‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 85 sur 219 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

droit de se dire la seule vraie religion , et l’on pouvait ‘ trouver une autre forme de christianisme aussi agréable à Dieu et aussi utile au salut des âmes.

Aujourd’hui que le protestantisme est devenu, pour les uns, une cioyance traditionnelle, reçue de leurs aïeux , et souvent accompagnée de vertus respectables; pour les autres, un rationalisme élastique , se dégageant peu à peu de toutes les formes religieuses, de tous les enseignements bibliques , et aboutissant au règne de la raison pure, il est facile d’oublier ce qu’était à son début la réforme du xvi® siècle. A cette époque, on ne faisait pas des religions nouvelles pour le plaisir de ruiner celle de ses pères, mais bien pour prendre plus facilement la place, la fortune, et au besoin la femme d’autrui. Cette nouvelle brèche à la vérité (et c’était sa raison d’être) ouvrait carjrière à bien d’autres licences que le schisme , bon tout au plus à caresser l’ambition des souverains et l’orgueil de quelques légistes. Jusqu’alors, eût-on tenu le Pape prisonnier, on ne pouvait ni divorcer, ni prêter à usure, ni voler le bien des couvents, et il en avait coûté cher aux Albigeois pour le tenter. Mais, l’autorité spirituelle s’étant peu à peu affaiblie sous l’étreinte du pouvoir civil , nobles , gens de lettres et financiers purent reprendre impunément, sous prétexte d’affranchissement, un pian commun d’exploitation et de falsification aristocratiques du christianisme.

Page 1