‹ L'Encyclique: Les Principes de 1789Chapitre 2 sur 51 · Déclaration des évêques, du 9 juin · texte numérisé non relu

Déclaration des évêques, du 9 juin

Dans le vaste champ tracé par la théologie s'ouvre la voie de la politique et du bon sens, et, pour le catholique, la foi n’est qu’un flambeau, à la lumière duquel s’exercent la liberté et le devoir du citoyen. En accomplissant la mission doctrinale qui leur est réservée, les évêques ont eu soin de nous avertir que, posant les principes, l'Église ne prétendait nullement nous contraindre à les appliquer d’une façon violente, absolue, chimérique, et encore moins nous ramener au type odieux de l’absolutisme et de l’ancien régime. Mais, s'ils ont fait justice des extravagants qui faussaient et calomniaient l'Encyclique, ils ne condamnent pas moins sévèrement ceux qui n'y verraient qu'un exposé platonique de doctrines immuables, dont on pourrait librement et indéfiniment s'écarter dans la pratique, pourvu qu’on les respectt en principe, et ils nous invitent à voir comment nous pouvons, au temps où nous sommes et dans le pays que nous habitons, travailler chacun d’une façon pacifique et régulière, mais en même temps ferme et persévérante, à réaliser le type de vraie liberté que proclame l'Église.

Quelles sont d’un côté les lois invariables de toute société, de l’autre les nécessités particulières, les tendances, les passions, les préjugés, les erreurs, les dangers de celle où nous vivons? Les principes en qui elle a placé sa confiance sont-ils réellement en opposition

avec ceux de l'Encyclique? Si elle se trompe sur un

PRÉFACE. 5 point aussi grave, n'est-ce pas compromettre son avenir et sa vie? Dans quelle mesure peut-elle encore échapper à ce péril et rentrer dans la voie du progrès véritable? Voilà pour qui aime sa patrie, pour qui aime la liberté (et le chrétien les aime plus que personne), un problème urgent à résoudre. Point de doute, point d’incertitude, point d’insouciance possible sur un pareil sujet, et quand, après y avoir mürement réfléchi, on est arrivé à voir clairement ce qui importe au bien et au salut commun, rien au monde ne saurait dispenser ni empêcher de le dire à son pays.

Ce n’est donc pas ici une œuvre théologique, qui ne serait pas de ma compétence, et qui, après les enseignements de nos évêques, serait aussi superflue que déplacée ; c’est un simple exposé politique et pratique, fait pour répondre à l'appel de l’Église et en tous points, je l’espère, conforme à sa doctrine, que je soumets au

bon sens public.

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