‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 171 sur 219 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Ce ne sont plus les Jésuites, ni les rédacteurs du Monde, c’est toute une armée de cardinaux, monsignori, religieux, prêtres, employés, valets, c’est-à-dire c’est Rome entière, soudoyée, excitée, ameutée contre la France et la civilisation moderne par l’Autriche, l’ancien régime et les anciens partis. Était-ce la peine de faire le voyage de Rome , pour nous donner cette pâle copie des articles, dont le Siècle et YOpinmi nationale fatiguent depuis si longtemps leurs lecteurs?

Grands politiques, qui avez tant de peine à vous mettre d’accord, et qui cherchez si loin l’explication des invincibles résistances de l’Église, oui, vous avez raison : il y a, en France, une force supérieure aux fidèles, supérieure au clergé, supérieure aux évêques les plus capables et les plus indépendants, et cotte force, elle est à Rome. A Rome même, il y a une force supérieure aux congrégations, supérieure aux cardinaux, une force à laquelle le Pape lui-même obéit, et contre laquelle tous les conseils de la prudence humaine, toutes les habiletés de la diplomatie, toutes les séductions et les menaces viennent se briser. Mais cette force défie vos investigations, parce qu’elle n’est d’aucun homme ni d’aucun parti , d’aucun temps ni d’aucun lieu, et qu’elle est infiniment au-dessus dos frêles instruments en qui vous prétendez la surprendre. Cette force, c’est l’Esprit-Saint en personne. Il conduit etil fait vivre l’Église, malgré les attaquas de ses ennemis, malgré la faiblesse de ses membres, et, la me-

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liant de victoire en victoire à travers les siècles et les tempêtes, il nous donne le spectacle perpétuel du plus éclatant, du plus inexplicable des miracles.

Entre la cité du mal et la cité de Dieu, la guerre est permanente. Mais elle a pris de nos jours des proportions plus larges et plus décisives : les hommes et les peuples y sont engagés, avec toutes les armes d’une civilisation perfectionnée. En des temps simples et grossiers, la société a pu vivre, des siècles, sur des fragments de vérité , alors suffisants pour préserver l’ordre, la famille et là propriété. Aujourd’hui, ce n’est pas trop de la vérité complète pour arrêter la dissolution sociale.

Ceux qui ne voient pas le péril, et qui mettent leur zèle à en trouver et à en combattre d’imaginaires, se font sans le savoir les alliés de l’ennemi, qui ne demande qu’à nous diviser, et à cheminer, sans être aperçu, jusqu’au cœur de la place. En guerroyant contre l’ultramontanisme, c’est l’Église qu’on attaque, qu’on enchaîne, qu’on paralyse. En voulant maintenir l’équilibre entre les ultramontains et les révolutionnaires, on favorise directement le mal religieux, politique et social, que signale l’Église , et contre lequel toutes nos forces devraient se réunir. On laisse libre carrière aux destructeurs dé toute autorité et de toute liberté, et l’on condamne la société à des violences, à des châtiments, infiniment plus nombreux et plus tristes que ceux qu’on prétend lui éviter.

Pour la liberté illimitée du bien, comme pour la

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