rossignols ont des voix de femmes.
Et ne trouvant pas à qui faire aveu, Sur la page où luit le beau nom d'Elvire , Ils posent parfois leurs lèvres en feu, Amoureusement, sur le nom d'Elvire.
L'ivresse des fleurs fait pâmer les âmes, Et les rossignols ont des voix de femmes.
Un subtil désir luit dans leur œil noir. Tandis qu'en suivant, à travers les arbres, Le vol d'un nuage, ils rêvent de voir Un profil de vierge à travers les arbres.
L'ivresse des fleurs fait pâmer les âmes, Et les rossignols ont des voix de femmes î