‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 174 sur 219 · CHAPITRE XXIf · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIf

politique et social est à la veille d’un nouvel assaut, ce serait manquer à son premier devoir de citoyen dévoué à son pays, dévoué à l’autorité, dévoué à la liberté, dévoué aux intérêts populaires , que de ne pas élever la voix pour signaler nettement le danger.

Nous sommes aujourd’hui à l’une de ces heures solennelles. Chez nous, le schisme est usé, le protestantisme est usé, le gallicanisme est u.sé, les corporations et les aristocraties sont usées, la foi dynastique et la foi libérale sont usées. La révolution elle-même n’est plus cette jeune fée, qui naguère encore charmait tous les cœurs; comme la digne aïeule que Michelet lui a trouvée au moyen âge, c’est une vieille sorcière, ridée et décrépite, réduite à de ténébreuses machinations. Con-

vaincusd’impuissance, les principes de 1789 sontencore debout, comme une de ces idoles vermoulues, qu’un dernier nuage d’encens dérobe au juste mépris de la foule. Ils ont eu toutefois cet avantage, en poussant l’erreur à ses extrêmes limites, de ramener forcément 1 homme à la vérité qu’ils niaient. Leur dernière et suprême formulé est la séparation chimérique de l’Église et de l’État, séparation qui les conduirait tous deux à leur ruine, si elle ne les réunissait bientôt en une alliance plus étroite et plus intime que jamais. Ainsi, après avoir tout détruit et s’être détruits euxmêmes, les principes de 1789 ne nous laissent plus d’autre alternative que de tout rebâtir sur la base chrétienne, ou, sinon, de retomber dans la barbarie et dans la servitude païennes.

CONCLUSIOIV.

Ce sont là les deux types, les deux religions, les deux systèmes, entre lesquels tout homme, tout gouvernement, tout peuple doit choisir. Ici, César, menant à Néron et à Caligula; là , Charlemagne conduisant à saint Louis et à la grande fédération chrétienne. D’un côté, l’individualisme, l’exploitation de l’homme par l’homme, et la traite des blancs ; de l’autre, l’association et l’émancipation progressives de toutes les forces humaines. A la fleur de l’âge et au comble de la prospérité, Napoléon I®'' eut, lui aussi, ces deux voies ouvertes devant lui; signant le concordat et sacré par Pie VII, il semblait à la veille de devenir un nouveau Charlemagne, quand le génie païen de César troubla sa vue, et l’entraîna vers les rêves de domination universelle qui l’ont perdu. Comme lui, la France d’aujourd’hui hésite entre un retour complet à la liberté catholique et le mirage du césarisme antique. Mais, qu’elle le sache bien, elle est la fille aînée de l’Église, et elle ne réussira jamais à changer son rôle providentiel contre celui des conquérants et des dominateurs vulgaires. Toutes les fois qu’elle se contentera d’être la première des nations catholiques, et la plus fidèle à défendre le Saint-Siège , elle grandira et reprendra sa légitime prépondérance ; si elle veut sortir de sa voie, elle se brisera.

Maintenant, comment réaliser cet essor et ce triomphe de toutes les vraies libertés ? Est-ce à la façon des révolutionnaires et des despotes, c’est-à-dire par la ruse ou la violence, parla révolte et les conspirations?

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