‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 173 sur 219 · Prop. 22 et · texte numérisé non relu

Prop. 22 et

CHAPITUK XXII.

Il faut qu’en présence de Jésus-Christ, vivant et régnant dans son Église, et sous la présidence du Pape, son Vicaire, les chefs et les représentants des peuples catholiques, assemblés en congrès, rétablissent les grandes vérités, dont les principes de 1789 n’ont été que la fausse monnaie. Les vrais principes à proclamer nous sont désormais connus. Les hommes et les peuples sont d’autant plus libres et plus unis qu’ils sont plus chrétiens. Le pouvoir vient de Dieu, et a droit au respect, tant qu’il n'a pas foulé aux pieds les engagements dont l’Église est le témoin. La liberté publique consiste, pour chacun , à pouvoir faire tout ce qui est bien. La loi est l’expression de la justice éternelle, dans la mesure où elle peut être réalisée sur la terre, et elle doit, avant tout, assurer le respect de la vérité religieuse , politique et sociale, base de la véritable liberté. Enfin, toute société , dans laquelle l’indépendance et la liberté de l’Église ne sont pas garanties, n’a ni con.stitution ni liberté dignes de ce nom.

On m’accordera, je l’espère, le mérite d’une entière franchise. Mais on trouvera , peut-être , cet exposé inopportun. A quoi bon demander tant de choses à la fois, au risque de perdre celles que l’on possède déjà? Pourquoi ne pas se conformer à l’esprit du temps, en ménager les susceptibilités , les exigences , voire même les illusions? Pourquoi ne pas se faire libéral à la mode, et ne pas crier vive 89 , sauf à interpréter à sa façon ces principes si élastiques et si goûtés? Pourquoi ne pas chercher à plaire au pouvoir, en glissant

CONCLUSION

habilement sur les articles organiques ; aux beaux esprits, en donnant la main à tous les spiritualismes; au peuple, en lui parlant de sa toute-puissante souveraineté? Pourquoi ne pas s’avancer petit à petit, et ne pas attendre qu’on soit les plus forts , pour dire comment on usera du pouvoir?

Pourquoi ? Parce que ce serait précisément manquer à la loyauté, qui est notre premier devoir, et justifier des reproches que nous n’avons jamais mérités; parce qu’à ceux qui nous attaquent en face, et qui veulent savoir le fond de notre pensée , il faut la dire sans réticence et sans ménagements; parce que le temps des vérités diminuées est passé, et qu’une affirmation nette a seule quelque valeur. Caresser le pouvoir par un air d’approbation , c’est le tromper et lui laisser ignorer des dangers sur lesquels il ferme les yeux. Vanter les services que les philosophes rendent à l’esprit humain et à la société , c’est pousser à leur ruine la raison, la science et la philosophie, qui se perdent sans le flambeau de la Foi. Flatter le peuple en adorant son infaillibilité, c’est trahir ses intérêts les plus chers, et le conduire par les illusions révolutionnaires à une servitude inévitable. Ces périls, ces erreurs peuvent sommeiller à certaines époques. Les catholiques se résignent alors à une liberté restreinte, à une tolérance transitoire , qui vaut encore mieux que la persécution. Mais ce ne peut être là qu’une trêve, pendant laquelle le mal creuse, mine le terrain, prépare et organise ses forces. Et, quand l’édifice religieux.

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