‹ L'encyclique du 8 décembre 1864 et les principes de 1789;Chapitre 86 sur 219 · Prop · texte numérisé non relu

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La civilisation avait marché. Ce n’étaient plus des brigands, vivant dans leurs donjons de crimes mystérieux; mais de beaux esprits, pétris de latin et de philosophie, des chevaliers galants, des marchands riches et aventureux, pensant que leur jour était venu, et qu’à eux appartenait le droit de régir le monde selon leur bon plaisir. Ne pouvant tout changer à la fois (le bon peuple aurait encore pu se révolter), on convint de garder la Bible, à condition de l’interpréter à son gré, d’en déduire le divorce, la bigamie, voire même la polygamie. Tout moine défroqué, tout prêtre sans mœurs devint un petit prophète infaillible, au service de son seigneur, ou parfois seigneur et pontife lui-même. Nobles et sectaires s’entendirent pour partager les biens de l’Église, au nom du pur Évangile. Entre ces mains choisies, le libre examen était un instrument précieux; mais si, par malheur, quelque pauvre diable s’avisait d’y toucher à son tour, gare la torture et le bûcher. On fit voir aux paysans d’Allemagne que la réforme n’était pas faite pour gens de leur espèce , et qu’ils de . vaient se tenir pour honorés de suivre la religion de leur seigneur. Il est sur les bords du Rhin tel village qui, en cinquante ans, a dix fois changé de confession. Quiconque résistait était banni, saisi, brûlé, et ses biens conûsqués, toujours au nom de la liberté de conscience.

En vérité, à ces inventeurs de religions, qui se connaissaient entre eux, il a fallu toute la gravité anglo-

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