ORIENTALE
Entre les hauts palmiers, un palais est construit Sur un golfe infléchi comme une anse d'amphore. Où, dans un ondoîment d'épis glauques, reluit La moisson de la mer innombrable et sonore.
Un escalier descend en marbres cipolins, Egayé de l'cbat harmonieux des vagues, Gardé par des lions dont, sous leurs cils félins, Les prunelles d'émail chatoient comme des bagues.
Au sommet, un portail paraît, éblouissant, Qu'un relief de feuillage et de grappes bosselle, Et qu'offerte à la main de l'hôte ou du passant, Une main d'or massif, de ses doigts clos, martèle.
Les vasques de la cour luisent d'un éclat dur. Où de sveltes jets d'eau vaporisent leurs pluies ; Et les viviers, creusés dans le porphyre pur, Ont des poissons ornés d'agates aux ouïes.
Le jour chemine, atténué, mystérieux.
Dans la solennité blanche des péristyles Fréquentés par des paons graves comme des dieux^ Las des joyaux trop lourds à leurs pennes fragiles.
Or, dans la salle haute et proche de là mer. Qui sous le vif azur des faïences flamboie. Midi raccourcissant son ombre au cadran clair. Le Prince s'est couché sur un divan de soie.