CHAPITRE X
LE SCHISME OU l’ÉCLISE DANS l’ÉTAT.
Les peuples catholiques aimaient l’Église, la justice et la liberté avec la même passion, avec la même fierté chevaleresque. Quiconque osait porter la main sur un autel ou sur un pauvre de Jésus-Christ, sur une cité chrétienne ou sur une femme sans défense, voyait se lever contre lui dix, vingt, mille, cent mille volontaires, prêts à donner leur vie pour venger cette insulte ou cette oppression. De plus en plus réduites et domptées, l’ambition, la volupté, l’avarice, rongeaient leur frein et enviaient tout bas la pâture si abondante dont Mahomet les avait dotées en Orient. Mais, comment entamer l’édifice catholique, comment s’en emparer, et en chasser la multitude , pour en faire le palais de l’égoïsme et de quelques convoitises privilégiées? Sous peine de manquer son but. et d’être repoussé par l’indignation populaire, il y fallait de la lenteur, de l’habileté, surtout de l’hypocrisie. Sans rien changer à la doctrine, ni à la hiérarchie, en flattant au contraire la multitude, le clergé et jusqu’aux évêques, le mieux était, pour