CONVALESCENCE
Souvent, quand Février commence Et que l'hiver devient bénin, Le ciel prend un air féminin Et des teints de convalescence.
Alors, vaguement souffreteux Et frissonnant au moindre souffle, A midi même, il emmitoufle De brumes ses azurs laiteux.
Et le soleil, blanc, d'un blanc fade Cerné de bistre, intermittent, Regarde d'un regard flottant Comme ferait l'œil d'un malade.
El la nature est immobile, Et tout se tait, et l'on a peur De troubler la douce torpeur Qui revêt l'univers débile.
Car l'on doute si ce sommeil, Avec sa langueur infinie, Des choses prépare l'éveil, Ou prélude à leur agonie.