‹ L'Encyclique Quanta Cura et le syllabus [microforme]Chapitre 3 sur 14 · RENE · texte numérisé non relu

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ne doit rien décréter qui puisse lier la conscience des fidèles relativement à l'usage des biens temporels ; que l'Eglise n’a pas le droit de réprimer par des peines temporelles les violateurs de ses lois : qu’il est conforme aux principes de la théologie et du droit public de conférer et de maintenir au gouvernement civil la propriété des bienS possédés par l'Eglise, par les congrégations religieuses et par les autres institutions pies. ”

Ils n’ont pas honte de professer hautement et publiquement les axiômes et les principes des hérétiques, source de mille erreurs et de funestes maximes. Ils répètent, en effet, que “‘la Puissance ecclésiastique n’est pas, de droit divin, distincte et indépendante de la puissance civile; et que cette distinction et cette indépendance ne peut exister sans que l'Eglise envahisse et usurpe les droits essentiels de la puissance civile. ”

Nous ne pouvons non plus passer sous silence l’audace de ceux qui, ne supportant pas la saine doctrine, prétendent que “quand aux jugements du Siège apostolique, et à ses décrets ayant pour objet évident le bien général de l'Eglise, ses droits et la discipline, dès qu'ils ne touchont pas aux dogmes de la foi et des mœurs, on peut refuser de s’y conformer et de s’y soumettre sans péché et sans aucun détriment pour la profession du catholicisme.” Combien une pareille prétention est contraire au dogme atholique de la pleine autorité, divinement donnée par Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même au Pontife romain de paître, de régir et de gouverner l'Eglise universelle, il n'est personne qui ne le voie clairement et qui ne le comprenne.

Donc, au milieu de cette perversité d'opinions dépra vées, Nous, pénétré du devoir de Notre charge apostolique, et plein de sollicitude pour Notre sainte religion, pour la sainte doctrine, pour le salut des âmes qui nous est confié d En-Haut et pour le bien même de la société humaine, Nous avons cru devoir élever de nouveau

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Notre voix. En conséquence, toutes et chacune des mauvaises opinions et doctrines signalées en détail dans les présentes Lettres, Nous les réprouvons par Notre autorité apostolique, les proscrivons, les condamnons, et Nous voulons et ordonnons que tous les enfants de l'Eglise ca-

tholique les tiennent pour réprouvées, proscrites et condamnées.

Outre tout cela, vous savez très bien, Vénérables Frères, qu'aujourd'hui les ennemis de tonte vérité et de toute justice, et les ennemis acharnés de Notre sainte religion, au moyen de livres empoisonnés, de brochures et de journaux répandus aux quatre coins du monde, trompent les peuples, mentent sciemment et disséminent toute autre espèce de doctrines impies. Vous m’ignorez pas non plus qu’à notre époque, il en est qui, poussés et excités par l'esprit de Satan, eu sont venus à ce degré d’iniquité de nier le dominateur, Jésus-Christ Notre-Seigneur, et de ne pas trembler d'attaquer avec la plus criminelle impudence sa divinité. Ici Nous ne pouvons Nous empêcher de vous donner, Vénérable Frères, les louanges les plus grandes et les mieux méritées, pour le zèle avec lequel vous avez eu soin d'élever votre voix épiscopale contre une si grande impiété.

Cest pourquoi, dans les Lettres présentes, Nous Nous adressons encore une fois à vous avec amour, à vous qui appelés à partager Notre sollicitude, Nous êtes, au milieu de Nos grandes douleurs, un sujet de consolation, de joie et d'encouragement par votre religion, par votre piété, et par cet amour, cette foi et ce dévouement admirables avec lesquels vous vous efforcez d'accomplir virilement et soigneusement la charge si grave de votre ministère épisccpal, en union intime et cordiale avec Nous et avec ce Siége apostolique. En effet, Nous attendons de votre

excellent zèle pastoral, que, prenant le glaive de l'esprit qui est la parole de Dieu, et fortifiés dans la grâce de Notro-Seigneur Jésus-Christ, vous vous attachiez chaque

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jour davantage à faire en sorte que, par vos soins redoublés, les fidèles confiés à votre garde ‘ s’abstiennent des & mauvaises herbes que Jésus-Christ ne cultive pas parce- “ qu’elles n’ont pas été plantées par son Père. ” Ne cessez donc jamais d'inculquer à ces mêmes fidèles que toute vraie félicité découle pour les hommes de Notre auguste religion, de sa doctrine et de sa pratique, et qu'ilest heureux le peuple dont Dieu est le Seigneur. Enseignez « que les royaumes reposent sur le fondement de la foi, “et qu'il n’y a rien de si mortel, et qui nous expose plus à & Ja chute et à tous les dangers, que de croire qu'il nous « suffit du libre arbitre que nous avons reçu en naissant, “ sans plus avoir autre chose à demander à Dieu, c'est dire “ qu'oubliant notre auteur, nous osions renier sa puissan- “ ce pour nous montrer libres. ” Ne négligez pas non plus d'enseigner ‘ que la puissance royale n’est pas unique- & ment conférée pour le gouvernement de ce monde, & mais par-dessus tout pour la protection de l'Eglise, et “ que rien ne peut être plus avantageux et plus glorieux “ pour les chefs des Etats et les rois que de se conformer “ à ces paroles que Notre très sage el très courageux pré- « décesseur, saint Félix, écrivant à l'empereur Zénon. & c’est-à-dire de laisser l'Eglise catholique se gouverner “ parses propres lois, et de ne permettre à personne de « mettre obstable à sa liberté... [est certain, en effet « qu'il est de leur intérêt, toutes les fois qu'il s’agit des & affaires de Dieu, de suivre avec soin l’ordre qu'il a pres- “ crit, et de subordonner, et non de préférer, la volonté “ royale à celle des prêtres du Christ. ”

Mais si nous devons toujours, Vénérables Frères, nous adresser avec confiance au Trône de la grâce pour en obtenir miséricorde et secours en temps opportun, nous devons le faire surtout au milieu de si grandes calamités de l'Eglise et de la société civile, en présence d’une si vaste conspiration des ennemis et un si grand amas d’erreurs contre la société catholique et ce Siége apostoliq ue

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Nous avons donc jugé utile d'exciter la piété de tous les fidèles, afin que, s’unissant à Nous, ils ne cessent d’invoquer et de supplier par les prières les plus ferventes et

me de sa brûlante charité Pour nous, d'entraîner tout à lui par les liens de son amour, et afin que tous les hommes enflammés de son très Saint amonr, marchent dignement selon son Cœur, agréable à Dieu en toutes choses, et portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres. Or, comme les prières des hommes sont plus agréables à Dieu s’il viennent à lui avec des cœurs purs de toute Souillure, nous avons résolu d'ouvrir aux fidèles chrétiens, avec une libéralité Apostolique, les trésors célestes de l'Eglise confiés à noire dispensation, afin qu'excités plus vivement à Ja vraie piété, et purifiés de leurs péchés par le Sacrement de Pénitence, ils répandent avec

plus de confiance leurs prières devant Dieu et obtiennent

sa grâce et sa miséricorde.

En Conséquence, Nous aCCordons, par la teneur des présentes Lettres, en vertu de Notre autorité apostolique, à tous et à chaque fidèle de l’un et de l’autre sexe de l’u. nivers catholique, une Indulgence plénière en forme de Jubilé, à gagner dans l’espace d’un mois, durant toute l’année prochaine de 1865, et non au-delà, mois désigné par Vous, Vénérables Frères, et par les autres Ordinaires légitimes, en la même Manière et forme que Nous l'avons accordée, au commencement de Notre Pontificat, par Nos Lettres apostoliques en forme de Bref du 20 novembre 1846, envoyées à tous les Evèques de l'univers, et commençant par ces mots : “ 4rcano Divinæ Providenciæ con- Silio,” et avec tous les mêmes pouvoirs accordés par Nous dans ces Lettres, Nous voulons Cependant que

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toutes les prescriptions contenues dans les susdites Lettres soient observées, ct qu'il ne soit dérogé à aucune des exceptions que nous avons faites. Nous accordons cela, nonobstant toutes dispositions contraires, même celle qui serait digne d’une mention spéciale et individuelle et d’une dérogation. Et pour écarter tout doute et toute difficulié, Nous avons ordonné qu'un exemplaire de ces Lettres vous fût remis.

‘* Prions, Vénérables Frères, prions du fond du cœur ‘°et de toutes les forces de notre esprit la miséricorde de ‘© Dieuü, parce qu’il a lui-même ajouté : Je n’éloignerai pas ‘© d'eux ma miséricorde. Demandons, et nous recevrons, ‘Cet si l'effet de nos demandes se fait attendre parce que ‘nous avons grièvement péché, frappons, car il sera ou- ‘© vert à celui qui frappe, pourvu que ce qui frappe la ‘* porte ce soient les prières, les gémissements et les larmes, ‘ dans lesquels nous devons insister et persévérer, et ‘ pourvu que la prière soit unanime..….; que chacun “ prie Dieu non-seulement pour lui-même, mais pour ‘‘ tous ses frères, comme le Seigneur nous a enseigné à “ prier.” Et afin que Dieu exauce plus facilement nos prières et nos vœux, les vôtres et ceux de tous les fidèles, prenons en toute confiance pour avocate auprès de lui l'Immaculée et très-sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, qui a détruit toutes les hérésies dans le monde entier, et qui, mère très-aimante de nous tous, “ est toute suave..…., ‘et pleine de miséricorde... qui se montre accessible ‘* à toutes les prières, qui est très-clémente pour tous, et ‘ qui embrasse avec une immense affection et une ten- ‘“ dre pitié tous nos besoins.” En sa qualité de Reine, debout à la droite de son Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ, et ornée d’un vétement d’or et varié, il n'est rien qu'Elle ne puisse obtenir de Lui. Demandons aussi les suffrages du bienheureux Pierre, prince des Apôtres, et de Paul, son compagnon dans l’apostolat, et ceux de tous les saints di "iel, ces amis de Dieu qui pos-

sèdent déjà le royaume céleste, la couronne et la palme, et qui, désormais sûrs de leur immortalité, restent ÉRRs de sollicitude pour Notre salut.

Enfin, demandant à Dieu de tout Notre cœur l'abondance de tous les dons célestes, Nous donnons du fond du cœur et avec amour, comme gage de notre particulière affection, Notre bénédiction apostolique, à vous, Véuérables Frères, et à tous les Fidèles, clercs et laïques confiés à vos soins.

Donné à Rome, près St Pierre, le 8 Décembre de l’année 1864, dixième année depuis la Définition dogmatique de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, Mère de de Dieu.

Et de notre Pontificat la dix-neuvième.

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