JESUS
Je suis l'Agneau par qui les péchés sont ôtés ; Mes douleurs ont payé la rançon de la terre ; Je me suis revêtu de ses iniquités Et je m'en suis rendu victime volontaire.
Le Seigneur a vidé son carquois sur ma tête, Sa colère m'a fait plus informe qu'un ver, Et, comme l'avait dit la bouche du Prophète, Les bourreaux ont compté tous les os de ma chair.
Les eaux de la douleur ont débordé mon âme. Mon Père m'a tenu broyé sous le pressoir ; Et, le front dans mes mains, plus faible qu'une femme, Je me suis, en pleurant, laissé tomber un soir.
Et, se riant de ma détresse lamentable. Les méchants, accourus vers moi des quatre vents. Ont dit : (( Mettons du bois dans le pain de sa table, Et qu'il n'habite plus la terre des vivants! »
J'ai souffert tout cela pour apaiser mon Père, Afin de réparer tes fautes envers Lui : Espère donc, mon fils, en ma douleur, espère I Et que ta faiblesse ait ma force pour appui.
Les Anges auraient-ils au Livre de vengeance Ecrit avec du feu ton crime en frémissant. Qu'un instant jusqu'à moi ton repentir s'élance. Je les effacerai moi-même avec mon sansr.
Quand, pareil au lépreux assis sur une pierre, Le mal t'aurait vêtu d'une impure hideur, Un seul pleur, en mon nom tombé de ta paupière, A ton âme rendrait sa première splendeur.
Si ton iniquité t'avait, comme Lazare, Durant de longues nuits fait l'époux de la Mort, Ma main t'arracherait à son amour avare Et te ferait lever de son lit sans effort.
Afin de réparer une haine infinie, En vérité, mon fils, en vérité, je dis : N'aurais-tu pour m'aimer qu'une heure d'agonie, Avec moi tu seras, un jour, en Paradis!
L ENCIIAISTEE