‹ L'enchantéeChapitre 49 sur 67 · L'ÉTERNELLE EMBUCHE · texte numérisé non relu

L'ÉTERNELLE EMBUCHE

Or, nanti de l'Anneau qui sacre la promesse, Pour accomplir le rêve et les labeurs altiers Qu'il a jurés sur l'Evangile de la messe, Le Pèlerin s'en est allé vers les glaciers.

Mais sur les monts dressés en claires pyramides^ Une nuit fastueuse étale ses flots bleus. Les étoiles sur l'eau du firmament sans rides Apparaissent ainsi que des fruits fabuleux, Des fruits d'or détachés des arbres d'Hespérides^

La lune a des douceurs pleines de pâmoison. Sous le silencieux frôler de ses caresses, Le paysage blanc s'émeut d'un long frisson : La brise s'alanguit de vernales paresses, Et la lune répand sa lente pâmoison.

Et surgit un décor de Forêt enchantée : Les arbres sont houleux de feuilles et de fleurs. Et les souffles dont leur ramure est éventée, Alourdis de parfums et chargés de langueurs, Bercent d'un noir sommeil la Forêt enchantée.

SONGE d'hiver 177

Des rivières d'argent entrelacent leurs eaux Et mêlent leurs détours sous les lourdes feuillées ; A leurs bords murmurants s'inclinent des roseaux, Et l'on voit, renversant leurs corolles mouillées. De grandes fleurs de pourpre osciller sur les eaux.

Puis, la Forêt s'emplit d'unanimes murmures,

Et dans l'obscurité qui tombe des ramures.

Sous les feuillages lourds d'un vieil enchantement,

Vers les berges du fleuve, à travers les clairières.

Où sur la mousse la lune tend ses lumières,

C'est comme le réveil et le fourmillement

Des rêves sensuels et vivants de la Fable :

La Dryade revit dans le chêne et l'érable

Et, jetant ses bras blancs au-dessus de son front,

Délivre, palpitant, son torse clair du tronc ;

Le Faune aux pieds velus court sur elle et, farouche,

Mord d'un baiser ardent les roses de sa bouche,

Cependant que, parmi les touffes de roseaux Qui, mêlés de glaïeuls, hérissent leurs faisceaux. Belles comme des lis nocturnes, les Naïades Serpentines, sous l'or fluvial des torsades, Le front enguirlandé de lotus et d'iris, Se dressent sur les eaux d'entre les tamaris; Et r^^gipan, blotti près de là sous les saules, Vers la tentation des seins et des épaules Darde, sous ses cils roux, l'éclair de ses yeux pers. La flûte rit au souffle et sous les doigts experts Des Sylvains, qui, suivant d'erotiques cadences, Des Nymphes et des Pans entrelacent les danses.

Tenté par le sentier à ses pas inconnu, Et déjà moins épris de l'œuvre qui l'appelle, Le Pèlerin au cœur téméraire est venu Dans la grotte où l'attend la Vénus éternelle.

SONGE d'hiver 179

Et telle que la mer, un jour, la vit sortir Des flots salés et de l'é :ume créatrice, Nue en la conque où saigne une pourpre de ïyr, Eblouissante, dort l'antique tentatrice.

Elle repose en sa formidable Tel un trophée en un bûcher expiatoire. Son impassible iifÊÊf^TÛle dans la clarté De ses cheveux incendiant son corps d'ivoire.

Un bruit d'eau vive tinte au marbre des bassins, Et, dans l'air épaissi de lourdes ambroisies, Haussant les torches, vont des nymphes aux beaux- Que la Déesse pour suivantes s'est choisies.

Et, secouant sa chevelure de soleil.

Radieuse d'avoir vaincu son lourd sommeil, La douce, la cruelle et fatale déesse.

Avec un rire aigu, blanche et rose, se dresse

180 l'eîîchamée

0 l'Attcnda des longs siècles que j'ai dormis I

Toi que, pendant mille ans, mes songes m'ont promis

Vainement, prévoyant les antiques embûches.

Comme un enfant devant les abeilles des ruches.

Vers l'œuvre et les sommets vierges que tu rêvas,

Poursuivi par l'essaim des ^Ij^iislt^ tu t'en vas :

Tu n'emporteras pas vers les cimes ton âme

Intacte de la lèvre et du i^ft^ de la ll(jjltàj^y^;

Tes mains ne seront pas pures pour les encens

Et les parfums offerts parmi les innocents; J

Tu n'érigeras pas ton église de neige,

Ni l'autel que ton Dieu doit élire pour siège.

Car, déesse des jours anciens je suis encor L'Immortelle, l'Inéluctable; et le trésor Est toujours en mes mains de la totale;^JS}ô, Et de la ^«j|J0l? divine qui foudroie.

Je suis Celle vers qui les Désirs Wj^^JT '> Comme des lévriers après l'eau des étangs. Accourent à travers les halliers et les sentes ; Je suis le fruit offert aux •Sjlfc-âérfwccftle?, Qui fait aimer mourir à ceux qui l'ont goûté.

SONGE d'hiver 181

« Comme les eaux par qui mon corps fut enfanté, « La saveur de ma ijf #f laissera sur ta lèvre « La brûlure et la soif d'une éternelle fièvre.

((Et c'est moi latfj|*i***e invincible qui vaincra (( Le martial espoir dont ton cœur s'enivra, (( Qui pour se faire un lit de leurs gerbes froissées, (( Arrachera l^/ÊTjHffs de tes chastes p^iis^s.

u Fi)^^;<v;iiCîe des insignes virginaux, « Mes mains lacéreront le manteau symbolique, (( Et, ^iAÉt comme la mort, en leurs tièdes anneaux (( Mes cheveux d'or te lisseront une tunique. »

Le matin fleurissant aux rosiers de l'éther S'épanouit dans la blancheur du ciel d'hiver. Et, chanteurs de versets et de proses latines. Des Pèlerins, au loin, célèbrent les Matines :

182 l'enchamée

La Grâce siège sur vos lèvres, c'est pourquoi Vos pieds sont établis dans la maison du Roi.

Vous êtes toute belle, ô noire bien-aimée, Et votre cœur est tel qu'une vigne fermée.

- « Comme un cèdre sur le Liban, comme un cyprès Dans Gadès, élevé par-dessus les forêts, Gomme un rosier en Jéricho, comme un platane Dressé sur les bassins de Suse et d'Ecbatane, Avant que soient l'Abîme et la Création, M

J'étais par le Seigneur exaltée en Sion.

J'étais avant le Temps, le Jour et la Lumière. Avant que le Soleil ait couru sa carrière, Quand le Seigneur courbait la voûte de l'éther, Et lorsqu'il étayait la terre de pilastres. Et, vagissante, en ses langes, couchait la mer; Pendant qu'il ciselait le chandelier des astres. Comme un enfant jouant sous le toit paternel, Je m'ébattais devant les yeux de l'Eternel. )>

Mais le chant fraternel ne l'a pas consolé.

Accablé par la faute, et honteux du délice

Dont son âme d'enfant fut à peine complice,

Le Pèlerin, dolent et seul, s'en est allé.

Et renonçant à l'œuvre et trop pure et trop vaste

Qui veut pour l'accomplir une main ferme et chaste,

Il a repris d'un pas attristé le chemin

Qui le ramène, hélas I vers un sort trop humain.

Di Le Et

Et De Lei Et

Une chambre du château.

LE VIEIL INTENDANT

Ils ont huilé les gonds de la poterne, ils ont Du fer de la faucille abattu les broussailles, Les clématites dont s'obstruait le vieux pont. Et les ronces sortant aux fentes des murailles.

Et dans la cour, afin d'émonder les sureaux Dont les rameaux cassaient sous le poids des ombelles. Leurs serpes ont fait choir un nid de passereaux. Et les petits, éclos d'hier, encor sans ailes.

186 L'ENCHA-NTÉE

Les uns ont rattaché la vigne aux espaliers, Et les ceps vagabonds qui barraient les allées ; D'autres ont arraché les touffes d'églantiers Qui se couvraient déjà de leurs fleurs étoilées.

Et maintenant, la bêche et le sarcloir en main, Avant que meure la lueur du crépuscule. Les moins âgés s'en vont nettoyer le chemin Envahi par le trèfle et par la renoncule.

Exit.

LyAIVE, seule.

Ainsi, parce qu'ils ont pressenti le retour De l'Absent que retient une terre inconnue. Mes très vieux serviteurs ont peiné tout le jour Pour parer ma demeure et fêter sa venue.

Or, voici que j'ai peur, ce soir, de le revoir; J'ai peur de son retour comme on a peur d'un rêve,. Et j'ai peur de ses yeux comme on a peur du soir, J'ai peur de son retour comme on a peur d'un rêve.

Oh I sera-t-il Celui de qui je me souviens ? Et retrouvera-t-il en moi la Bien-Aimée ? Serai-je en cor la fleur de ses amours anciens, Digne de fleurir seule en son âme embaumée?

Et rapportera-t-il la subtile senteur Des baumes étrangers et des flores lointaines? Ou l'arôme salé dont l'Océan chanteur Imprègne les marins dormant sous les antennes ?

Aura-t-il, en quelqu'un des bazars d'Orient, Acheté des bijoux merveilleux et barbares ; Un bracelet formé d'un aspic d'or, ayant A la place des yeux, deux émeraudes rares;

Des miroirs encadrés de saphirs pâlissants. Des colliers enrichis de vieux diamants roses. Des éventails coupés aux pennes des faisans, Et des perles en des cofl'rets de santal closes ?

188 L Ej^chantée

Les femmes de là-bas ont dû l'aimer aussi, Et brûler devant lui l'encens des cassolettes : J'ai peur de ma tristesse et de mes larmes... Si J'allais voir à son cou luire leurs amulettes!

Un cygne vient de dehors se poser au bord de la fenêtre ; Lyane, le caressant :

Pèseï

wesi

Lilial gardien des lacs du Souvenir, Harmonieux ami de mes jours solitaires, 0 mon Cygne! sais-tu qu'aujourd'hui va venir Celui qu'ont attendu nos espoirs solitaires.^

Sais-tu que renaîtront les soirs qui n'étaient plus, Les beaux soirs sous les cieux refleuris de leurs roses, Que tu nous reverras, comme aux jours révolus,

Emietter du pain dans l'onde où tu reposes? ^

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Sais-tu que, remontés dans la nef d'autrefois, "hk]i

Et remorqués à la lumière de tes ailes, mmd

Nous nous ferons bercer encor, comme deux rois, m^^].

En regardant le vol des folles demoiselles ? .[) j^g i

Le cygne s'en va. Lyane reste accoudée à la fenêtre. Un homme entre ; Lyane, qui le pressent derrière elle, murmure :

Ohl Spératus est là. Ses regards sur mon âme Pèsent comme un manteau de diamants en flamme.

Elle se retourne ; ils se regardent. Puis il» s'étreignent longuement, en silence.

Spératus

Ohl le miel retrouvé de ta lèvre, est-ce bien Le même que celui de ton baiser ancien? Il avait autrefois des douceurs dont il semble Que se soit en allé quelque chose...

Lyaine, à part.

Je tremble!

à Spératus

Mon bien-aimé, ce doute est mal. Ne suis-je encor Ta douce, ton unique Lyane aux yeux d'or. Bonne pour t' enlacer comme une folle vigne Dans la félicité de sa caresse, digne D'être la bien-aimée entre toutes encor?

Ôli ! de toi, sur mon front, la douloureuse attente

A peut-être laissé sa tristesse latente;

Mais reconnais mes yeux, mon espéré, dis-moi

Qu'ils sont le lac où j'ai thésaurisé pour toi

Les sereines lueurs de nos pures étoiles,

Et l'âme des beaux soirs vécus auprès de toi.

Lorsque nous nous aimions sous les fraîches étoiles.

Souviens-toi des beaux jours passés, et sur mes mains;} Respire le parfum retrouvé de nos roses, Et l'arôme des lis cueillis en nos jardins, Qu'exaltait le déclin des crépuscules roses.

Déroule mes cheveux et souviens-toi du soir, Du dernier soir entrant, si doux, par la fenêtre. Cependant que, pleurant dans l'ombre, sans nous voir,] En de muets adieux nous confondions notre être : Déroule mes cheveux et souviens-toi du soir, Du dernier soir entrant, si doux, par la fenêtre I

Spératus

Oui, je me souA^iens, oui ma Lyane, et pourtant, Je ne sais quoi de leur suavité perdue M'attriste comme un chant d'une voix qui s'est tue, D'une voix chère qui serait morte en chantant.

Lyane, à part.

Au pays qu'il a vu, les yeux de quelque femme En leurs algues d'amour ont retenu son âme.

Elle l'entraîne vers la fenêtre.

Reconnais l'air ancien qui s'exhale des bois Embaumés de parfums par les mêmes ramures. La nuit n'est-elle pas sur nous, comme autrefois, Fraîche comme un déroulement de chevelures?

S'exallant:

Jamais le firmament ne m'apparut plus clair,

Et jamais, dans les cieux profonds comme des mousses,

Les vers luisants, au bord des routes de l'éther.

Ne se sont répandus en des clartés plus douces.

Ohl quelque fête aussi se célèbre là-haut.

Pour que luisent ainsi les lampes vespérales ;

192 l'enchaî^tée

Quelqu'un que Ton aimait arrive, dont il faut Pavoiser le chemin d'un joncher de pétales ; Ou peut-être, les paons divins, sur leur juchoir, Ocellent d'or lointain les pennes de leur queue, Ou quelque blé battu par les fléaux du soir Se dissémine au bord de la grande aire bleue I

Ils restent silencieux quelques instants. Et, de voir Spératus plus triste, Lyane pleure doucement et murmure:

Mais tu n'es plus celui qui m'aimait ; un regret Au pays d'où tu viens exile encor ton âme ; Ahl je devine trop que la main d'une femme A dévidé de la quenouille ou du touret Le charme insidieux qui captive ton âme.

As- tu bu dans sa coupe un breuvage méchant?

T'a-t-elle fait dormir sous un arbre épanchant

L'ombre funeste et léthéenne de ses palmes?

Ou, cueillis par ses mains, au bord des fleuves calmes.

As-tu mangé les fruits des lotus vénéneux

Et connu la douceur de m'oublier en eux ? \

Ou seulement, peut-être, a-t-elle en quelque chambre

D'un palais d'Orient pavé d'émaux et d'ors,

Où des trépieds ardents brûlaient des perles d'ambre, Devant toi, dans un clair bassin, baigné son corps? Ou bien, près de ta tente, un midi, l'as-tu vue. Sous le soleil mordant son beau haie, les reins Cambrés, selon l'accord d'une danse inconnue, Se balancer au battement des tambourins ? Oh ! quel subtil poison distillait sa prunelle. Quels parfums tout puissants s'exhalaient de sa chair. Pour que te navre ainsi le mal d'être loin d'elle ; Pour qu'au fond de tes yeux, comme en un lac amer. Le regret immergé de sa caresse laisse Remonter une flore étrange de tristesse I

Spératus

Eh bien ! écoute : oui, c'est une femme ; mais Elle n'est point venue à l'ombre de ma tente; Je ne suis pas allé dans son palais ; jamais. Même, je n'ai souffert d'une chair éclatante Ni d'une danse au rythme onduleux, ni du chant Des femmes que l'on voit, vers le soir, se penchant Aux margelles des puits d'Assur ou de Lahore, Et qui font boire les passants à leur amphore.

Mais, comme je veillais dans les huniers, un soir, Voici que cette femme étrangère et fatale A la poupe de mon navire vint s'asseoir.

Elle croisait ses mains pâles comme l'opale ; Des diamants obscurs scintillaient à ses doigts ; Et le tissu de sa tunique d'hyacinthe Se cassait en plis lourds à ses pieds, sous le poids De vieux joyaux dont la lueur semblait éteinte.

Elle était ceinte au front de larges fleurs d'argent. Dans la mer où la nuit noyait ses lueurs vagues, Sa chevelure, en nappes d'ombre s'immergeant, Faisait comme une pluie éparse sur les vagues; Elle ne regardait ni l'azur, ni la mer; Car ses yeux étaient tels que des fenêtres closes. Qui ne semblent mirer que d'invisibles choses, Ou que des lacs gelés par les vents de l'hiver.

Elle croisa ses mains pâles comme l'opale, Et s'assit à la poupe, immobile et fatale.

Or, Ton ne savait pas son nom: les matelots

Ne se rappelaient point le jour de sa venue,

Et, quoiqu'on la sentît plus vieille que les flots,

A son ombre on mourait d'une mort inconnue;

Les arômes de ses cheveux seigneuriaux

Envenimaient les vents marins de nostalgies,

Et les feux violets de ses très vieux joyaux

D'invincibles sommeils endormaient les vigies;

Les rameurs languissaient renversés sur leurs bancs ;

Les matelots tombaient à ses pieds des haubans,

Et les mousses enfants pleuraient, et leur corps mièvre

Sous ses mornes regards grelottait pris de fièvre.

Chaque soir, à l'arrière. Elle venait ainsi.

Traînant ses cheveux lourds comme une nuit d'automne

Et j'ai senti mon sang dans mes veines transi

Au lapidaire éclair de sa prunelle atone.

Et ses cheveux encor se traînent dans mon cœur : J'ai le froid de ses mains d'opale sur mon âme ; J'ai froid même sous tes caresses, et j'ai peur. Oh ! j'ai peur de revoir les yeux de cette femme.

Ils restent tous les deux silencieux, serrés l'un contre l'autre, comme pour se défendre de l'Ennemie invisible. — Soudain, entre ïe rieil intendant.

LE VIEIL INTENDANT

0 maîtresse I Le Cygne est mort I . . . Elle a tué Le Cygne, la Femme aux mains pâles Ta tué!

Ils se regardent éperdus. Long silence.

LE VIEIL INTENDANT

Des bijoux noirs luisaient aux doigts de sa main nue; Je ne sais pas comment cette femme est venue : Elle avait des cheveux terribles I Nous avons Failli mourir de ses yeux froids. Nous ne savons Comment Elle a tué le Cygne en Tavenue, Tant luisaient ses bijoux sombres sur sa main nue.

Il se met à pleurer, et, plusieurs fois, il répète :

Nous ne savons comment cette Femme est venue. Gomment elle a tué le Cygne en l'avenue.

Deux vieux serviteurs entrent, portant le Cygne dont la tête pend.

SpÉRATUS, sombre.

Il est mort d'Elle comme on s'endort I...

Lyane se renverse dans les bras de Spératus et s'écrie

La Mortl La Mort! La Mort!

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