‹ L'enchantéeChapitre 66 sur 67 · CONTE · texte numérisé non relu

CONTE

Mon Rêve fut pareil aux villes d'Armorique Mirant leurs clochers gris dans un océan clair : Ses hardis carillons éparpillés dans l'air S'envolaient vers la mer d'un essor chimérique.

Aux anneaux de ses quais, dans la rade féerique, Des navires, tendant leurs amarres de fer, Frémissaient à l'espoir de quelque départ fier Sur les chemins mystérieux d'une Amérique...

Mais voici que la Vie, en sa haineuse faim, A rongé si longtemps les digues qu'à la fin Les flots se sont rués sur la cité du Rêve.

Et de tout ce qu'ils ont engouffré sous leurs plis, La nuit, quand le vent souffle, on entend vers la grève. Tinter le glas dans les clochers ensevelis.

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