‹ L'Encyclique: Les Principes de 1789Chapitre 20 sur 51 · Prop. 36 ct · texte numérisé non relu

Prop. 36 ct

L'ÉGLISE DANS L'ÉTAT. 175 dants de lui, et qui portait en germe toutes les révolutions futures.

A les entendre, le Pape et l'Église pouvaient, ce qui ne s'était jamais vu, être en désaccord sur les questions de doctrine. En ce cas, le plus sûr était de donner la raison au plus grand nombre, de trancher les difficultés en concile, à la majorité des voix, et de réduire le Pape à n'être que le délégué du concile et l’exécuteur de ses décrets. Ainsi l'autorité viendrait, non plus d'en haut, mais d'en bas, et le Saint-Esprit aurait pour interprète de ses inspirations des assemblées que les princes seraient toujours libres d'empêcher, et une majorité variable à la merci des passions et des intrigues.

Prôné depuis par tous les ennemis de l’Église, ce qui donne sa vraie mesure, ce système de délégation séduisit un instant les assemblées de Bâle et de Constance. Puis, condammné par Rome et abandonné comme faux et impraticable, il trouva un refuge dans la pragmatique sanction de Bourges et dans les traditions persistantes des légistes français, qui l'ont reproduit jusqu’en 1682. Suivant eux, le Pape ne serait infaillible qu'avec l’assentiment d’un concile æœcuménique; même avec cette sanction suprême, ses décrets et ses décisions! n’obligeraient la France que s'ils y avaient été promulgués par le pouvoir civil. De son côté, l’État?

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